De plus en plus de villes, y compris les 24 communes de La Réunion, imposent le port du masque à l'extérieur et le Premier ministre a appelé à "étendre le plus possible" cette obligation. Mais son utilité dans la lutte contre l'épidémie de Covid-19 ne fait pas consensus.
Les 24 communes de La Réunion, Marseille, Carcassonne, Paris, Grenoble, Bordeaux... imposent, conformément à un arrpeté préfectoral imposent désormais le port du masque en espace public non couverts.
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Face à la remontée du nombre de cas de contaminations ces derniÚres semaines, de nombreuses communes imposent le port d'un masque dans la rue, notamment sur les marchés ou certaines artÚres trÚs fréquentées.
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"Il nous faut aller au-delĂ ", a affirmĂ© mardi le chef de l'exĂ©cutif lors d'un dĂ©placement Ă Montpellier, annonçant l'envoi d'une circulaire aux prĂ©fets pour leur demander "de dĂ©velopper au maximum les endroits oĂč il y a obligation du port du masque".
Un cran supplĂ©mentaire aprĂšs l'incitation faite fin juillet par le ministre de la SantĂ© Olivier VĂ©ran Ă porter le masque "si vous ĂȘtes dans une rue oĂč il y a plusieurs personnes qui vont se balader et vous n'ĂȘtes pas sĂ»r de pouvoir garder la distance".
Ce discours tranche radicalement avec le message des autorités en début d'épidémie. Dans un contexte de pénurie de masques, elles assuraient que cet objet était destiné aux soignants et aux malades et "inutile pour toute personne dans la rue", selon les mots du Directeur général de la Santé (DGS), JérÎme Salomon.
Le discours a évolué au fil des semaines (et des connaissances scientifiques), aboutissant à une obligation dans tous les lieux publics clos, le 20 juillet. Mais en plein air, y a-t-il vraiment un risque de contamination?
- "Geste de bon sens" -
"Le port du masque est un geste de bon sens dans les lieux bondĂ©s et lorsque la distance minimale d'un mĂštre ne peut ĂȘtre respectĂ©e", affirmait lundi le ministĂšre de la SantĂ© dans son communiquĂ© de presse quotidien.
Un avis partagĂ© par le professeur d'immunologie Jean-François Delfraissy, Ă la tĂȘte du Conseil scientifique: "le bon sens doit guider les dĂ©cisions. Dans la rue bondĂ©e d'une station balnĂ©aire, le port du masque s'impose", estimait-il dimanche dans le Journal du dimanche, disant toutefois prĂ©fĂ©rer "l'incitation" Ă la coercition.
"Si on se tient Ă une distance respectable, un Ă deux mĂštres, ça devrait ĂȘtre suffisant, mais le Premier ministre a raison de dire qu'il y a des zones bondĂ©es, oĂč (...) on n'arrive pas Ă tenir les distances sociales, et c'est Ă©videmment lĂ que le port du masque est vraiment indispensable", a observĂ© mardi sur RTL Anne-Claude CrĂ©mieux, infectiologue Ă l'hĂŽpital Saint-Louis (AP-HP).
"En extĂ©rieur, il y a un tel brassage d'air qu'on n'arrive pas Ă une concentration virale suffisante pour ĂȘtre infectieuse", juge toutefois Martin Blachier, mĂ©decin de santĂ© publique interrogĂ© par l'AFP.
Les études épidémiologiques montrent que les foyers de cas groupés ("clusters") surviennent quasi exclusivement dans des lieux clos et permettent d'estimer que le risque de contamination est environ 20 fois plus élevé à l'intérieur qu'à l'extérieur, ajoute le codirigeant de la société de conseil Public Health Expertise.
"C'est une décision politique et pas de santé publique, pour dire +nous prenons toute la mesure de cette épidémie+", a aussi estimé auprÚs de l'AFP Yonathan Freund, craignant que cette mesure que "rien ne justifie scientifiquement" crée "de la méfiance dans la population".
- "Pari psychologique" -
"Il est impossible de savoir si l'effet" du port du masque à l'extérieur "est réel", car il ne serait "pas éthique" de tester cette hypothÚse en conditions réelles, ajoute par ailleurs Michaël Rochoy, médecin généraliste membre du collectif Stop Postillons, qui préconise depuis le mois de mars une utilisation plus large du masque dans la lutte contre le coronavirus.
"Mais face Ă un risque nul" liĂ© au port du masque lui-mĂȘme, "la dĂ©cision mĂ©rite d'ĂȘtre prise dans les lieux les plus denses, oĂč il y a le plus de concentrations de gens", a-t-il expliquĂ© Ă l'AFP.
Le mĂ©decin se montre aussi prudent face au peu de contaminations Ă l'extĂ©rieur officiellement recensĂ©es: "lorsque vous vous contaminez dans la rue, il est trĂšs difficile de le savoir: ce n'est pas un lieu unique, vous n'y croisez pas les mĂȘmes personnes plusieurs heures d'affilĂ©e", alors que lors de la dĂ©tection de plusieurs cas dans une mĂȘme entreprise, il est trĂšs probable que la contamination ait eu lieu dans ces locaux.
Au-delĂ de l'aspect scientifique, certains maires pointent l'intĂ©rĂȘt psychologique d'une telle mesure: "c'est une mesure qui vise Ă rassurer" la population, "pour dire qu'on peut sortir, on peut aller dans un commerce, on peut dĂ©ambuler", a ainsi argumentĂ© sur la chaĂźne locale Eric Fournier, maire de Chamonix-Mont-Blanc (Haute-Savoie), qui a optĂ© le 3 aoĂ»t pour le masque obligatoire dans le centre-ville.
Un "pari psychologique" risquĂ©, selon Martin Blachier, car les rĂ©fractaires au port du masque pourraient ĂȘtre au contraire tentĂ©s "de se retrouver en intĂ©rieur", dans des lieux privĂ©s oĂč le port du masque ne peut pas ĂȘtre contrĂŽlĂ© et oĂč le risque de contamination est bien plus Ă©levĂ©.
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www.ipreunion.com avec l'AFP


Ni l'un , ni l'autre .
L' Etat est au C.. et les caisses sont vides . La TVA est tout bénef , une source qui ne se tarira point ...