Mort de Naomi Musenga

Le parquet va ouvrir une information judiciaire

  • PubliĂ© le 11 juillet 2018 Ă  20:31
  • ActualisĂ© le 11 juillet 2018 Ă  23:30
Le frĂšre de Naomi Musenga demande justice pour sa soeur lors d'une marche silencieuse Ă  Strasbourg, le 16 mai 2018

Son visage avait bouleversé la France: six mois aprÚs la mort de Naomi Musenga, décédée aprÚs avoir été raillée par une opératrice du Samu, le procureur de la République de Strasbourg a annoncé mercredi l'ouverture d'une information judiciaire.

"Je procéderai dans les prochains jours à l'ouverture d'une information judiciaire du chef de non-assistance à personne en péril contre l'opératrice du centre des appels d'urgence et tous autres, ainsi que du chef d'homicide involontaire contre X", a annoncé le procureur de Strasbourg, Yolande Renzi dans un communiqué.

Le procureur a indiqué avoir reçu mardi plusieurs membres de la famille Musenga avec leur avocat et avoir "pu évoquer avec eux les éléments médicaux obtenus" qui expliquent "le décÚs de Naomi Musenga comme étant la conséquence d'une intoxication au paracétamol absorbé par automédication sur plusieurs jours".

"La destruction évolutive des cellules de son foie a emporté une défaillance de l'ensemble de ses organes conduisant rapidement à son décÚs", a précisé Mme Renzi. La mort de Naomi Musenga, une Strasbourgeoise de 22 ans, décédée le 29 décembre, dont l'appel de détresse avait été traité avec mépris par une régulatrice du Samu, avait soulevé une vague d'indignation dans l'Hexagone.

Un document sonore, relatant les échanges entre la jeune femme et l'opératrice, avait été largement diffusé par les médias et sur les réseaux sociaux. Un millier de personnes avaient défilé le 16 mai dans le centre de Strasbourg, pour réclamer "justice et vérité" pour "Naomi". Des rassemblements avaient réuni aussi quelques dizaines de personnes à Paris et Valence.

"Un cauchemar"

AprÚs le déclenchement de la polémique, le responsable du Samu de Strasbourg avait présenté sa démission et la ministre de la Santé AgnÚs Buzyn avait indiqué qu'il n'y aurait pas d'autres sanctions. L'assistante de régulation mise en cause avait été suspendue début mai et devait faire l'objet d'une procédure disciplinaire.

L'ouverture d'une information judidiciaire était une demande trÚs forte des parents de la jeune femme, décédée aux HÎpitaux universitaires de Strasbourg (HUS). En juin, la famille avait convié la presse pour demander que les causes et les responsabilités dans sa mort soient dévoilées. "J'implore madame le procureur (de Strasbourg, NDLR) pour que l'on entre dans le fond. Nous sommes démunis", avait déclaré Honorine Musenga, la mÚre de Naomi.

ParallĂšlement Ă  une enquĂȘte administrative confiĂ©e Ă  l'Inspection des affaires sociales (Igas), le parquet de Strasbourg avait ouvert dĂ©but mai une enquĂȘte prĂ©liminaire, mais cette procĂ©dure ne permettait pas Ă  la famille ou Ă  ses avocats d'accĂ©der au dossier. Les dysfonctionnements soulevĂ©s par l'Igas avaient entraĂźnĂ© "un retard global de prise en charge de prĂšs de 2h20" de la jeune mĂšre de famille, dĂ©cĂ©dĂ©e finalement Ă  l'hĂŽpital plusieurs heures aprĂšs son premier appel aux urgences.

Le mois dernier, Me Jean-Christophe Coubris, l'un des avocats de la famille, estimait qu'il Ă©tait "inacceptable que l'on reste sur ce schĂ©ma d'enquĂȘte prĂ©liminaire", vĂ©cu comme "un cauchemar". Me Mohamed Aachour, autre avocat de la famille, avait demandĂ© "que des mises en examen soient prononcĂ©es et qu'une information judiciaire soit ouverte".

Les parents de Naomi Musenga devaient ĂȘtre reçus ce mercredi soir avec leurs conseils Ă  Paris au ministĂšre des SolidaritĂ©s et de la SantĂ© d'AgnĂšs Buzyn.

 - © 2018 AFP

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