Plus que la défaite samedi contre la Nouvelle-Zélande (18-38), référence mondiale contre qui le XV de France a affiché des carences déjà étalées, le deuxiÚme test sous haute pression contre l'Afrique du Sud, samedi prochain, montrera le niveau actuel des Bleus et donnera la couleur de cette tournée d'automne.
+ Un air de déjà -vu
Le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration Bernard Laporte a ruĂ© dans les brancards et les Bleus ont eu pour la premiĂšre fois, Ă l'intersaison, une prĂ©paration physique concoctĂ©e par l'encadrement. Et pourtant, ils ne semblent pas avoir avancĂ© par rapport Ă la catastrophique tournĂ©e en Afrique du Sud en juin (trois lourdes dĂ©faites), affichant peu ou prou les mĂȘmes limites.
Soit une difficulté à conclure, des approximations offensives, "de nombreuses erreurs individuelles en défense" et "un manque de réactivité autour des rucks", selon l'entraßneur des avants Yannick Bru. Ainsi qu'une "faiblesse sur les (zones de) contacts" dans une rencontre pourtant disputée à un rythme de sénateurs: 34 minutes de temps de jeu effectif, a indiqué Bru à la presse dimanche.
"C'est vrai qu'on est navré car on y croyait aprÚs avoir travaillé dur, mais la réalité nous a éclaté au visage: les Néo-Zélandais sont un peu meilleurs partout" a poursuivi l'entraßneur des avants.
C'est un euphémisme. Mais les Bleus ne sont pas les seuls à faire pùle figure face aux doubles champions du monde, qu'ils retrouveront mardi à Lyon dans une rencontre entre équipes réserves qui n'aura pas valeur de test-match. Mais qui pourrait sonner, déjà , le glas de l'objectif, fixé par Laporte, de remporter trois des quatre rencontres de novembre.
Le rendez-vous lyonnais comptera "dans l'Ă©valuation globale" du groupe, a dĂ©clarĂ© Bru. Mais les joueurs alignĂ©s au Parc OL (dont François Trinh-Duc, qui dĂ©butera Ă l'ouverture) auront peu de chances de l'ĂȘtre au Stade de France samedi prochain: "Les joueurs qui jouent mardi soir, ce sera difficile de leur donner du temps de jeu quatre-cinq jours aprĂšs."
- "L'Afrique du Sud, une autre histoire" -
Aussi, il reviendra Ă peu prĂšs aux mĂȘmes joueurs que samedi de relever la tĂȘte face aux Springboks, qui sortent d'une dĂ©culottĂ©e en Irlande samedi (3-38). Autant dire qu'un nouveau revers au Stade de France ferait mauvais genre et plongerait le XV de France dans un abĂźme de doutes, Ă deux ans de la Coupe du monde au Japon.
Le pilier gauche Jefferson Poirot est conscient de l'enjeu de ces retrouvailles avec les Sud-Africains, qui avaient fessé les Bleus en juin (35-12, 37-15 et 37-14): "Vraiment, il faut se mettre la pression de remporter ce match. C'est la semaine prochaines qu'on pourra tirer des conclusions. Ce sera une autre histoire, sachant qu'il faut leur rendre la monnaie de leur piÚce."
. Des leaders attendus au tournant, des changements ?
Les Bleus seront attendus collectivement et individuellement au tournant. Surtout les leaders annoncés, qui n'ont pas su montrer la voie au sein d'une équipe rajeunie (quatre joueurs non capés au coup d'envoi).
"Il y a eu des erreurs individuelles de joueurs majeurs qui ne sont pas acceptables et ont provoqué la chute dans le ravin en premiÚre période" a ainsi estimé Bru.
"La faillite des uns a imposé la chute des autres. Nos porteurs de balle traditionnels ont eu peu de munitions à se mettre sous la dent et des difficultés à se mettre en évidence" a-t-il ajouté.
Sont visĂ©s, notamment, le capitaine Guilhem Guirado, coupable par exemple d'une "vraie grosse erreur dĂ©fensive" sur le premier essai nĂ©o-zĂ©landais, le pilier droit Rabah Slimani, en souffrance en mĂȘlĂ©e fermĂ©e, ou les troisiĂšmes lignes KĂ©vin Gourdon et Louis Picamoles.
Tous les quatre garderont cependant, sauf surprise, leur place. En revanche, l'encadrement pourrait aligner Paul Jedrasiak plutÎt que Paul Gabrillagues en deuxiÚme ligne, et Anthony Jelonch à la place de Judicaël Cancoriet un cran plus bas.
DerriĂšre, Damian Penaud pourrait ĂȘtre prĂ©fĂ©rĂ© Ă Geoffrey Doumayrou au centre et Scott Spedding relancĂ© Ă l'arriĂšre aux dĂ©pens de Nans Ducuing. RĂ©ponse jeudi, lors de l'annonce de la composition.
Par Christophe KOFFI - © 2017 AFP
