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L'Allemagne se rapproche d'un nouveau gouvernement, Merkel promet du "renouveau"

  • PubliĂ© le 26 fĂ©vrier 2018 Ă  20:22
  • ActualisĂ© le 26 fĂ©vrier 2018 Ă  21:37
Angela Merkel, le 26 février 2018 à Berlin

Les conservateurs allemands ont approuvé à une majorité écrasante lundi le projet de gouvernement avec les sociaux-démocrates, un vote qui soulage Angela Merkel aprÚs une fronde interne inédite et cinq mois d'imbroglio politique sans précédent dans le pays.


Avant de soumettre le contrat de grande coalition --"GroKo" en allemand -- aux quelque mille délégués du parti chrétien-démocrate, la chanceliÚre a déminé le terrain en promettant du changement. AprÚs des semaines de critiques internes sur sa ligne politique jugée pas assez conservatrice par une partie des militants, elle a appelé à "jeter les bases (...) d'un renouveau programmatique assumé" dans son mouvement, la CDU, toujours traumatisée par un score historiquement trÚs faible lors des législatives de septembre.

Au final les délégués du mouvement ont validé le renouvellement de l'alliance sortante avec le SPD - la seule permettant d'avoir une majorité à la chambre des députés, à une trÚs large majorité de 97%.

- Concessions -

En amont, les critiques n'avaient pas manqué aprÚs les importantes concessions faites par la chanceliÚre aux sociaux-démocrates. Pour convaincre un SPD trÚs hésitant de s'allier avec elle, Angela Merkel a dû accepter de céder notamment le trÚs symbolique ministÚre des Finances, perçu comme garant de rigueur budgétaire en Allemagne et en Europe par les conservateurs.

"Je ne fais pas confiance aux sociaux-dĂ©mocrates pour agir de maniĂšre responsable avec l'argent", a encore lĂąchĂ© lundi le chef de file de jeunes conservateurs, Paul Ziemiak. Mme Merkel n'est pas pour autant encore assurĂ©e de rester chanceliĂšre un quatriĂšme mandat. Si les conservateurs ont approuvĂ© le contrat de coalition, le vrai test reste le rĂ©fĂ©rendum interne des 464.000 militants du parti social-dĂ©mocrate dont les rĂ©sultats doivent ĂȘtre annoncĂ©s dimanche. Or le SPD est divisĂ© sur le sujet et un rejet de l'alliance ouvrirait une crise gouvernementale sans prĂ©cĂ©dent dans l'Allemagne contemporaine.

L'Europe attend aussi que l'Allemagne se dote enfin d'un gouvernement, cinq mois aprĂšs les lĂ©gislatives qui ont laissĂ© la premiĂšre puissance Ă©conomique du continent dans une situation inĂ©dite: sans majoritĂ© claire et avec une extrĂȘme droite en plein essor. Les attentes en faveur d'un gouvernement stable "sont trĂšs claires dans la majoritĂ© Ă©crasante des habitants du pays mais aussi au-delĂ  de nos frontiĂšres", a reconnu Mme Merkel lundi.

Quoi qu'il advienne, à la CDU le débat sur la succession de la chanceliÚre est lancé. Lancinantes depuis l'ouverture controversée en 2015 des frontiÚres de l'Allemagne à plus d'un million de migrants, plus audibles aprÚs sa victoire étriquée aux législatives de septembre, les critiques en interne contre la politique centre de Mme Merkel ont redoublé avec l'accord pour une nouvelle GroKo.

Pour désamorcer l'ire de l'aile droite en vue du congrÚs, la chanceliÚre a ainsi dû se résoudre dimanche soir à promouvoir leur chef de file, Jens Spahn, dans le prochain gouvernement à un poste de ministre, celui de la Santé. Sa présence doit refléter le fait que "le parti est pluriel", a-t-elle dit.

- Merkel 'affaiblie' -

A 37 ans, l'opposant le plus visible en interne Ă  la ligne Merkel juge que la CDU est devenue trop "sociale-dĂ©mocrate". Affichant sa proximitĂ© idĂ©ologique et gĂ©nĂ©rationnelle avec le jeune chancelier autrichien Sebastian Kurz, qui gouverne avec l'extrĂȘme droite, Jens Spahn rĂ©clame un virage conservateur sur les questions identitaires et d'immigration.

"La chanceliÚre est affaiblie comme jamais dans son parti. Clairement, elle considÚre qu'elle doit faire des concessions à l'aile conservatrice pour garder sa capacité d'agir", a indiqué le politologue Timo Lochocki à la chaßne n-tv. Face aux demandes de renouvellement de la CDU, Angela Merkel garde toutefois des cartes en main.

Le congrÚs du mouvement a élu lundi à la quasi-unanimité comme numéro deux du parti une fidÚle de la chanceliÚre, Annegret Kramp-Karrenbauer, qui se voit placée en orbite pour préparer l'aprÚs-Merkel. Cette femme de 55 ans, surnommée par ses initiales "AKK", peut aussi constituer un pont avec les contestataire de l'aile dure. Cette Catholique affiche des positions sociétales plus conservatrices que la chanceliÚre et a été applaudie à tout rompre dans son discours lundi en promettant d'écouter tous les courants.

AFP

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