Francofolies rime avec nostalgie pour la deuxiÚme journée du festival, qui rend hommage à Michel Berger, disparu il y a 25 ans, avec une création inédite du chanteur Christophe Willem et du pianiste-arrangeur Yvan Cassar.
La jeune scĂšne hexagonale tiendra le haut du pavĂ© rochelais en ce jeudi: la pop de Barbagallo et François & The Atlas Mountain en tĂȘte, avant une soirĂ©e animĂ©e sur la grande scĂšne Jean-Louis Foulquier par l'atypique rappeur Giorgio, suivi de MHD, Black M et Kungs qui trustent les premiĂšres places des charts.
Au lendemain d'une premiĂšre soirĂ©e marquĂ©e par le beau moment offert par Dick Annegarn, le grand théùtre de La Coursive s'apprĂȘte pour sa part Ă vivre un autre temps fort, avec "Message personnel", la crĂ©ation de cette 33e Ă©dition confiĂ©e Ă Christophe Willem, hĂ©ritier a priori naturel de la gĂ©nĂ©ration Berger.
Naturel, mais pas tant que ça Ă en croire l'intĂ©ressĂ©: "Pour ĂȘtre trĂšs honnĂȘte, je n'Ă©tais trĂšs au fait de l'univers de Berger. Quand GĂ©rard Pont et Florence Jeux, la programmatrice, m'ont proposĂ© de faire cette carte blanche, j'ai hĂ©sitĂ©. Mais ils m'ont convaincu en me disant: +Berger, c'Ă©tait le piano, des mĂ©lodies assez anglo-saxonnes pour un Français. Il y a quand mĂȘme une filiation qui existe avec toi, que tu t'en rendes compte ou pas.+"
"Il y avait un challenge. Et l'Ă©vidence c'Ă©tait de le faire avec Yvan, parce qu'il a cette capacitĂ© Ă amener dans des univers qui me parlent des titres qui me semblent Ă©loignĂ©s Ă premiĂšre vue. Il a rĂ©ussi Ă faire en sorte que les chansons de Michel Berger deviennent les nĂŽtres le temps d'une soirĂ©e. Je n'ai donc pas la sensation de faire un karaokĂ©", ajoute le chanteur nĂ© l'annĂ©e oĂč Berger sortait son album "Voyou" (1983).
Pour Yvan Cassar, collaborateur depuis 25 ans des plus grandes stars de la musique française, de Johnny Hallyday à Charles Aznavour, en passant par Jean-Jacques Goldman, MylÚne Farmer ou Jean-Michel Jarre, se mesurer à un artiste aussi patrimonial que Berger "a été un peu intimidant au début".
- Des classiques, des surprises -
"Dans une entreprise comme celle-lĂ , il faut ĂȘtre simple et modeste. Il ne s'agit pas de se dire qu'on va tout rĂ©volutionner. On n'invente rien", explique l'arrangeur, qui a tout de mĂȘme choisi de "casser certains codes" en jouant avec plusieurs pianos pour faire ressortir la modernitĂ© de l'Ćuvre du pĂšre de "Starmania".
Il a fallu environ trois mois aux deux artistes pour s'approprier la musique et les mots de Berger, assurer les répétitions et peaufiner la mise en scÚne.
"C'est beaucoup de travail pour une seule soirĂ©e, mais c'est ça qui est excitant et un peu stressant aussi. Ătre au rendez-vous, ne pas se louper. C'est le type challenge qui reste dans une vie", souligne Yvan Cassar. Les plus grands tubes de Berger, comme le "Paradis blanc" ou "Il jouait du piano debout" seront "Ă©videmment" au programme. Mais il y aura aussi des reprises de titres Ă©crits pour les autres par l'auteur-compositeur-interprĂšte mort Ă 44 ans, le 2 aoĂ»t 1992. Le duo espĂšre "surprendre".
Plus tĂŽt ce jeudi aprĂšs-midi, dans une autre aile de La Coursive, dans le cadre plus confinĂ© du Théùtre VerdiĂšre, le Toulousain Barbagallo prĂ©sentera sa pop lumineuse, aĂ©rĂ©e et nimbĂ©e d'une poĂ©sie bien Ă lui. ParticularitĂ©: il joue en mĂȘme temps de la batterie, son instrument fĂ©tiche qui lui a fait faire le tour du monde et un nom en accompagnant le groupe Ă©lectropop australien Tame Impala.
Pop le jour, électro la nuit, La Rochelle vibrera enfin du cÎté de la salle de La SirÚne avec une soirée électro assurée par Thérapie Taxi, Nuski & Vaatu, Killason, Superpoze, Peel & Greem et Sinners.
AFP


