Présidentielle

Le candidat Macron relance le débat sur les retraites

  • PubliĂ© le 10 mars 2022 Ă  22:03
  • ActualisĂ© le 11 mars 2022 Ă  06:13
Le président Emmanuel Macron, dans la cour de l'Elysée, le 9 mars 2022

La question sensible des retraites a fait irruption jeudi dans la campagne présidentielle avec la proposition du candidat Emmanuel Macron de repousser l'ùge de départ à 65 ans, dénoncée comme "injuste" par ses adversaires, notamment de gauche.

A un mois du premier tour, le président-candidat Emmanuel Macron distille au compte-gouttes des éléments de son programme qu'il pourrait dévoiler en fin de semaine prochaine, selon son entourage.

Le chef de l'Etat devait se soustraire à la campagne jeudi et vendredi le temps d'un sommet européen à Versailles consacré à la guerre en Ukraine. La réunion est honorée par le déploiement du drapeau européen sous l'Arc de Triomphe, une récidive du 31 décembre ardemment critiquée par des tenants de la nation comme Eric Zemmour ou Nicolas Dupont-Aignan.

AprĂšs la suppression de la redevance audiovisuelle lundi, c'est sa proposition de relever l'Ăąge lĂ©gal de dĂ©part Ă  la retraite -- 62 ans actuellement -- qui faisait dĂ©bat le jour oĂč le syndicat CFDT, trĂšs en pointe sur ce dossier, a auditionnĂ© les candidats Ă  la prĂ©sidentielle.
Le thÚme des retraites, couplé à celui du pouvoir d'achat, est un sujet particuliÚrement sensible depuis la crise sociale des gilets jaunes (2018-2019) et les grandes manifestations syndicales contre la réforme à l'automne 2019.

S'il est réélu en avril, le chef de l'Etat ambitionne de relancer cette vaste réforme des retraites qu'il avait dû suspendre puis annuler en pleine crise du Covid.

- Le "travailler plus" -

Il s'agit d'"un choix de société", avec la nécessité de "financer une protection pour les Français et investir pour (eux)", sans augmenter les impÎts, et donc en "travaillant plus", a résumé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, reprenant l'un des thÚmes de campagne du candidat dans sa "Lettre aux Français".

ConcrÚtement, M. Macron propose un allongement progressif d'ici "2032" de l'ùge de départ à la retraite à 65 ans, "un minimum de retraite à 1.100 euros" pour les carriÚres complÚtes, et la "suppression des principaux régimes spéciaux".
Le patron du premier syndicat français, Laurent Berger, a dénoncé lors d'un point de presse à la CFDT une mesure "injuste" et "brutale" que la confédération entend "combattre".

M. Macron n'est pas le seul Ă  vouloir repousser l'Ăąge de dĂ©part Ă  la retraite. A droite, la candidate LR ValĂ©rie PĂ©cresse plaide elle aussi pour 65 ans, et Ă  l'extrĂȘme droite, Eric Zemmour veut la porter Ă  64 ans.

Marine Le Pen parle elle d'une retraite à 60 ans mais qu'elle réserve à ceux entrés trÚs jeunes dans la vie active. "La retraite à 65 ans, c'est profondément injuste", a-t-elle déclaré expliquant qu'un "maximum de gens n'arriveront jamais à la retraite".

MĂȘme opposition Ă  gauche, le leader de la France insoumise Jean-Luc MĂ©lenchon affichant son "dĂ©saccord absolu". "Moi je suis pour la retraite Ă  60 ans", a-t-il rappelĂ© sur RMC.

La socialiste Anne Hidalgo a dĂ©noncĂ© "une hypocrisie fondamentale", tandis que l'Ă©cologiste Yannick Jadot a parlĂ© d'une mesure "extrĂȘmement injuste" souhaitant au contraire remettre la pĂ©nibilitĂ© au cƓur du rĂ©gime des retraites. Pour Ian Brossat, porte-parole du candidat communiste Fabien Roussel, c'est "une proposition antisociale et cruelle pour les gens qui exercent des mĂ©tiers pĂ©nibles".

- Pécresse vs Zemmour -

Au coude-à-coude dans les sondages, Valérie Pécresse et Eric Zemmour s'affrontent eux lors d'un débat jeudi soir sur TF1 et LCI, en espérant apparaßtre de nouveau en mesure de se qualifier pour le second tour.

Mme Pécresse participera auparavant jeudi à Paris à une réunion de la droite européenne (PPE), en marge du sommet des dirigeants de l'UE.
Ce premier face-Ă -face tĂ©lĂ©visĂ© pourrait ĂȘtre dĂ©cisif car l'enjeu est pour chacun de relancer une campagne paralysĂ©e par la guerre en Ukraine.

D'autant que les deux connaissent une baisse dans les sondages: Valérie Pécresse est donnée autour de 11 à 13%, Eric Zemmour de 11% à 14%, soit à une encablure de Marine Le Pen (17-18%) et loin derriÚre Emmanuel Macron (environ 30%).

Les raisons du décrochage sont différentes: ébranlée par un mauvais démarrage au Zénith le 13 février, Valérie Pécresse a passé beaucoup de temps à faire la synthÚse des différentes sensibilités de son propre camp et peine à créer une dynamique face au président-candidat.
L'ancien polémiste est lui pénalisé pour ses propos jugés prorusses ou ses positions sur les réfugiés ukrainiens qui ont suscité des critiques jusque dans son équipe -- il a depuis nuancé ce dernier point.

Le dĂ©bat sera-t-il dĂ©cisif? Les deux candidats ont intĂ©rĂȘt Ă  cette exposition mĂ©diatique, ValĂ©rie PĂ©cresse parce qu'Ă©tant "inaudible, il faut qu'elle soit prĂ©sente", et Eric Zemmour parce qu'il patine dans les sondages, malgrĂ© le ralliement de la niĂšce de Marine Le Pen, Marion MarĂ©chal, relĂšve Mathieu Gallard d'Ipsos.

AFP

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