Universités

Les blocages se poursuivent, des profs montent au créneau

  • PubliĂ© le 10 avril 2018 Ă  14:57
  • ActualisĂ© le 10 avril 2018 Ă  15:09
Des étudiants bloquant un bùtiment de l'université de Strasbourg pour protester contre la réforme de l'accÚs à l'enseignement supérieur le 10 avril 2018

Plusieurs universités restaient bloquées mardi et des manifestations étaient prévues contre la loi sur les nouvelles modalités d'accÚs à l'enseignement supérieur, un mouvement qui a reçu le soutien de centaines de profs dénonçant la mise en place d'"une sélection hypocrite".


Une manifestation à Paris à l'appel d'une intersyndicale devait partir à la mi-journée de la Sorbonne vers la fac de Jussieu, pour protester contre la loi promulguée le 8 mars qui demande pour la premiÚre fois aux universités de classer les candidatures des bacheliers. Une manifestation est aussi prévue à Lille en début d'aprÚs-midi.
Trois universités sont toujours entiÚrement bloquées depuis plusieurs jours, voire des semaines: Paul-Valéry à Montpellier depuis mi-février, Jean-JaurÚs à Toulouse depuis début mars, et Paris-8 en région parisienne, plus récemment.
Ailleurs, la situation est plus mouvante, avec de nouveaux blocages ou des occupations levées chaque jour. Mardi à la mi-journée, le ministÚre de l'Enseignement supérieur chiffrait à "moins de dix" les sites universitaires perturbés sur les 400 que compte le territoire.
À Strasbourg par exemple, deux nouveaux bĂątiments universitaires ont Ă©tĂ© bloquĂ©s par une cinquantaine d'Ă©tudiants mardi, portant Ă  trois le nombre de sites fermĂ©s administrativement depuis le dĂ©but du blocage la veille. Les examens prĂ©vus mardi ont Ă©tĂ© reportĂ©s jusqu'Ă  nouvel ordre.
Le président de l'université, Michel Deneken, a néanmoins assuré sur France Bleu Alsace que tout serait "mis en ?uvre, y compris des surcoûts, pour que les étudiants passent leurs examens".
Par ailleurs, un des deux campus de Rennes-2 est bloqué depuis lundi; le site de Censier (Paris-3) est fermé mardi; à l'Université Grenoble Alpes, plusieurs bùtiments sont bloqués; les cours ne sont pas assurés sur les sites de La Victoire à Bordeaux...

- "En grĂšve" -

Des enseignants se sont publiquement associés au mouvement de protestation. Dans une tribune publiée mardi sur le site franceinfo.fr, plus de 400 professeurs ont dénoncé la "sélection hypocrite" de la réforme de l'accÚs à l'université, affirmant leur volonté d'"élever le niveau de ceux qui ne l'ont pas".
"On nous demande de classer les candidatures de sorte qu'un couperet tombera une fois les capacités d'accueil des filiÚres saturées", déplorent ces profs.
Nanterre, fac emblĂ©matique de rĂ©gion parisienne d'oĂč Ă©tait partie la contestation en Mai 68, a rouvert mardi, au lendemain de l'intervention musclĂ©e de CRS dans un bĂątiment occupĂ© par des personnes qui n'Ă©taient pas des Ă©tudiants, selon la direction. Parmi les sept personnes interpellĂ©es, six n'ont pas encore Ă©tĂ© entendus tandis qu'un seul a Ă©tĂ© relĂąchĂ©.
"J'ai été traßné. On voulait le dialogue et on a été sorti de force", a déploré mardi un doctorant en philo auprÚs de l'AFP.
Les syndicats Sud Ă©ducation, le Snesup et l'Unef ont condamnĂ© l'intervention de la police. Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux l'a justifiĂ©e, affirmant qu'"une infime minoritĂ©, souvent de personnes qui sont extĂ©rieures Ă  l'universitĂ©, n'empĂȘcheront pas la tenue des cours".
La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, avait de son cÎté assuré lundi que 2018 ne serait pas "une année perdue".
A Montpellier, à l'université Paul Valéry, plus de 800 examens dématérialisés concernant quelque 15.000 étudiants seront organisés d'ici le 20 avril, a indiqué son président, Patrick Gilli à l'AFP.
A Lille, sur le campus de sciences juridiques politiques et sociales de Moulins, les étudiants convoqués pour leurs examens entraient en début de matinée dans le calme.
Corentin, étudiant en L2 en sciences politiques compte écrire "en grÚve" sur sa copie.
"L'enjeu c'est quand mĂȘme l'annĂ©e", estime pour sa part Diane (prĂ©nom modifiĂ©), dans la mĂȘme licence. "Ça va dĂ©pendre de ce qui se passe. La prof, qui est en grĂšve, va venir faire une intervention avant. Si elle nous dit Nne faites pas+ l'Ă©preuve, on ne la fera pas."


- © 2018 AFP

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