Plainte visant Darmanin

Le gouvernement se retranche derriĂšre "le droit"

  • PubliĂ© le 15 fĂ©vrier 2018 Ă  15:04
  • ActualisĂ© le 15 fĂ©vrier 2018 Ă  15:08
Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin lors de la séance des questions au gouvernement le 31 janvier 2018

"Une mise en cause n'est pas une mise en examen": face à l'embarras suscité par une nouvelle plainte visant Gérald Darmanin, le gouvernement se retranche derriÚre la rÚgle édictée par le Premier ministre voulant qu'un ministre puisse rester au gouvernement tant qu'il n'est pas mis en examen.


"Je suis concentrĂ© sur mon travail de ministre et rien ne me fera dĂ©vier", a assurĂ© jeudi M. Darmanin Ă  l'AFP, en marge d'une confĂ©rence sur la dĂ©pense publique organisĂ©e par la Fondation Concorde. Le ministre de l'Action et des Comptes publics, dĂ©jĂ  visĂ© par une enquĂȘte pour viol, fait dĂ©sormais l'objet d'une enquĂȘte pour abus de faiblesse aprĂšs la plainte dĂ©posĂ©e par une femme mardi Ă  Paris. Il a dĂ©noncĂ© "une nouvelle calomnie", assurant dans La Voix du Nord n'avoir "rien Ă  (se) reprocher".

Edouard Philippe a appelĂ© mercredi Ă  respecter "la parole du plaignant comme la prĂ©somption d'innocence", rĂ©affirmant "la mĂȘme" position selon laquelle un ministre peut rester au gouvernement tant qu'il n'est pas mis en examen. Lors de la rĂ©vĂ©lation de la premiĂšre plainte visant M. Darmanin, fin janvier, le Premier ministre et Emmanuel Macron avaient affichĂ© leur soutien au jeune ministre issu de LR. Matignon avait alors fait savoir que M. Darmanin avait "toute la confiance" du Premier ministre.

Interrogé sur franceinfo jeudi, le député LREM Gabriel Attal a cependant refusé de voir une évolution de la position de l'exécutif: "Je pense que si le Premier ministre ne faisait plus confiance à Gérald Darmanin, Gérald Darmanin ne serait plus ministre ce matin", a-t-il dit. "Je suis trÚs heureux d?avoir de nouveau la confiance de M. le Premier ministre et du gouvernement", a d'ailleurs affirmé l'intéressé jeudi matin à l'AFP.

- Les ministres "sont au travail" -

Cette nouvelle procédure contre M. Darmanin a été rendue publique moins d'une semaine aprÚs l'offensive de Nicolas Hulot pour se défendre contre des rumeurs de harcÚlement sexuel. Là encore, l'exécutif avait écarté toute démission du ministre de la Transition écologique, en l'absence de mise en examen. "Est-ce que ça vient perturber le débat public ? Evidemment oui", a reconnu Gabriel Attal. Mais selon lui, "la question c'est +est-ce que les ministres peuvent agir ?+, la réponse est oui, ils agissent, ils sont au travail".

Porte-parole du groupe LREM Ă  l'AssemblĂ©e, Aurore BergĂ© a Ă©ludĂ© sur France 2 une question sur sa confiance envers M. Darmanin: "je ne m'exprime pas sur des affaires en cours". Le parti Les RĂ©publicains (LR) a rĂ©itĂ©rĂ© mercredi son appel Ă  la dĂ©mission de M. Darmanin, "considĂ©rant que son maintien au gouvernement dans le contexte non plus d'une, mais de deux affaires qui le concernent apporte du discrĂ©dit et de la gĂȘne dans son action ministĂ©rielle".

Pour Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, "il faut Ă©videmment respecter la parole des plaignantes, et des douleurs qui peuvent ĂȘtre rĂ©vĂ©lĂ©es dans le cadre de ces mises en cause, mais elles ne valent pas mise en examen". "Donc la rĂšgle elle est simple: c'est le droit, rien que le droit", a-t-il poursuivi jeudi sur Sud Radio pour justifier le maintien de M. Darmanin au gouvernement. "S'il est mis en examen, la rĂšgle sera appliquĂ©e comme elle l'a toujours Ă©tĂ©", a-t-il ajoutĂ©.

"Quand on est un gouvernement qui se veut exemplaire, et qu'on l'a Ă©tĂ© sur la question de François Bayrou, Richard Ferrand, Sylvie Goulard, Marielle de Sarnez, il faut que dans le cas des plaintes pour abus sexuel il ait la mĂȘme attitude", a pour sa part considĂ©rĂ© le patron des dĂ©putĂ©s Nouvelle Gauche Olivier Faure.

Rappelant qu'on est sur des faits prĂ©sumĂ©s "extrĂȘmement graves", l'ex ministre PS StĂ©phane Le Foll a jugĂ© lui que "c?est un problĂšme politique Ă  partir du moment oĂč on passe du soupçon ou de la plainte, de la dĂ©nonciation, Ă  quelque chose d'avĂ©rĂ©". Emmanuel Macron avait mis en garde mardi contre une "forme de RĂ©publique du soupçon" Ă  propos des accusations d'agression sexuelle contre ses ministres, avant que la seconde procĂ©dure visant M. Darmanin ne soit rĂ©vĂ©lĂ©e.

AFP

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