A Saint-Jean-Pied-de-Port, en ce mois de juin, les rues n'ont jamais été aussi désertes. La crise sanitaire a privé cette petite commune du Pays basque intérieur de ses visiteurs habituels : les pÚlerins des chemins de Saint-Jacques de Compostelle.
"D'habitude, à cette époque, la ville est pleine de pÚlerins, on entend parler brésilien, coréen, espagnol, allemand", soupire le maire, Laurent Inchauspé. Car depuis ce village de 1.600 habitants, point de rencontre des voies de Tours, Vézelay et du Puy-en-Velay, s'élancent chaque année plus de 60.000 randonneurs qui traversent les Pyrénées pour rallier Roncevaux, Pampelune, Burgos, Léon et, plus d'un mois et 770 km plus tard, Compostelle.
Dans la rue de la Citadelle, en pente raide jusqu'au petit pont de pierre qui traverse la Nive, la plupart des gßtes ont gardé porte close. Ils sont une vingtaine à proposer 400 lits quotidiens pour les marcheurs.
Le mois de mai, oĂč l'affluence est la plus grande, est dĂ©jĂ derriĂšre, et l'Ă©tĂ© s'annonce calme. "J'ai dĂ©jĂ perdu 270.000 euros sur l'exercice habituel", estime Pierre Bouresmau, patron de la Boutique du pĂšlerin, qui vend du matĂ©riel de randonnĂ©e. "Je pense que je vais perdre 85% de mon chiffre d'affaire sur l'annĂ©e, ma trĂ©sorerie va ĂȘtre complĂštement ravagĂ©e", ajoute ce commerçant qui se sent "complĂštement oubliĂ©".
En face dans la rue Ă©troite, Maialen Laby se languit elle aussi des pĂšlerins. Habituellement, elle transporte bagage, matĂ©riel et parfois marcheurs d'une Ă©tape Ă une autre, les rĂ©cupĂšre Ă l'aĂ©roport ou Ă la gare. "Normalement, j'emploie cinq personnes et lĂ , je n'ai aucune activitĂ©, je n'ai mĂȘme pas sorti mon panneau", lĂąche-t-elle, dĂ©pitĂ©e.
Plus haut, la maison des pÚlerins est restée fermée et rouvrira le lundi 29 juin, une semaine aprÚs l'ouverture officielle des frontiÚres, explique Jean-Louis Aspirot, responsable de l'accueil des marcheurs selon qui "80% des pÚlerins sont des étrangers qui démarrent d'ici. L'an dernier, on a dénombré 114 nationalités différentes".
- "Repousser le projet" -
M. Aspirot est surtout inquiet de la situation de l'autre cÎté de la frontiÚre, qui conditionnera en grande partie la saison. "J'ai sondé les auberges jusqu'à Pampelune et 95% resteront fermées car les conditions sanitaires en Espagne sont drastiques", indique-t-il, inutile, donc, de se lancer, "mieux vaut repousser le projet d'une année".
L'esprit de communauté du pÚlerinage résiste mal à l'impératif sanitaire. Lydie Lairaud, 40 ans, gÚre le gßte Compostella, à l'entrée de la ville. D'habitude, le long escalier de la vieille demeure fourmille de monde. "Quand le confinement est entré en vigueur, j'avais 10 à 15 annulations tous les jours. J'ai pleuré pendant une semaine".
Aujourd'hui la jeune femme, Ă©nergique et souriante, veut croire que l'activitĂ© repartira. VisiĂšres en plastiques, gel hydroalcoolique Ă l'entrĂ©e, lingettes dĂ©sinfectantes Ă disposition, affichage des gestes barriĂšres, rĂ©organisation des chambres, tout est prĂȘt.
Comme elle, José Fernandez, patron du gßte Izaxulo à quelques centaines de m, a restreint sa capacité d'accueil. Il a fermé son dortoir et n'a gardé que quatre chambres privatives. Lui "mise tout sur août et septembre qui pourraient sauver la saison". Mais "seulement si les rÚgles sanitaires s'assouplissent à partir du 22 juin pour les gßtes collectifs. Sinon, on est foutus", lance-t-il.
Enfin, quand il quitte le village en direction des cols, le marcheur s'arrĂȘte parfois au refuge Orisson, le dernier avant le franchissement des PyrĂ©nĂ©es. Mais pas cette annĂ©e. "Je n'ai pas vu un seul pĂšlerin depuis la fin du confinement. Pour l'instant, mes seuls clients, ce sont les bergers", sourit Jean-Jacques Etchandy, en montrant sa grande salle Ă manger, obstinĂ©ment vide. "Cette annĂ©e, on ne va pas gagner d'argent, on le sait. Je dors ici tout seul, ça fait bizarre, je suis rĂ©veillĂ© par les corbeaux".
AFP






Grosse diffĂ©rence avec les Dom/Tom, les gens son moins (voir surtout pas du tout) pratiquant en mĂ©tropole, aprĂšs toutes les affaires de prĂȘtes pĂ©dophiles. Mis Ă part la Bretagne et le sud est oĂč la religion est prĂ©sente, on ne peut pas dire que les Ă©glises soient remplies, mis Ă part pour les mariages et les enterrements