[Vidéos] Le plan régional de lutte contre la drogue veut impliquer toute la société réunionnaise

  • Publié le 16 septembre 2026 à 16:35
  • Actualisé le 16 septembre 2026 à 16:39
bilan zero drogue

Ce mercredi 16 septembre 2026, la préfecture a livré un premier bilan de son grand plan régional de lutte contre les drogues. De nouvelles annonces, comme une campagne de sensibilisation menée par des influenceurs, a également été annoncée pour tenter d'enrayer ce phénomène (Photo Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Depuis trois mois, la lutte contre la drogue et le narcotrafic a été érigée en grande cause régionale par la préfecture. Ce mercredi 16 septembre, un premier bilan a été fait de ces actions mêlant prévention, répression et communication au sein du plan Zéro Drogue à La Réunion.

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En se retournant sur le début de cette campagne, le préfet Patrice Latron se montre optimiste mais reste prudent. " Ce combat contre la drogue, les forces de l'ordre le mènent avec détermination, avec efficacité, mais ça n'est pas suffisant. Il faut aussi s'occuper des consommateurs pour les dissuader, en faire le premier pas, pour les accompagner lorsqu'ils l'ont fait, les soigner, les éduquer dès le plus jeune âge."

- Une campagne menée par des influenceurs de La Réunion -

Outre ce bilan, de nouvelles initiatives ont été annoncées comme celle d'une campagne menée par des influenceurs réunionnais pour tenter d'enrayer ce phénomène auprès du grand public.

Romain alias Moustache créole, célèbre créateur de contenu, s'est résolument engagé dans cette action de sensibilisation. "J'ai voulu profiter de ma notoriété pour avoir une action positive sur la société réunionnaise. Le message que nous voulons faire passer, c'est de ne pas toucher à la drogue ou, si on en consomme, de se faire aider."

Du côté des entreprises, cet engagement se traduit par la signature de la charte Lespwar, qui favorise la prévention des conduites addictives en milieu professionnel.

Pour Imraan Issa, directeur général de BNP Paribas, cet engagement s'est imposé comme une évidence. "La drogue, elle peut toucher tout le monde. Et elle a un impact sur le travail et cela peut amener à de l'absentéisme ou à des accidents de travail et, c'est pour cela que nous sommes concernés.

Plus globalement, il y a une responsabilité collective à avoir sur ce sujet si nous voulons préserver notre cohésion sociale."

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- Un concours de prévention contre la drogue lancé dans les écoles, les collèges et les lycées de La Réunion -

Cette prévention va aussi se décliner dans le secteur de l'éducation avec le lancement prochainement d'un concours académique sur le thème de la dissuasion à consommer de la drogue. Un concours qui va concerner des écoles, des collèges et des lycées.

Ce concours aura pour but de faire des élèves "des ambassadeurs de la lutte contre les stupéfiants" souligne Rostane Mehdi, recteur de La Réunion. "Il faut faire en sorte que la communauté éducative et les élèves soient parfaitement informés des risques qui sont liés à la consommation, à la dépendance aux stupéfiants. Les programmes d'enseignement doivent être adaptés en ce sens".

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Cette campagne semble lancée sur de bons rails. Toutefois, vu du terrain, elle apparaît comme ayant encore un train de retard sur le rythme d'enfer qu'imposent les narcotrafiquants. Ces derniers tentent de pénétrer massivement le marché réunionnais depuis quelques années.

Et les forces de l'ordre se démènent pour enrayer ce phénomène. "Note activité augmente sur du pourcentage à deux chiffres depuis 2024, ce qui montre une vraie disponibilité des produits stupéfiants", note Laurent Chavanne, directeur de la police territoriale de La Réunion. Parmi les produits les plus courants sur l'île, on trouve du cannabis et de la cocaïne. Mais les drogues de synthèse, le tabac chimique et le dou se font de plus en plus présents.

- Les jeunes ciblés en priorité pour enrayer la propagation des addictions -

Pour faire face à ces trafics, police et gendarmerie ont dû adapter leurs méthodes. "Il faut être dynamique, il faut anticiper ce que peuvent faire nos ennemis, en l'occurrence, les trafiquants de stupéfiants. Et pour cela, ça suppose des méthodes particulières en termes de technique d'enquête." Des enquêtes qui peuvent durer de plusieurs semaines à plusieurs mois en fonction de la taille du réseau de trafiquants à surveiller et à remonter.

Pour autant, difficile de prédire quel sera l'aboutissement de ce combat contre la drogue. Car les causes des addictions sont souvent difficiles à endiguer car liées à des problématiques de santé mentale, d'éducation, d'emploi. Ces problématiques sont également articulées à des évolutions sociétales profondes comme un isolement et un désenchantement parfois plus présents dans les jeunes générations.

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Pour l'addictologue David Mete, c'est justement vers ces adolescents et ces jeunes adultes que les messages de prévention doivent se concentrer. "La consommation de substances addictives touche toute la société. C'est très important de s'adresser aux jeunes, parce que les addictions s'installent dans 90 % des cas avant 18 ans. Donc, il faut vraiment mettre beaucoup de moyens sur la prévention auprès d'eux et, même, avant l'adolescence. Il faudrait commencer dès le primaire."

Un message qui se projette vers l'avenir de la société réunionnaise. Mais, pour l'heure, l'objectif affiché est d'éviter que cette dernière ne se fasse totalement gangréner par la drogue. À l'image de ce qui s'est passé aux Antilles. Pour ce faire, il est indispensable d'allier des réponses répressives mais aussi, voire surtout, préventives et thérapeutiques, pour accompagner les personnes touchées par des addictions. C'est à ce prix, et en consacrant des moyens suffisants à chacun de ces volets, qu'une vraie victoire sur la drogue pourra être remportée.

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1 Commentaires
Dan
Dan
26 minutes

Je ne vois pas très bien quel rôle peuvent jouer les influenceurs ici. Sont ils recrutés par les instances publiques? Ont-ils une formation particulière? La lutte contre la drogue ne s'improvise pas, quelle que soit la bonne volonté des personnes?