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Le mystĂšre Salah Abdeslam, introuvable jihadiste des attentats de Paris

  • PubliĂ© le 21 novembre 2015 Ă  16:36
Photo d'Abdeslam Salah sur l'appel à témoins diffusé le 15 novembre 2015 par la police française

Un suspect évaporé dans la nature, une probable exfiltration au nez et à la barbe des autorités et, a minima, un rÎle de logisticien dans les attentats parisiens.

.. Le cas Salah Abdeslam est un mystĂšre pour les enquĂȘteurs qui ont perdu sa trace le 14 novembre.
Vendredi 13, 21H59. Une Clio noire, louĂ©e par cet homme de 26 ans, arrive dans le nord de Paris depuis une porte de la capitale. Les enquĂȘteurs se demandent dĂ©sormais si Salah Abdeslam n'est pas au volant aprĂšs avoir dĂ©posĂ© trois kamikazes aux abords du Stade de France.
TrĂšs vite, son nom est apparu dans l'organigramme des expĂ©ditions meurtriĂšres: Salah Abdeslam, Français nĂ© Ă  Bruxelles et vivant en Belgique, a louĂ©, outre cette Clio, la Polo du commando du Bataclan. Et sa carte bancaire a servi Ă  rĂ©gler deux chambres d'un appart-hĂŽtel Ă  Alfortville, prĂšs de Paris, oĂč ont logĂ© des assaillants peu avant les attaques.
Outre ce rĂŽle de logisticien, Salah a-t-il pris les armes? Les enquĂȘteurs ont d'abord pensĂ© qu'il avait pu faire partie du commando qui a tirĂ© en rafales, depuis une autre voiture noire, une Seat, contre des clients attablĂ©s en terrasse au coeur de Paris. Son frĂšre aĂźnĂ©, Brahim Abdeslam, 31 ans, a pris part Ă  ces attaques avant de se faire exploser dans un restaurant.
Salah était-il plutÎt l'homme chargé d'une attaque dans le XVIIIe arrondissement mentionnée dans la revendication des attentats par le groupe jihadiste Etat islamique, mais qui n'a jamais eu lieu? C'est là en tout cas qu'a été retrouvée la Clio. L'Obs rapporte que, porteur lui aussi d'une ceinture explosive, il aurait pu "reculer" avant de passer à l'acte, mais cette piste n'a pas encore été confirmée.
Quoi qu'il en soit, Salah Abdeslam reste introuvable, aprĂšs que deux complices venus de Belgique sont sans doute venus l'exfiltrer.
Seule certitude: des papiers d'identité à son nom ont été présentés au lendemain des tueries aux gendarmes français lors d'un "simple" contrÎle routier matinal à Cambrai sur la route de la Belgique.
Ce n'est que plus tard que les gendarmes apprendront qu'il est recherchĂ©. Trop tard, il est sans doute dans la nature, peut-ĂȘtre Ă  Molenbeek, fief des frĂšres Abdeslam qui y tenaient un bar. Des opĂ©rations policiĂšres sont menĂ©es dans ce quartier populaire de Bruxelles, en vain.
- Foot, biĂšre et boĂźte de nuit -
Deux complices prĂ©sumĂ©s sont toutefois arrĂȘtĂ©s dans cette commune dont sont originaires de nombreux jihadistes francophones: Mohammed Amri, 27 ans, et Hamza Attou, 20 ans. Tous deux Ă©taient dans la Golf contrĂŽlĂ©e Ă  Cambrai et auraient exfiltrĂ© Salah Abdeslam, qui les aurait appelĂ©s Ă  la rescousse depuis Paris aprĂšs les attaques. En garde Ă  vue, ils disent avoir dĂ©posĂ© ce suspect-clĂ© samedi dans Bruxelles. ProblĂšme: ils donnent des lieux diffĂ©rents.
Depuis, le portrait de Salah, traqué par toutes les polices d'Europe, tourne en boucle: 1,75 m, yeux marrons, teint mat, rasé de prÚs et cheveux gominés. Avec cette précision: "individu dangereux". Et plusieurs témoignages non confirmés ont fait état de sa présence à Bruxelles, selon les médias belges.
A Molenbeek, le jeune homme, dĂ©crit comme coquet, n'a pourtant jamais donnĂ© l'image d'un islamiste radical candidat au jihad. C'est mĂȘme tout le contraire, selon des habitants rencontrĂ©s sur place: Brahim et Salah Ă©taient "de gros buveurs, de gros fumeurs (de cannabis), mais pas des radicalisĂ©s", assure Youssef, de la mĂȘme gĂ©nĂ©ration. "Ils aimaient le foot, sortaient en boĂźte, revenaient avec des filles...", abonde Jamal, Ă©ducateur et copain des frĂšres Abdeslam.
Puis explique-t-il, viennent "les mauvaises rencontres, au mauvais moment". Vols, trafic de drogue et la prison en 2010 pour Salah aprÚs un braquage, dans lequel le nom d'Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attentats parisiens également originaire de Molenbeek, est aussi cité.
C'est probablement derriÚre les barreaux qu'Abaaoud, tué mercredi par la police française, a pu lui enseigner "la théologie de la dissimulation pour contourner les services de sécurité et la surveillance du renseignement", décrypte Mathieu GuidÚre, expert français du terrorisme.
Début 2015, les frÚres Abdeslam, déjà radicalisés, avaient été interrogés par la police belge, soupçonnés de vouloir se rendre en Syrie, mais ils avaient été relùchés, faute de "signe d'une possible menace".

Par Stephanie AGLIETTI - © 2015 AFP
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