Le nouveau gouvernement italien dirigé par Giuseppe Conte affronte mardi le Parlement pour obtenir la confiance, un vote en principe sans danger pour la coalition Ligue-Mouvement 5 Etoiles (M5S) qui a la majorité dans les deux chambres.
M. Conte prononcera son premier discours de politique générale, trÚs attendu de la part de celui qui encore il y a quinze jours était totalement inconnu des Italiens. Il demandera la confiance du Parlement, à partir de 10H00 GMT devant le Sénat, puis il remettra une copie identique de ce texte aux députés, à partir de 11H30 GMT.
M. Conte, un juriste et avocat de 53 ans, qui donnait encore des cours de droit privĂ© jeudi Ă la veille de son investiture, avant d'ĂȘtre choisi par le M5S (antisystĂšme) et la Ligue (extrĂȘme droite), peaufinait lundi son discours, sur la base du "contrat de gouvernement" signĂ© par ces "actionnaires majoritaires" du gouvernement.
Le nouveau chef du premier gouvernement populiste dans un pays fondateur de l'Union europĂ©enne s'est jusqu'Ă prĂ©sent montrĂ© extrĂȘmement discret, y compris lors de sa prestation de serment vendredi et le dĂ©filĂ© militaire de samedi."AprĂšs la cĂ©rĂ©monie de ce matin et le dĂ©filĂ© spectaculaire, je suis retournĂ© au bureau pour travailler: nous ne pouvons pas perdre une minute", a-il Ă©crit samedi sur sa page Facebook.
Evoquant des entretiens tĂ©lĂ©phoniques avec Angela Merkel et Emmanuel Macron, il avait ajoutĂ©: "au sommet du G7 (en fin de semaine au Canada, ndlr) je participerai pour reprĂ©senter notre pays: ce sera ma premiĂšre occasion d'ĂȘtre porte-parole des intĂ©rĂȘts des citoyens italiens".
Le discours de M. Conte, qui appartient à la mouvance M5S, sera donc d'autant plus attendu que le mystÚre reste entier sur la façon dont il entend diriger le pays, entre ses deux vice-Premiers ministres, Luigi Di Maio, chef du M5S, et Matteo Salvini, leader de la Ligue, trÚs présents, eux en revanche, sur le devant de la scÚne depuis vendredi.
- Oppositions désunies -
Revenu de citoyenneté, une sorte de revenu d'insertion pour les plus pauvres, réduction de la fiscalité pour les entreprises, abaissement de l'ùge de départ à la retraite: telles sont quelques unes des priorités d'ores et déjà fixées par M. Di Maio et Salvini.M. Conte sera particuliÚrement attendu sur le financement de ces mesures, qui risquent de faire déraper les comptes publics de l'Italie, deuxiÚme pays le plus endetté de la zone euro aprÚs la GrÚce.
Les chancelleries suivront Ă©galement avec grand intĂ©rĂȘt les chapitres de politique Ă©trangĂšre, qui devrait trancher sur certains sujets avec les positions prĂ©cĂ©dentes de l'Italie.
La Ligue que le M5S sont tous deux favorables Ă la levĂ©e des sanctions internationales contre la Russie, important partenaire Ă©conomique des entreprises italiennes, et le nouveau gouvernement envisage, selon le quotidien La Stampa, un retrait progressif du contingent italien de la mission militaire occidentale en Afghanistan, une idĂ©e qui pourrait contrarier les Etats-Unis.Au SĂ©nat, la coalition M5S-Ligue a une majoritĂ© de seulement six siĂšges (167 sur 320), mais elle pourra vraisemblablement compter sur l'abstention des 18 sĂ©nateurs de Fratelli d'Italia (FDI, extrĂȘme droite), ce qui abaissera d'autant le quorum, permettant au gouvernement de surmonter l'Ă©preuve sans problĂšme. Le vote devrait avoir lieu aprĂšs 20H00 (18H00 GMT).
Les partis de gauche, Parti dĂ©mocrate (PD) et la petite formation LEU, voteront contre le gouvernement, mais ils disposent de peu d'Ă©lus.Forza Italia (FI), le parti de Silvio Berlusconi, votera aussi contre le gouvernement, mĂȘme si des voix se sont Ă©levĂ©es contre cette dĂ©cision, notamment celle d'Alessandra Mussolini, dĂ©putĂ©e FI au Parlement europĂ©en et petite-fille du dictateur Benito Mussolini.
A la Chambre des députés, qui discutera mercredi en journée du programme de M. Conte et votera dans la soirée la confiance au gouvernement, la situation est encore plus sereine pour la coalition M5S-Ligue qui dispose d'une majorité confortable de 30 siÚges.
 AFP

