Le temps de vérifier les patrimoines

Le remaniement du gouvernement sera annoncé "dans la semaine"

  • PubliĂ© le 22 novembre 2017 Ă  02:29
  • ActualisĂ© le 22 novembre 2017 Ă  06:20
Le délégué général de LREM Christophe Castaner, le 18 novembre 2017 à Lyon

Emmanuel Macron dévoilera finalement "dans la semaine" son mini-remaniement, avec sauf surprise Benjamin Griveaux comme nouveau porte-parole du gouvernement pour remplacer Christophe Castaner, devenu chef du parti présidentiel mais qui pourra garder son autre portefeuille ministériel. Le remaniement, promis pour mardi, a été reporté, le temps de soumettre les déclarations de patrimoine d'un ou plusieurs nouveaux entrants à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, selon l'Elysée


Ce nouveau casting pourrait Ă©galement prĂ©voir un (ou une) nouvel entrant pour remplacer M. Griveaux dans ses attributions actuelles Ă  Bercy, a-t-on appris mardi soir dans l'entourage du chef de l'Etat. S'il doit quitter le porte-parolat, Christophe Castaner devrait donc rester secrĂ©taire d'Etat chargĂ© des Relations avec le Parlement, selon la mĂȘme source, mĂȘme si ce cumul suscite la polĂ©mique.

Le remaniement, promis pour mardi, a été reporté aux jours suivants, le temps de soumettre les déclarations de patrimoine d'un ou plusieurs nouveaux entrants à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, selon l'Elysée. Ces vérifications, devenues obligatoires, avaient déjà retardé de plus d'une journée l'annonce du précédent remaniement en juin.

Par consĂ©quent, Christophe Castaner sera encore porte-parole du gouvernement mercredi matin et c'est donc lui qui, Ă  ce titre, fera le compte-rendu du Conseil des ministres Ă  la mi-journĂ©e. Ce changement de porte-parole Ă©tait devenu indispensable avec l'Ă©lection samedi de Christophe Castaner Ă  la tĂȘte de La RĂ©publique en Marche - le choix d'Emmanuel Macron pour donner un nouveau souffle Ă  son jeune mouvement.

Car ce politicien expérimenté de 51 ans, issu du PS, se retrouve désormais avec une triple casquette: porte-parole du gouvernement, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement et, depuis samedi, délégué général de LREM, une fonction à laquelle il ne tenait guÚre au départ. Pour le remplacer, les noms qui circulaient le plus souvent ces derniers jours étaient ceux de deux trÚs proches d'Emmanuel Macron, tous deux nommés secrétaires d'Etat en juin: Benjamin Griveaux (Economie) et Julien Denormandie (Logement), chacun étant soutenu par différents fidÚles du chef de l'Etat. Mardi Julien Denormandie avait toutefois fait savoir qu'il n'avait "aucune autre ambition, aucune autre envie" que son portefeuille actuel.

- Griveaux et Castaner gagnants -

Le poste de porte-parole devrait donc revenir à Benjamin Griveaux, 39 ans, qui obtient sa revanche aprÚs avoir échoué à obtenir la direction du parti présidentiel. Le nouveau porte-parole n'aura toutefois plus d'autre portefeuille ministériel, comme cela avait été le cas pour François Baroin et Laurent Wauquiez sous les présidences, respectivement, de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy.

Benjamin Griveaux fait partie de la garde rapprochĂ©e d'Emmanuel Macron, qu'il a soutenu dĂšs la fin 2015. Cet ex-conseiller de Dominique Strauss-Kahn, passĂ© par le bureau national du PS, a l'expĂ©rience pour ce poste puisqu'il a Ă©tĂ© porte-parole d'En Marche pendant la campagne. Emmanuel Macron pourrait nommer un ou une remplaçant(e) comme secrĂ©taire d'Etat Ă  Bercy. D'oĂč la nĂ©cessite de vĂ©rifications de patrimoine.

Le maintien de M. Castaner aux Relations avec le Parlement, fonction qui nĂ©cessite de nĂ©gocier d'une façon neutre avec tous les partis, satisferait celui qui appelle familiĂšrement le Premier ministre "mon poulet" et qui voulait rester Ă  ce poste. Mardi midi, Edouard Philippe lui-mĂȘme a plaidĂ© sa cause, dĂ©fendant la possibilitĂ© d'ĂȘtre Ă  la fois ministre et chef du parti prĂ©sidentiel.

"Il n'y a aucune rÚgle juridique qui l'interdise. Ensuite, ça s'est beaucoup fait. Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur en 2006, était président du parti (l'UMP) dont j'étais membre (...) Moi, je pense que (Christophe Castaner) est tout à fait capable d'exercer ces deux fonctions", a-t-il dit en marge des Assises de l'économie de la mer au Havre.

Mais certains responsables d'En marche, de l'opposition ainsi que plusieurs experts ont jugé que M. Castaner serait alors à la fois juge et partie, une controverse qui a fait hésiter l'Elysée à le maintenir en place. Plusieurs de ses soutiens avaient aussi fait valoir ces derniers jours la nécessité pour lui de rester ministre pour en toucher le salaire, parce que la direction de LREM était une fonction bénévole. S'il quittait le gouvernement, il retrouverait pourtant son poste et sa rémunération de député des Alpes de Haute-Provence.

AFP

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