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Le Mexique marque le 1er anniversaire de la disparition des 43 étudiants

  • PubliĂ© le 27 septembre 2015 Ă  00:07
Les proches des 43 étudiants disparus de l'école normale rurale de Ayotzinapa manifestent à Mexico City à l'occasion du premier anniversaire du drame, le 26 septembre 2015

Des milliers de personnes défilaient samedi à Mexico au cÎté des parents des 43 étudiants disparus pour marquer le premier anniversaire d'une tragédie qui a suscité une émotion internationale et porté un coup à la crédibilité du gouvernement Peña Nieto.


"Ils les ont emmenés vivants, nous les voulons vivants!" criaient les manifestants de cette "marche de l'indignation", partie des abords de la résidence présidentielle de Los Pinos en direction de la place du Zocalo, dans le centre historique de Mexico.
"Crime d'Etat", "Dehors Peña (Nieto)" pouvait-on lire sur certains panneaux brandis par les manifestants, qui défilaient derriÚre les parents des 43 disparus.
"Nous sommes venus avec une soif de justice, il ne peut y avoir d'impunité. DerriÚre les 43, il y a des milliers de disparus", indiquait à l'AFP Sofia Rojas, une étudiante de l'Université nationale autonome de Mexico (UNAM). "Le Mexique est triste car il lui manque plus de 20.000 de ses enfants" pouvait-on lire sur une autre pancarte.
Les parents, venus de l'Etat du Guerrero (sud) dĂ©chirĂ© par les violences, sont arrivĂ©s mercredi dans la capitale oĂč ils ont menĂ© une grĂšve de la faim de 43 heures.
Le prĂ©sident Enrique Peña Nieto a reçu ces familles pour la deuxiĂšme fois en un an pour leur dire que l'enquĂȘte se poursuivait.
"Nous sommes du mĂȘme cĂŽtĂ©", leur a-t-il dĂ©clarĂ©. "Nous cherchons ensemble la vĂ©ritĂ©."
"A un an de ces faits tragiques, je rĂ©itĂšre l'engagement du gouvernement mexicain d'Ă©tablir la vĂ©ritĂ© et la justice" sur ce drame, a tweetĂ© le prĂ©sident Peña Nieto avant de partir pour New York oĂč il assistera Ă  l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies.
Le prĂ©sident a ordonnĂ© la crĂ©ation d'une unitĂ© spĂ©ciale chargĂ©e d'enquĂȘter sur les nombreuses disparitions dans le pays, plus de 20.000 selon les chiffres officiels.
Mais les parents, qui ont remis une liste de huit exigences, ont exprimé leur déception et se sont engagés à continuer à mettre la pression sur le gouvernement.
"Nous n'allons pas nous reposer, nous serons un caillou dans sa chaussure", a déclaré Maria de Jesus Tlatempa, mÚre d'un des étudiants.
Les familles exigent notamment des autorités judiciaires qu'une unité spéciale uniquement dédiée au cas des 43 étudiants soit constituée et placée sous supervision internationale.

- 60.000 ossements -

Les élÚves-enseignants de l'école d'Ayotzinapa ont disparu dans la nuit du 26 au 27 septembre 2014 alors qu'ils se rendaient à Iguala (sud) pour s'emparer d'autobus et collecter de l'argent avant une manifestation dans la capitale.
Ils ont alors été attaqués par des policiers municipaux d'Iguala qui ont tué trois d'entre eux avant de les livrer au cartel de la drogue Guerreros Unidos. Ce dernier les aurait tués avant de les incinérer dans une décharge, selon la version officielle.
Les restes d'un Ă©tudiant ont pu ĂȘtre identifiĂ©s grĂące Ă  son ADN par un laboratoire autrichien et les autoritĂ©s ont annoncĂ© la semaine derniĂšre avoir "possiblement" identifiĂ© les restes d'un deuxiĂšme disparu.
Des responsables ont annoncé vendredi que 60.000 autres fragments d'os étaient actuellement examinés.
Mais les parents ont toujours rejeté la version officielle et récemment un groupe d'experts indépendants de la Commission interaméricaine des droits de l'Homme (CIDH) a indiqué qu'il n'y avait pas de preuves que ces étudiants avaient été incinérés dans une décharge et demandé à ce que de nouvelles pistes soient explorées.
"Nous sommes dans une voie sans issue car il n'y aura jamais une version des faits qui sera acceptée par tous", commente auprÚs de l'AFP Jose Antonio Crespo, expert politique au Centre de recherche et d'enseignement économiques (Cide).
Le gouvernement "portera la marque négative" de ce drame jusqu'à la fin de son mandat en 2018, "comme ce fut le cas pour le gouvernement Gustavo Diaz Ordaz", ajoute M. Crespo, en référence au massacre d'étudiants survenu en 1968 lors d'une manifestation dans la capitale.



- © 2015 AFP
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