Décédé le 15 septembre

Les Colombiens rendent un dernier hommage Ă  Fernando Botero

  • PubliĂ© le 23 septembre 2023 Ă  03:18
  • ActualisĂ© le 23 septembre 2023 Ă  06:07
Le cercueil du peintre et sculpteur Fernando Botero lors d'un hommage au parlement, le 22 septembre 2023 Ă  Bogota, en Colombie

Des centaines de Colombiens ont commencé vendredi à rendre un dernier hommage à l'artiste Fernando Botero, décédé le 15 septembre, défilant devant sa dépouille à Bogota, coup d'envoi d'une semaine de cérémonies commémoratives dans son pays natal.

ArrivĂ© jeudi soir depuis Monaco, oĂč le peintre et sculpteur est dĂ©cĂ©dĂ© d'une pneumonie Ă  l'Ăąge de 91 ans, le cercueil recouvert du drapeau tricolore colombien est exposĂ© dans une chapelle ardente ouverte au public au siĂšge du Parlement.

Une premiÚre cérémonie entamée au son d'une chorale accompagnée d'un orchestre et décorée de dizaines de compositions florales a d'abord été rendue devant députés, sénateurs, et membres de la famille.

"Nous sommes bouleversés, émus et profondément reconnaissants pour les témoignages d'affection, de reconnaissance et de gratitude à l'égard de mon pÚre (...)", a déclaré sa fille Lina Botero.

"Ramener mon pÚre une derniÚre fois dans sa patrie, pour que les Colombiens puissent lui dire adieu, était l'un de nos plus grands souhaits", a-t-elle ajouté.

- "ArrĂȘter le monde" -

Le prĂ©sident du SĂ©nat, Ivan Name, a fait l'Ă©loge de ce "Colombien universel". Botero "a arrĂȘtĂ© le monde pendant un moment (...) il l'a fait avec un pinceau et avec ses mains, lorsqu'il a rĂ©ussi Ă  peindre un monde diffĂ©rent. Un monde qui reflĂ©tait la rĂ©alitĂ© de son pays, mais qui contenait aussi les clĂ©s secrĂštes de l'esprit humain", a-t-il dit.

Une longue file d'anonymes étirée depuis le début de l'aprÚs-midi s'est ensuite inclinée devant le cercueil de l'artiste colombien le plus célÚbre au monde.

Mercedes Rojas, une bactĂ©riologiste Ă  la retraite, dit qu'elle gardera de Botero "sa reprĂ©sentation de la vie quotidienne en Colombie (...) de la famille, d'une journĂ©e Ă  la campagne, de la femme, du prĂȘtre, du peuple".

Santiago Soto, un acteur et peintre de 56 ans, attendait lui aussi son tour. "La mort n'existe pas, ce qui existe c'est l'oubli", dit-il Ă  l'AFP. Pour lui, Botero "est immortel, son Ɠuvre et son nom sont dĂ©jĂ  inscrits en lettres d'or de la mĂȘme taille que Picasso et Van Gogh".

Le corps de l'artiste, cĂ©lĂšbre pour ses personnages aux formes voluptueuses, restera jusqu'Ă  dimanche accessible aux hommages du public, au cƓur du centre historique de Bogota.

Lundi, la dĂ©pouille sera transfĂ©rĂ©e Ă  Medellin (nord-ouest), sa ville natale, oĂč plusieurs Ă©vĂ©nements seront organisĂ©s avant la crĂ©mation du corps.

Ses cendres seront ensuite rapportĂ©es en Europe, dans le cimetiĂšre du petit village italien de Pietrasanta oĂč il vivait, pour ĂȘtre dĂ©posĂ©es au cĂŽtĂ© de son Ă©pouse, l'artiste grecque Sophia Vari, dĂ©cĂ©dĂ©e en mai.

Fernando Botero, dont les oeuvres ont Ă©tĂ© adjugĂ©es aux enchĂšres pour des sommes allant jusqu'Ă  4,3 millions de dollars, a aussi Ă©tĂ© un grand mĂ©cĂšne, avec des donations estimĂ©es Ă  plus de 200 millions de dollars. Il a offert aux musĂ©es de Medellin et de Bogota nombre de ses Ɠuvres et des dizaines de tableaux de sa collection privĂ©e, dont des Picasso, Monet, Renoir, Miro...

Ses nombreuses sculptures sont aussi visibles en plein air dans de nombreuses villes du monde, l'artiste estimant que les expositions dans les espaces publics sont un "rapprochement révolutionnaire" de l'art avec le public.

AFP

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