Italie

Le footballeur Balotelli de nouveau victime du racisme

  • PubliĂ© le 4 novembre 2019 Ă  00:27
  • ActualisĂ© le 4 novembre 2019 Ă  07:33
L'attaquant de Brescia Mario Balotelli lors du match contre la Juventus, le 24 septembre 2019 Ă  Brescia

DĂ©jĂ  victime par le passĂ© d'incidents racistes en Italie et en France, Mario Balotelli a de nouveau Ă©tĂ© la cible de cris de singe dimanche Ă  VĂ©rone, oĂč il a Ă©tĂ© tout proche de quitter dĂ©finitivement le terrain.

L'incident a eu lieu peu avant la 60e minute du match. AprÚs une action sur le cÎté gauche, l'attaquant de Brescia a pris le ballon en mains et l'a violemment expédié en direction des supporters du Hellas Vérone.

Furieux, il a montré par des gestes qu'il avait entendu quelque chose. Il est alors sorti des limites du terrain et a commencé à marcher derriÚre le but véronais, comme s'il souhaitait abandonner le match. Il a ensuite été entouré par ses coéquipiers mais aussi par de trÚs nombreux joueurs de Vérone, qui ont tenté de le calmer et l'ont enlacé.

Le match a Ă©tĂ© interrompu quelques minutes avant qu'un message soit lu par le speaker du stade, indiquant que les joueurs rentreraient aux vestiaires en cas de nouvel incident du mĂȘme genre.

Ce message a Ă©tĂ© sifflĂ© par une grande partie des spectateurs, mais le match a repris, Balotelli restant sur le terrain. L'ancien attaquant de Marseille a mĂȘme marquĂ© un but superbe en fin de match, ramenant le score de 2-0 Ă  2-1.

- Soutien de l'OM -

Dans la soirée, une vidéo prise depuis les tribunes du stade Bentegodi a commencé à circuler sur les réseaux sociaux. On y entend clairement plusieurs supporters faire des cris de singe en direction de Balotelli.

Selon la Gazzetta dello Sport, le joueur, déjà concerné par des incidents racistes quand il jouait à l'AC Milan ou à Nice, a quitté le stade sans s'exprimer. Mais plusieurs joueurs de son équipe auraient confirmé avoir entendu les cris. "Je n'ai pas encore parlé avec Mario. Il a dit avoir entendu quelque chose. Il a été courageux, il a été touché au plan émotif mais il a continué à jouer malgré la difficulté", a simplement déclaré son entraßneur Eugenio Corini.

Le joueur a de son cĂŽtĂ© postĂ© sur son compte Instagram une vidĂ©o de soutien rĂ©alisĂ©e au Burkina Faso par le fondateur d'une association caritative, oĂč l'on voit des enfants lancer "Balotelli, uno di noi !" (Balotelli, un des notres, ndlr).

Son agent Mino Raiola lui a Ă©galement apportĂ© son soutien dans une rĂ©action transmise Ă  l'AFP puis publiĂ©e sur les rĂ©seaux sociaux: "Nous sommes avec Mario et nous sommes contre toutes les formes de racisme. Les racistes sont des ignorants". L'Olympique de Marseille, oĂč Balotelli a jouĂ© la saison derniĂšre a Ă©galement publiĂ© un tweet: "Pas de place pour le racisme. Soutien Ă  Mario Balotelli".

- "Public chambreur" -

Interrogé par la chaßne Sky aprÚs le match, l'entraßneur croate du Hellas, Ivan Juric, a pour sa part assuré qu'il ne s'était "rien passé". "Je n'ai pas peur de le dire, aujourd'hui il ne s'est rien passé. Aucun cri raciste, rien de rien. Juste du chambrage, des sifflets, de la provocation envers un grand joueur, c'est tout", a-t-il dit.

"Les insultes racistes me dégoûtent. Je me fais traiter de gitan de merde en permanence. Mais aujourd'hui il n'y a rien eu. Pas un petit peu, pas une personne, rien. Dire le contraire, c'est un mensonge. Il ne faut pas raconter de conneries", a ajouté Juric.

Son prĂ©sident Maurizio Setti a Ă©tĂ© dans le mĂȘme sens. "Nous sommes un club dont le public a dans son ADN le vrai sport. Nous avons beaucoup de joueurs de couleur. Notre public est chambreur, pas raciste. Cela prend toujours plus d'ampleur quand c'est Balotelli. Si ça avait Ă©tĂ© un autre, le jeu aurait repris rapidement", a-t-il dit.

Le phĂ©nomĂšne des cris de singe est rĂ©current dans les stades italiens et, cette saison, le Belge de l'Inter Milan Romelu Lukaku, l'Ivoirien de l'AC Milan Franck KessiĂ©, le BrĂ©silien de la Fiorentina Dalbert ou l'Anglais de la Sampdoria GĂȘnes Ronaldo Vieira en ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© victimes.

Les sanctions sont le plus souvent inexistantes ou dérisoires mais les instances du football italien et plusieurs clubs se sont récemment engagés à une "tolérance zéro" en ce domaine.

AFP

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