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Les Etats-Unis durcissent les normes anti-pollution Ă  l'ozone

  • PubliĂ© le 2 octobre 2015 Ă  01:44
Une vue de Los Angeles sous le "smog", le 31 mai 2015

L'administration du président Barack Obama a annoncé jeudi un durcissement des normes d'émissions d'ozone, un polluant responsable de maladies respiratoires affectant des millions d'Américains.


L'Agence de protection de l'environnement (EPA) a ainsi finalisé les nouvelles normes proposées en novembre dernier qui ramÚnent la limite de ces émissions polluantes, aussi appelées "smog", à 70 parties par milliard (ppm) contre 75 ppm jusqu'à présent, soit une réduction d'environ 7%.
Cette finalisation intervient aprÚs une période de consultation de 90 jours des diverses parties prenantes.
"Dit simplement, la pollution à l'ozone signifie qu'il est plus difficile de respirer pour la population la plus vulnérable de notre société à savoir les enfants, les personnes ùgées et ceux souffrant de maladies cardiaques et pulmonaires", a déclaré la patronne de l'EPA, Gina McCarthy.
"Cette décision est l'une des mesures les plus importantes que nous pouvons prendre pour améliorer la santé publique, réduire les coûts de la maladie et protéger la santé des enfants", a-t-elle ajouté dans un communiqué.
L'EPA précise que 23 millions d'adultes aux Etats-Unis et six millions d'enfants sont asthmatiques et que cette pollution à l'ozone peut l'aggraver.
L'Agence a indiqué avoir examiné prÚs de 2.300 études pour cette révision des normes, dont plus d'un millier publiées depuis la précédente révision en 2008.
Selon les scientifiques consultĂ©s par l'EPA, une exposition Ă  des niveaux d'ozone mĂȘme infĂ©rieurs Ă  75 ppm est nĂ©faste pour le systĂšme respiratoire.
Les nouvelles normes devraient se traduire par un gain de 2,9 à 5,9 milliards de dollars annuellement d'ici 2025, surpassant le coût annuel de 1,4 milliard pour les industries, souligne l'EPA.
L'ozone se forme dans la basse atmosphÚre sous l'effet du rayonnement solaire qui provoque une transformation photochimique des oxydes d'azote, du monoxyde de carbone et des composés organiques volatiles émis par les échappements des véhicules, des industries, des centrales au charbon et de certains solvants et peintures.
La loi américaine sur la propreté de l'air accorde une souplesse aux Etats pour l'application de ces nouvelles normes d'émissions d'ozone selon la gravité de leur problÚme de pollution. Certaines de ces régions pourraient avoir plusieurs années (d'ici 2020 à 2037) pour s'y conformer.
La décision de l'EPA a été critiquée à la fois par les groupes de protection de l'environnement et de médecins, qui la juge trop timide, et par les défenseurs des industries pour qui elle est économiquement trÚs onéreuse.
La nouvelle limite "est la plus faible de celles recommandĂ©es par ses conseillers scientifiques", dĂ©plore l'Union of concerned scientists soulignant que cette limite "pourrait ne pas ĂȘtre suffisamment stricte (...) pour protĂ©ger la santĂ© publique".
Le Natural resources defense council affirme lui que les scientifiques de l'EPA avaient unanimement recommandé des normes inférieures à 70 ppm, jusqu'à 60 ppm.
MĂȘme reproche de l'American Thoracic Society qui affirme que la communautĂ© mĂ©dicale soutient depuis 2007 une limite de 60 ppm des Ă©missions d'ozone.
Résumant le sentiment des industriels, le président républicain de la commission de la Science de la Chambre des représentants, Lamar Smith a fustigé la "régulation la plus coûteuse imposée aux Américains qui entraßnera des millions de pertes d'emplois".
"Protéger la santé publique et promouvoir la croissance économique ne sont pas des objectifs mutuellement exclusifs", a-t-il ajouté.


Par Antoine FROIDEFOND - © 2015 AFP
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