Littérature

Le Goncourt et le Renaudot choisissent leur lauréat

  • PubliĂ© le 6 novembre 2017 Ă  10:44
  • ActualisĂ© le 6 novembre 2017 Ă  14:25
Photo montage de gauche à droite de Yannick Haenel, Veronique Olmi, Eric Vuillard et Alice Zeniter réalisé le 30 octobre 2017 des quatre auteurs en lice pour le Goncourt

Le coeur des auteurs en lice pour le Goncourt et le Renaudot va cesser de battre lundi juste avant la proclamation du nom des lauréats qui succéderont à Leila Slimani (Goncourt 2016) et Yasmina Reza (Renaudot 2016). L'annonce est attendue vers 12H45 au restaurant Drouant, non loin de l'Opéra de Paris.

Didier Decoin, secrétaire général de l'académie Goncourt, prendra la parole en premier, suivi par Frédéric Beigbeder, qui préside cette année le jury du Renaudot. Ces annonces devraient se faire au milieu d'un "joyeux bordel" comme s'en délecte Bernard Pivot, le président de l'académie Goncourt. Plus prestigieux des prix littéraires du monde francophone, le Goncourt attire traditionnellement une foule de curieux, dont de nombreuses "hirondelles", ces pique-assiettes qui, pour rien au monde, ne manqueraient le buffet (gratuit) dressé pour l'occasion.

Quatre écrivains, deux hommes et deux femmes, sont sur les rangs pour décrocher le prix.

- Pronostic -

Les finalistes sont Yannick Haenel, 50 ans, pour "Tiens ferme ta couronne" (Gallimard), VĂ©ronique Olmi, 55 ans, pour "Bakhita" (Albin Michel), Éric Vuillard, 49 ans, pour "L'ordre du jour" (Actes Sud) et Alice Zeniter, 31 ans, pour "L'art de perdre" (Flammarion").
"On ne choisit pas en fonction du sexe ou de l'origine de l'auteur. Ni de l'éditeur. On décide en fonction du livre. C'est la seule chose qui compte", rappelait récemment Bernard Pivot à l'AFP.

Le magazine spécialisé Livres Hebdo a interrogé vendredi seize journalistes littéraires, dont celui de l'AFP, pour recueillir leur pronostic. Si les intuitions de ces journalistes sont exactes, Véronique Olmi tient la corde pour décrocher le prix. A la question "qui aura le Goncourt?", elle a obtenu neuf voix contre quatre à Alice Zeniter.

À la question "qui mĂ©riterait le Goncourt?", les journalistes ont rĂ©pondu dans l'ordre Eric Vuillard (5 voix), Alice Zeniter (4 voix), Yannick Haenel (3 voix). VĂ©ronique Olmi a dĂ©jĂ  dans son escarcelle le prix du roman Fnac. Elle compte parmi les rares auteurs de la rentrĂ©e dont le livre, histoire d'une petite esclave soudanaise du XIXe siĂšcle proclamĂ©e sainte en 2000 par Jean Paul II, est dĂ©jĂ  un succĂšs de librairie. La romanciĂšre est Ă©galement finaliste du prix Femina qui sera dĂ©cernĂ© le 8 novembre.

- Un prix de dix euros -

Le roman d'Alice Zeniter, "L'art de perdre", récit puissant sur les non-dits de la guerre d'Algérie, raconte le destin d'une famille française, dont le grand-pÚre fut harki. Il a déjà été récompensé par le Prix des libraires de Nancy, le prix littéraire du journal Le Monde et le prix Landerneau des lecteurs.

La jeune romanciĂšre, finaliste comme VĂ©ronique Olmi du prix Femina, fait Ă©galement partie des auteurs de la rentrĂ©e dont le livre se vend bien en librairie. Yannick Haenel, qui a manquĂ© d'une voix le Grand prix du roman de l'AcadĂ©mie française pour son roman dĂ©jantĂ©, oĂč l'on croise le cinĂ©aste Michael Cimino, la dĂ©esse Diane et un maĂźtre d'hĂŽtel sosie d'Emmanuel Macron, est Ă©galement finaliste du MĂ©dicis, qui sera attribuĂ© jeudi.

Au milieu de cet arĂ©opage, Éric Vuillard fait un peu figure d'exception. Il est le seul Ă  ne pas avoir Ă©tĂ© publiĂ© Ă  la rentrĂ©e. Sorti au printemps, son court rĂ©cit retrace de façon saisissante l'arrivĂ©e au pouvoir d'Hitler, raconte l'Anschluss et dissĂšque le soutien sans faille des industriels allemands Ă  la machine de guerre nazie.

Le prix Goncourt est doté d'un chÚque de dix euros, mais l'enjeu est autrement plus important. Un roman primé s'écoule, selon les cas, de 200.000 à 500.000 exemplaires. Le Renaudot a choisi cinq finalistes : l'écrivain (et peintre) marocain Mahi Binebine ("Le fou du roi", Stock), Olivier Guez ("La disparition de Josef Mengele", Grasset), le primo-romancier David Lopez ("Fief", Seuil), Patricia Reznikov ("Le songe du photographe", Albin Michel) et Anne-Sophie Stefanini ("Nos années rouges", Gallimard). Le lauréat devrait figurer parmi ces cinq noms, à moins que le jury, connu pour son sens du contre-pied, ne couronne un autre larron.
 

AFP

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