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Le tueur d'Orlando, un "loup solitaire" au passé complexe

  • PubliĂ© le 14 juin 2016 Ă  15:11
Omar Mateen, le tueur d'Orlando, dans une photo non datée reçue le 12 juin 2016

La piste du "loup solitaire" inspiré par des thÚses jihadistes restait privilégiée mardi par les autorités américaines pour expliquer les motivations de l'auteur du carnage d'Orlando (Floride) dont le passé, scruté à la loupe, recÚle des zones d'ombre.


Lundi, la thÚse de l'éventuelle homosexualité d'Omar Seddique Mateen a émergé dans plusieurs journaux américains et va vraisemblablement compliquer la compréhension des ressorts psychologiques qui ont poussé à l'acte ce pÚre de famille de 29 ans.
Barack Obama se rendra jeudi Ă  Orlando pour rendre hommage aux familles des victimes de la pire fusillade qu'aient connue les Etats-Unis.
Le FBI comme le président américain sont de plus en plus convaincus que ce musulman pratiquant, un Américain d'origine afghane, a été "radicalisé" en partie sur l'internet et qu'il s'agit d'un loup solitaire inspiré par diverses organisations terroristes sans pour autant avoir été "dirigé" par celles-ci.
"Il semble que le tireur ait été inspiré par diverses sources d'informations extrémistes sur l'internet", a déclaré M. Obama aprÚs une réunion dans le Bureau ovale avec notamment le directeur du FBI James Comey et le ministre de la Sécurité intérieure Jeh Johnson.
L'assaillant, employé dans une société de sécurité, a attaqué le Pulse dimanche vers 02H00 (06H00 GMT) avec un fusil d'assaut et une arme de poing.
AprÚs avoir abattu plusieurs personnes, ce musulman pratiquant s'est retranché dans les toilettes et a appelé les services d'urgence pour revendiquer son "allégeance" au groupe Etat islamique (EI) avant que les policiers ne donnent l'assaut.
Ce n'est que lundi que l'EI a revendiqué sur sa radio ce massacre qui a fait 49 morts et 53 blessés.
Il n'existe pas, à ce stade, de "preuves claires" laissant penser qu'il "était dirigé depuis l'extérieur" ou "qu'il faisait partie d'un complot plus vaste", a expliqué le président des Etats-Unis.
"Il a annoncé son allégeance à l'EI à la derniÚre minute mais il n'existe pas de preuve à ce stade qu'il ait été dirigé par eux", a-t-il martelé.
- Un habitué du Pulse -
Lundi, plusieurs mĂ©dias Ă©voquaient la piste de l'homosexualitĂ© cachĂ©e du tueur. Le quotidien Orlando Sentinel a citĂ© plusieurs tĂ©moins qui assurent que le jeune homme Ă©tait un habituĂ© de la discothĂšque. Il s'y serait mĂȘme fait remarquer Ă  plusieurs reprises par son agressivitĂ©, liĂ©e Ă  une consommation excessive d'alcool.
ParallÚlement, un client régulier de Pulse a assuré au Los Angeles Times que le tueur utilisait le réseau social gay Jack'd.
Autre tĂ©moignage troublant, celui d'un ancien Ă©lĂšve de sa promotion Ă  l'acadĂ©mie de police d'Indian River Community College, oĂč il a Ă©tudiĂ© en 2006, qui a assurĂ© au quotidien Palm Beach Post qu'Omar Mateen lui avait fait des avances.
Sa famille, qui lui reconnaßt bien des travers, jure que son acte n'était en rien lié à la religion, y voyant plutÎt des motifs homophobes. Son pÚre a ainsi raconté combien son fils avait été choqué que deux hommes puissent s'embrasser dans la rue à Miami devant sa femme et son enfant.
Evoquant un passé marqué par les violences conjugales, sa premiÚre femme ne l'avait jamais entendu soutenir le terrorisme.
Omar Mateen avait été suivi par le FBI, qui l'avait interrogé à trois reprises, en 2013 et 2014, pour "d'éventuels liens avec des terroristes".
Mais ces enquĂȘtes avaient Ă©tĂ© classĂ©es sans suite.
L'hypothÚse d'une piste homosexuelle, si elle prenait de l'ampleur, pourrait dégager le FBI de la position difficle dans laquelle il se trouve, pour avoir observé la radicalisation d'Omar Mateen sans prévenir un passage à l'acte.
Elle ne change rien, en revanche, au débat sur le contrÎle des armes à feu, que cet attentat à relancé.
"Si le FBI vous surveille pour liens terroristes prĂ©sumĂ©s, vous ne devriez pas ĂȘtre en mesure d'acheter une arme Ă  feu, un point c'est tout", s'est insurgĂ©e lundi la candidate dĂ©mocrate Ă  la Maison Blanche Hillary Clinton.
Lorsque Barack Obama se rendra jeudi à Orlando, il trouvera une ville meurtrie, qui connaßt depuis lundi soir, le nom des 49 morts, ùgées de 18 à 50 ans, avec de nombreux noms à consonance hispanique.
La plus jeune, Akyra Murray, ĂągĂ©e de 18 ans, Ă©tait Ă  Orlando pour fĂȘter son diplĂŽme de fin d'Ă©tudes secondaires, obtenu la semaine prĂ©cĂ©dente.
Lundi soir, plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées devant le Phillips Center, la principale salle de spectacle d'Orlando, pour un hommage aux clients du Pulse, morts pour avoir voulu passer une soirée dans une boßte de nuit gay.
Des dizaines de cĂ©rĂ©monies ont eu lieu dans tout le pays, notamment Ă  New York oĂč ils Ă©taient plusieurs milliers devant le Stonewall Inn, bar historique de la lutte pour les droits des homosexuels.

- © 2016 AFP
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