Militaires attaqués à Levallois

Le suspect mis en examen par un juge antiterroriste

  • PubliĂ© le 31 aoĂ»t 2017 Ă  10:57
Pompiers et médecins prodiguent des soins aux militaires blessés par une BMW qui a délibérément foncé sur eux devant leur local de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), à l'ouest de Paris le 9 août 2017

Le suspect de l'attaque contre des militaires à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) le 9 août a été mis en examen mardi soir par un juge d'instruction antiterroriste, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.


Hamou Benlatreche, un AlgĂ©rien de 36 ans, griĂšvement blessĂ© par balle lors de son arrestation et toujours hospitalisĂ© en rĂ©gion parisienne, n'a pas encore pu ĂȘtre interrogĂ© par les enquĂȘteurs.
"Il n'a fait qu'une brÚve déclaration spontanée" devant le juge à l'hÎpital, a précisé la source. Il fait l'objet d'un mandat d'un dépÎt qui sera effectif lorsque son état de santé le permettra, a-t-elle ajouté.
Le 9 août, six militaires avaient été blessés, dont trois sérieusement, par une BMW qui avait délibérément foncé sur eux vers 08H00 devant leur local de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), à l'ouest de Paris.
Quelques heures plus tard, le véhicule avait été intercepté par la police sur l'autoroute vers Calais et Hamou Benlatreche, qui était au volant, avait été blessé par balles alors qu'il refusait d'obtempérer.


"Les investigations (...) viennent non seulement étayer le caractÚre prémédité de cette attaque, mais également son caractÚre terroriste", avait déclaré le procureur de Paris, François Molins, lors d'un point-presse organisé deux semaines aprÚs cette attaque qui avait relancé le débat autour de l'opération Sentinelle, plusieurs fois prise pour cible depuis sa mise en place en 2015.
Selon le procureur, Hamou Benlatreche avait effectuĂ© des repĂ©rages sur les lieux trois jours avant l'attaque, et le contenu de ses deux tĂ©lĂ©phones suggĂšrent un intĂ©rĂȘt pour le groupe jihadiste État islamique et des vellĂ©itĂ©s de dĂ©part pour la Syrie.
Mais "on n'a pas aujourd'hui d'éléments qui permettent d'affirmer qu'il aurait eu des connexions" avec l'EI, qui a revendiqué plusieurs des attentats qui ont fait 239 morts en France depuis janvier 2015, avait ajouté le procureur.
Titulaire d'un titre de sĂ©jour rĂ©cent, Hamou Benlatreche, qui habitait Bezons (Val-d'Oise), Ă©tait jusqu'ici "inconnu des services spĂ©cialisĂ©s" et s'Ă©tait seulement signalĂ© dans des affaires de droit commun, sans jamais ĂȘtre condamnĂ©.
Un membre de son entourage a été placé en garde à vue à Marseille il y a deux semaines. Mais cet homme de 35 ans, domicilié à Argenteuil, a été remis en liberté deux jours plus tard, sans poursuite.

Par Sophie BOUILLON - © 2017 AFP

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