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Le scandale des moteurs truqués de Volkswagen prend de l'ampleur

  • PubliĂ© le 4 novembre 2015 Ă  09:55
Matthias Mueller, PDG de Volkswagen, le 21 octobre 2015, Ă  Wolfsbourg

Le scandale de tricherie sur les émissions polluantes de s'est étendu mardi avec la découverte d'"irrégularités" sur le niveau de CO2 de 800.

000 véhicules, et l'annonce que Porsche suspendait la vente des modÚles diesel de son 4x4 Cayenne aux Etats-Unis et au Canada.
La filiale nord-américaine de Porsche a annoncé mardi soir qu'elle cessait de vendre les Cayenne diesel des années modÚle 2014 à 2016 "jusqu'à nouvel ordre", au lendemain d'accusations "inattendues" de l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA), selon lesquelles ces voitures auraient été équipées de logiciels truqueurs.
"Nous travaillons intensément à résoudre ce problÚme dÚs que possible", a-t-elle ajouté, sans commentaire sur le fond des accusations.
Colosse aux 12 marques et 200 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, le numĂ©ro deux mondial de l'automobile a annoncĂ© par ailleurs en Allemagne avoir dĂ©couvert "au cours d'enquĂȘtes internes, des incohĂ©rences inexpliquĂ©es concernant la mesure des niveaux de CO2", le dioxyde de carbone.
Le niveau d'Ă©missions mentionnĂ© s'est rĂ©vĂ©lĂ© trop bas par rapport Ă  ce qu'il aurait dĂ» ĂȘtre. Cette nouvelle affaire concerne selon une premiĂšre estimation environ 800.000 vĂ©hicules essentiellement diesel, des marques VW, , et Seat. Et, pour la premiĂšre fois, un moteur essence est Ă©galement concernĂ©.
Le groupe a décidé de passer en revue toutes ses différentes procédures sur les moteurs diesel, aprÚs l'éclatement fin septembre d'un scandale portant sur l'installation d'un logiciel faussant les résultats des tests anti-pollution sur onze millions de véhicules. Ce logiciel servait à masquer le niveau réel d'émission d'oxydes d'azote (NOx), polluants atmosphériques toxiques, et non de dioxyde de carbone comme c'est aussi désormais le cas.
- risques financiers en hausse -
Pour l'heure, les risques financiers de ces nouvelles irrégularités pour le constructeur sont évalués "à environ deux milliards d'euros". Cela vient s'ajouter aux 6,7 milliards d'euros de provisions pour faire face aux premiÚres conséquences et engager le gigantesque rappel des véhicules équipés du logiciel truqueur incriminé.
"Depuis le dĂ©but, je me suis engagĂ© Ă  ce que nous expliquions les Ă©vĂ©nements complĂštement et sans mĂ©nagement. Rien ni personne ne nous arrĂȘtera. C'est un processus douloureux, mais il n'y a pas d'autre alternative", a dĂ©clarĂ© dans le communiquĂ© , qui a pris les rĂȘnes du groupe en septembre aprĂšs l'Ă©viction de quand l'affaire des moteurs truquĂ©s a Ă©mergĂ©.
La direction de a promis mardi de "commencer immédiatement à discuter avec les autorités concernées des conséquences" du volet CO2 du scandale, tandis que son conseil de surveillance a exprimé son "inquiétude" suite aux nouvelles révélations.
Le scandale des moteurs truqués avait déjà connu un nouveau rebondissement lundi lorsque l', qui avait la premiÚre révélé la tricherie, a accusé le groupe allemand d'avoir violé les normes d'émission de gaz polluants également avec des moteurs diesel 3 litres des marques haut de gamme et Porsche.
Le groupe allemand avait aussitĂŽt rejetĂ© ces nouvelles accusations, tout en se disant prĂȘt Ă  "coopĂ©rer pleinement" avec les autoritĂ©s amĂ©ricaines.
Jusqu'alors la tricherie initiale sur le niveau d'émission d'oxydes d'azote n'était avérée que pour de plus petits moteurs, de 1,2, 1,6 et 2 litres, et ne concernait aux que les marques VW et .
"Il s'agit Ă©videmment d'une mauvaise nouvelle pour ", a rĂ©agi mardi Holger Schmidt, analyste d'Equinet, "dans la mesure oĂč cette derniĂšre accusation inclut Ă©galement ".
Or le nouveau patron de , , qui a pris les rĂȘnes au pied levĂ© aprĂšs le dĂ©but du scandale, Ă©tait prĂ©cĂ©demment Ă  la tĂȘte de et "a dĂ» avoir connaissance de ce problĂšme, mĂȘme si cela reste encore Ă  prouver", avance l'analyste.
Selon l'EPA, au moins 10.000 véhicules seraient concernés aux par les nouveaux soupçons.
En , "les moteurs diesel en question sont déjà soumis à des tests supplémentaires conduits par l'agence fédérale des transports. (...) DÚs que cet examen sera terminé seront alors présentés les résultats complets", a promis le ministÚre des Transports.
Face aux accusations en provenance des , a affirmé qu'aucun programme n'avait été installé sur ces moteurs pour modifier de "maniÚre inappropriée" les tests antipollution. Les moteurs sont "conformes à la loi", a renchéri mardi sa filiale .
Dans ce contexte, les derniers chiffres d'immatriculations de nouvelles voitures en octobre n'ont guÚre été réjouissants pour de 0,7% sur un an en Allemagne, baisse de 3% pour la , et aux , une faible progression (+0,2%) de ses ventes alors que ses principaux concurrents ont connu des progressions de l'ordre de 10%.

Par Ljubomir MILASIN - © 2015 AFP
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