Une premiĂšre personnalitĂ© mondiale, le saxophoniste Manu Dibango, est dĂ©cĂ©dĂ©e mardi des suites du Covid-19, au moment oĂč la France entrait officiellement en Ă©tat d'urgence sanitaire pour deux mois.
La lĂ©gende de l'afro-jazz, auteur du tube planĂ©taire "Soul Makossa", est morte au petit matin dans un hĂŽpital de la rĂ©gion parisienne, Ă l'Ăąge de 86 ans. Sa page Facebook avait annoncĂ© son hospitalisation le 18 mars. Ce dĂ©cĂšs est survenu au moment oĂč le pays entrait en "Ă©tat d'urgence sanitaire", selon un dĂ©cret publiĂ© mardi au Journal officiel, sur le modĂšle de l'Ă©tat d'urgence activĂ© aprĂšs les attentats de novembre 2015.
Le Covid-19 a tué 186 nouveaux malades lundi, portant le nombre de victimes à 860 en France depuis le début de l'épidémie, et 2.082 patients étaient lundi soir en réanimation. Vingt résidents d'un Ehpad de Cornimont (Vosges) sont notamment morts "en lien possible avec le Covid-19", selon les autorités régionales. Face à cette aggravation de la situation, le Premier ministre Edouard Philippe a averti lundi que "le temps du confinement peut durer encore quelques semaines".
"Beaucoup de nos concitoyens aimeraient retrouver le temps d'avant, le temps normal, mais il n'est pas pour demain", a-t-il prévenu, en annonçant un durcissement des mesures de confinement. Ainsi, il ne sera plus possible d'aller faire du sport loin de son domicile et pendant le temps que l'on veut. "Sortir pour promener ses enfants ou faire du sport c'est dans un rayon de 1 km de chez soi, maximum pour une heure, tout seul et une fois par jour", a précisé le chef du gouvernement.
Les sanctions ont été durcies pour ceux ne respectant pas ces consignes. Les 135 euros d'amende forfaitaire doivent passer à 1.500 euros en cas de récidive "dans les 15 jours", et "quatre violations dans les trente jours" pourront valoir jusqu'à "3.700 euros d'amende et six mois de prison". Sur prÚs de 1,8 million de contrÎles, les forces de l'ordre ont relevé plus de 90.000 infractions pour non-respect des restrictions depuis leur mise en place mardi.
"Fantassins" de premiÚre ligne dans la guerre contre l'épidémie, deux nouveaux médecins, du Haut-Rhin et de Haute-SaÎne, sont décédés dimanche des suites d'une contamination au coronavirus, portant à cinq le nombre de praticiens morts du virus.
- Aider les médecins -
De nombreuses initiatives ont fleuri pour aider les mĂ©decins Ă faire face, comme les dons de masques de particuliers ou d'entreprises. Pas sĂ»r pourtant que cela suffise aux yeux du syndicat de gĂ©nĂ©ralistes MG France: la distribution des masques par les pharmacies est contingentĂ©e Ă 18 par semaine pour les mĂ©decins et infirmiers. "Pour tous ces soignants qui tombent malades, le coronavirus sera reconnu comme maladie professionnelle: il n'y aura aucun dĂ©bat lĂ -dessus", a annoncĂ© le ministre de la SantĂ©.Â
Il y a "quelques centaines" de soignants en Ile-de-France qui sont positifs" au Covid-19, a affirmĂ© le professeur Philippe Juvin, chef du service des urgences Ă l'hĂŽpital Georges-Pompidou de Paris. Quand arrivera le pic de l'Ă©pidĂ©mie qui risque de saturer le systĂšme de santĂ©? Si Philippe Juvin n'a "aucune visibilitĂ©", l'infectiologue et ancien chef de service Ă la PitiĂ©-SalpĂȘtriĂšre François Bricaire le prĂ©voit d'ici "une huitaine de jours".
Le confinement total est réclamé par le corps médical mais le président de la République s'y oppose, en jugeant nécessaire un contrÎle plus strict des mesures actuelles. Un nouvel avis du Conseil scientifique est attendu mardi.
- FĂȘtes religieuses sans rassemblement -
Emmanuel Macron, qui a rĂ©uni par audioconfĂ©rence les reprĂ©sentants des cultes, a dĂ©jĂ indiquĂ© que les fĂȘtes religieuses d'avril (PĂąques juive et chrĂ©tienne, dĂ©but du ramadan) devront se faire "sans rassemblement". Certains maires ont pris des mesures radicales. Dans la DrĂŽme, Valence est passĂ©e au couvre-feu depuis samedi soir, de 21H00 Ă 6H00, jusqu'au 31 mars. Au total, plus d'une trentaine de villes sont soumises au couvre-feu.
Du cĂŽtĂ© des traitements, un essai clinique europĂ©en a dĂ©marrĂ© dimanche dans au moins sept pays pour quatre traitements expĂ©rimentaux. Concernant la chloroquine, l'un de ces traitements testĂ©s qui fait polĂ©mique, elle pourra ĂȘtre administrĂ©e aux malades souffrant de "formes graves" du coronavirus, mais ne doit pas ĂȘtre utilisĂ©e pour des formes "moins sĂ©vĂšres", a statuĂ© lundi le Haut conseil de santĂ© publique, selon le ministre de la SantĂ©.
Le comitĂ© scientifique "exclut toute prescription" pour "des formes non sĂ©vĂšres" de la maladie, en l'absence de toute donnĂ©e probante. Un arrĂȘtĂ© encadrant le recours Ă ce traitement, miracle pour certains tandis que d'autres appellent Ă la prudence, sera pris "dans les prochaines heures", a-t-il prĂ©cisĂ©.
- Aider l'agriculture -
Sur le plan économique, des géants du CAC 40 comme Total ou Vinci ont prévenu qu'ils ne seraient pas en mesure de respecter leurs objectifs pour 2020.
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a indiqué mardi sur franceinfo que le recours au chÎmage partiel en France concernait déjà 730.000 salariés "aprÚs seulement quelques jours" de mise en place d'un dispositif élargi.
Le gouvernement a Ă©tabli une "liste" d'entreprises industrielles qui auront certainement besoin d'un soutien financier majeur de l'Etat, par exemple via une nationalisation, une solution validĂ©e par le prĂ©sident du Medef, Geoffroy Roux de BĂ©zieux. Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a lancĂ© "un appel Ă l'armĂ©e de l'ombre des hommes et des femmes" qui "n'ont plus d'activitĂ© (...) Ă rejoindre la grande armĂ©e de l'agriculture française", en quĂȘte de main-d'oeuvre. "Il faut produire pour nourrir les Français", a lancĂ© le ministre sur BFMTV.
AFP



