Cruel: le XV de France a frÎlé son premier succÚs contre l'Afrique du Sud depuis 2009 mais a dilapidé une avance de seize points pour finir par s'incliner sur un essai aprÚs la sirÚne, samedi au Stade de France (29-26) en ouverture des test-matches de novembre.
La victoire, la victoire et encore la victoire: les Bleus n'avaient que ce mot Ă la bouche cette semaine, eux qui ne l'ont connue qu'Ă deux reprises en 2018.
Ils devront attendre pour en retrouver le goût, battus au bout d'une fin de match à suspense par un essai de Bongi Mbonambi à la conclusion d'un groupé-pénétrant.
Ils menaient pourtant 23 à 9 à la 42e minute aprÚs le deuxiÚme essai, signé Mathieu Bastareaud. Mais, dans un premier temps, ils ont laissé immédiatement les Springboks revenir dans le match, encaissant sur le renvoi un essai "casquette", aprÚs un cafouillage de Sébastien Vahaamahina.
Ils n'ont ensuite quasiment pas vu le ballon. Handre Pollard a ramené son équipe à une longueur (61e, 23-22), avant que Baptiste Serin (66e, 26-22) ne mette les Bleus à l'abri d'une pénalité sud-africaine.
Seul un essai pouvait alors les priver d'un premier succÚs face à une nation de l'hémisphÚre Sud depuis 2016 (Argentine) et contre un des trois "grands" depuis 2104 (Australie).
Il est donc arrivé aprÚs une pénaltouche et une maladresse de Damian Penaud, sorti en touche ballon en main alors que la sirÚne allait retentir, mais le XV de France avait déjà frÎlé la correctionnelle quelques minutes plus tÎt, avec un essai refusé aux Sud-Africains pour un léger en-avant de passe. Et encore avant, seul un retour d'Arhur Iturria (69e) avait évité à Cheslin Kolbe de faire passer les Sprinbgoks devant...
Manque de maĂźtrise
La défaite, cruelle, semble donc finalement logique pour ces Bleus courageux et solidaires en défense mais qui ont manqué de jus et de maßtrise dans la derniÚre demi-heure. Comme souvent face aux nations du Sud.
Ils souhaitaient aborder sereinement la suite de leur série d'automne et les rendez-vous face à l'Argentine, samedi prochain à Lille, et aux Fidji (24 novembre au Stade de France)? Ils se préparent au contraire à affronter les Pumas dans l'obligation d'aller chercher une victoire qu'ils n'ont goûtée qu'à deux reprises (en neuf matches) en 2018, la premiÚre année de Jacques Brunel au poste de sélectionneur.
Ils ont mĂȘme encaissĂ© leur cinquiĂšme dĂ©faite d'affilĂ©e (une dans le Tournoi, trois en Nouvelle-ZĂ©lande en juin) pour entamer une longue saison qui les mĂšnera Ă la Coupe du monde 2019 au Japon.
Ils étaient pourtant bien partis, étouffant d'entrée de match les Springboks, présents en défense et dans le jeu au sol (deux ballons "grattés" dans le premier quart d'heure), pour mener rapidement 6 à 0 par la botte de Baptiste Serin (7e et 10e, 6-0). Avec un plan de jeu simple, qui a fait la part belle au jeu au pied de pression et d'occupation, orchestré par Camille Lopez, de retour à l'ouverture aprÚs un an et demi d'absence.
Défaut de réalisme
Lopez, justement, a inscrit un drop qui a permis au XV de France d'égaliser (34e, 9-9) mais il aussi gùché une immense occasion d'essai en tapant à suivre à cinq mÚtres de l'en-but springbok au lieu de servir Mathieu Bastareaud (18e).
Teddy Thomas, n'a pas non plus levĂ© la tĂȘte et pour voir deux partenaires complĂštement dĂ©marquĂ©s Ă l'entrĂ©e des 22 mĂštres sud-africains aprĂšs un slalom de quarante mĂštres. Heureusement sans consĂ©quence: dans la foulĂ©e, Guilhem Guirado s'est extrait d'un groupĂ©-pĂ©nĂ©trant pour inscrire le premier essai (37e, 16-9).
Deux minutes aprÚs la pause, Bastareaud a donc récidivé pour l'essai qui semblait lancer les Bleus, dans un Stade de France dégarni (45.000 personnes environ) mais prompt à s'enflammer, vers une victoire capitale et fondatrice. Celle-ci attendra.
AFP

