Prix des énergies

Le gaz russe plane sur un sommet Ukraine-UE

  • PubliĂ© le 12 octobre 2021 Ă  10:05
  • ActualisĂ© le 12 octobre 2021 Ă  10:52
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le 14 juin 2021 à Kiev

Prix du gaz en Europe et gazoduc russo-allemand Nord Stream 2: la thĂ©matique Ă©nergĂ©tique devrait ĂȘtre au coeur du sommet Ukraine-UE mardi, d'autant que le dossier constitue une source croissante de griefs de Kiev contre ses alliĂ©s europĂ©ens.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky accueillera à Kiev les dirigeants du Conseil européen Charles Michel et de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Le sommet intervient en pleine envolée des prix du gaz en Europe, une mauvaise nouvelle pour Kiev qui veut freiner la mise en service de Nord Stream 2, gazoduc d'une capacité de 55 milliards m3 annuels reliant directement la Russie et l'Allemagne en contournant l'Ukraine. De quoi, selon Moscou, stabiliser les tarifs.

Pour l'UE, ce tube n'est pas une priorité, car il ne réduit pas la dépendance vis-à-vis du gaz russe, mais elle ne l'a pas combattu pour autant. Si le sujet est sensible, c'est que le gazoduc risque au passage de priver l'allié ukrainien d'au moins 1,5 milliard de dollars par an touchés pour le transit du gaz russe par son territoire.

La prĂ©sidence ukrainienne jure donc qu'elle se "battra jusqu'au bout" pour empĂȘcher la mise en service de Nord Stream 2 qui attend encore le feu vert d'un rĂ©gulateur allemand. Le prĂ©sident Zelensky avait signifiĂ© fin aoĂ»t Ă  la chanceliĂšre Angela Merkel que le tube Ă©tait une "arme gĂ©opolitique dangereuse" de Moscou.

La dirigeante allemande affirmait, elle, avoir des garanties que la Russie prolongerait le contrat de transit expirant en 2024 et ainsi les revenus de l'Ukraine, pays parmi les plus pauvres d'Europe et en conflit avec les Russes.

Mardi, M. Michel et Mme von der Leyen vont essayer de rassurer une fois de plus Kiev, a indiqué un responsable européen sous couvert d'anonymat. Ils vont insister sur l'engagement européen pour "bien sûr" garantir "le rÎle de l'Ukraine en tant que pays de transit gazier", selon ce responsable.

- Ukrainiens "ignorés" -

Avant le sommet, l'UE a imposé lundi des sanctions envers huit responsables - des juges, procureurs et membres des services de sécurité - accusés de répression envers les opposants à l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie en 2014.

Le prĂ©sident russe Vladimir Poutine a lui soulignĂ© la semaine passĂ©e que sa prioritĂ© n'Ă©tait pas de mettre son adversaire ukrainien "dans une position difficile", mais d'ĂȘtre un "partenaire absolument fiable" de l'Europe en matiĂšre Ă©nergĂ©tique.

La Russie a aussi nié alimenter l'actuelle envolée des prix du gaz pour arracher des contrats ou accélérer la mise en service de Nord Stream 2. A Kiev, ces affirmations sont loin de convaincre, le pays étant déchiré depuis 2014 par une guerre avec des séparatistes prorusses et sa péninsule de Crimée ayant été annexée par Moscou.

L'Ukraine reproche donc aux Européens leur timidité, qu'il s'agisse du gaz, de la coopération militaire ou de ses perspectives d'intégration à l'Otan et à l'UE. De leur cÎté, les Européens réclament à Kiev davantage d'efforts en matiÚre de réformes, notamment de son systÚme judiciaire, notoirement corrompu. Or, celles-ci traßnent depuis des années. "Nous allons encourager nos amis ukrainiens à aller un peu plus vite", a ainsi relevé le responsable européen sous couvert d'anonymat.

Selon lui, le sommet sera avant tout l'occasion pour les Européens de "réaffirmer leur engagement à renforcer l'association politique et l'intégration économique de l'Ukraine avec l'UE". Pas de grandes avancées attendues donc. Pour Leonid Litra, analyste du centre New Europe à Kiev, "il y a de la tension et des griefs de part et d'autre", mais cÎté ukrainien, on se sent tout simplement "ignoré".

AFP

guest
0 Commentaires