Pendant sa présidence de l'INA

Le patron de Radio France Mathieu Gallet jugé pour "favoritisme"

  • PubliĂ© le 15 novembre 2017 Ă  14:21
  • ActualisĂ© le 15 novembre 2017 Ă  14:27
L'ancien patron de l'Institut national de l'audiovisuel (INA), Mathieu Gallet, à Deauville le 2 septembre 2017

L'ancien patron de l'Institut national de l'audiovisuel (INA), Mathieu Gallet, a-t-il "favorisé" certaines sociétés pour conseiller l'établissement public ou assurer sa communication personnelle? Le tribunal correctionnel de Créteil juge jeudi la gestion du haut fonctionnaire, actuel PDG de Radio France.


En cause, des contrats d'un montant global supérieur à 400.000 euros, passés par l'INA entre 2010 et 2014, sous sa présidence, et qui ne respecteraient pas les rÚgles de mise en concurrence obligatoires lors de l'attribution de marchés publics.
Mathieu Gallet assistera à l'audience pour répondre personnellement à ces soupçons de "favoritisme", ont annoncé à l'AFP ses avocats, qui plaideront la relaxe.
L'affaire a dĂ©marrĂ© en 2015. La prĂ©sidente de l'INA d'alors, AgnĂšs Saal, fait scandale Ă  cause de frais de taxis dĂ©mesurĂ©s, qui lui vaudront d'ĂȘtre condamnĂ©e ultĂ©rieurement pour "dĂ©tournement de fonds publics".
Cette polĂ©mique engendre un signalement du ministĂšre de la Culture sur certaines dĂ©penses de l'Ă©tablissement depuis 2010. Une procĂ©dure qui provoque l'ouverture d'une nouvelle enquĂȘte, pour "favoritisme" cette fois, Ă  l'encontre du prĂ©dĂ©cesseur de Mme Saal, Mathieu Gallet.
Dans son enquĂȘte consultĂ©e par l'AFP, la Brigade de rĂ©pression de la dĂ©linquance Ă©conomique (BRDE)? se concentre sur trois sociĂ©tĂ©s ayant travaillĂ© avec l'INA dans des conditions douteuses.

D'un cÎté, Roland Berger Strategy, sélectionnée pour conseiller l'établissement public au terme d'un appel d'offres de seulement cinq jours ouvrés. De l'autre, Balises et l'institut de sondages Opinion Way, deux sociétés choisies sans mise en concurrence pour l'emploi de Denis Pingaud pour des missions de conseil personnel auprÚs de Mathieu Gallet. M. Pingaud, alors président de Balises aprÚs avoir été vice-président d'Opinion Way, écrivait notamment certains discours du président de l'INA, pour qui il a également travaillé un temps à Radio France.
Les faits concernant Opinion Way sont prescrits et ne seront pas examinĂ©s lors du procĂšs. Tout comme les frais de rĂ©ception de M. Gallet Ă  l'INA - "plus de 2.300 euros par mois", selon un document de la Cour des comptes qui Ă©pinglait ces dĂ©penses -, longuement Ă©voquĂ©s dans l'enquĂȘte mais qui n'ont dĂ©bouchĂ© sur aucune poursuite.

Le procÚs de M. Gallet souligne une nouvelle fois "les turpitudes au sein de l'INA", déjà mises en exergue par l'affaire AgnÚs Saal, a déclaré à l'AFP JérÎme Karsenti, avocat de l'association Anticor. "L'argent public n'était absolument pas considéré" dans l'établissement et "gaspillé", a-t-il estimé.
L'association, qui avait adressé une plainte au parquet de Créteil concernant la gestion de l'INA, se portera partie civile au procÚs jeudi.
L'enquĂȘte conduite par le parquet est entachĂ©e de nombreuses irrĂ©gularitĂ©s procĂ©durales et de "confusions" sur les termes relatifs Ă  la conclusion de marchĂ©s publics, ont rĂ©torquĂ© les avocats de M. Gallet, Christophe Ingrain et RĂ©mi Lorrain. Eux dĂ©noncent la "partialitĂ©" du ministĂšre public et sa "volontĂ© de nuire" Ă  leur client.

Par Nicolas PRATVIEL - © 2017 AFP

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