Moins d'impÎts collectés

Les Etats-Unis font un pas de plus vers un défaut sur leur dette

  • PubliĂ© le 2 mai 2023 Ă  06:33
  • ActualisĂ© le 2 mai 2023 Ă  07:21
La secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen, le 20 avril à Washington

Les Etats-Unis se sont rapprochĂ©s un peu plus d'un potentiel dĂ©faut sur leur dette publique aprĂšs avoir rĂ©coltĂ© moins d'impĂŽts que prĂ©vu, s'avançant ainsi vers le moment oĂč le pays ne pourra plus faire face Ă  toutes ses obligations, a averti lundi la secrĂ©taire amĂ©ricaine au TrĂ©sor Janet Yellen.

Dans un courrier adressĂ© au prĂ©sident rĂ©publicain de la Chambre des reprĂ©sentants, Kevin McCarthy, et rendu public par le TrĂ©sor, Mme Yellen a en effet estimĂ© que le mur de la dette pourrait ĂȘtre atteint "dĂšs le 1er juin".

"Notre meilleure estimation est que nous ne serons plus en mesure de satisfaire à l'ensemble des obligations du gouvernement début juin, et potentiellement dÚs le 1er juin", a-t-elle écrit au dirigeant républicain.

Cela ne signifie pas un défaut dÚs le mois prochain mais les Etats-Unis, qui jusqu'ici avaient pu éviter de fermer des services en jouant sur les différentes lignes comptables, se retrouveraient cette fois dans une situation économique nettement plus précaire.

ConcrÚtement, le Trésor serait dans l'obligation de choisir entre ses différentes dépenses contraintes, ce qui pourrait l'obliger à fortement limiter certaines, notamment celles relatives aux prestations de santé ou de retraite, afin de pouvoir continuer à remplir ses obligations relatives à ses prochaines échéances liées à sa dette.

"Il est impossible de prévoir avec certitude la date exacte à laquelle le Trésor ne sera plus en mesure de payer les factures du gouvernement et je continuerai à en tenir le CongrÚs informé dans les semaines à venir, à mesure que les informations seront disponibles", a ajouté Mme Yellen.

Dans un communiquĂ©, le service du budget du CongrĂšs (CBO) a confirmĂ© les estimations du TrĂ©sor, jugeant que "dans la mesure oĂč la campagne de dĂ©clarations sur le revenu a Ă©tĂ© plus faible qu'initialement anticipĂ©, nous estimons dĂ©sormais qu'il y a un risque significativement plus Ă©levĂ© que le TrĂ©sor ne dispose plus des fonds nĂ©cessaires dĂšs dĂ©but juin".

Le CongrÚs américain doit réguliÚrement voter afin de relever le plafond d'endettement de l'Etat fédéral, une procédure réalisée à 78 reprises depuis le début des années 1960, le plus souvent sans débat particulier.

- Course contre la montre -

Mais cette annĂ©e, les rĂ©publicains, qui disposent depuis dĂ©but 2022 d'une lĂ©gĂšre majoritĂ© Ă  la Chambre, refusent d'accorder ce qu'ils estiment ĂȘtre un chĂšque en blanc en faveur de l'administration Biden et veulent au contraire qu'une hausse de ce plafond soit couplĂ©e Ă  une coupe drastique des dĂ©penses fĂ©dĂ©rales.

Or le gouvernement fédéral a atteint son plafond, de 31.000 milliards de dollars, mi-janvier, obligeant le Trésor à prendre une premiÚre série de mesures, avant tout comptables, afin de rester au niveau atteint.

Du cĂŽtĂ© de la Maison Blanche, Joe Biden a rĂ©pĂ©tĂ© Ă  plusieurs reprises que le relĂšvement du plafond devait ĂȘtre rĂ©alisĂ© sans condition, estimant que la dette Ă©tait le rĂ©sultat des politiques menĂ©es par le passĂ© par l'ensemble des administrations, issus des deux partis.

Dans un communiqué, la présidence a annoncé que M. Biden a appelé lundi Kevin McCarthy afin de le convier à une réunion le mardi 9 mai, en présence des principaux responsables démocrates et républicains du CongrÚs.

Mercredi dernier, la Chambre des reprĂ©sentants a votĂ© un texte proposĂ© par M. McCarthy prĂ©voyant une baisse de 4.500 milliards de dollars des dĂ©penses fĂ©dĂ©rales sur les dix prochaines annĂ©es en Ă©change d'une hausse du plafond de 1.500 milliards, ou une clause de revoyure au 31 mars 2024, ce qui ferait dĂšs lors de la dette l'un des principaux thĂšmes de la campagne prĂ©sidentielle en vue des Ă©lections de novembre de la mĂȘme annĂ©e.

"AprĂšs trois mois d'inaction de la part de l'administration Biden, la Chambre a agit, et un texte qui mettrait fin au risque de dĂ©faut attend que le SĂ©nat ne s'en saisisse Ă  l'heure oĂč nous parlons", a dĂ©clarĂ© lundi dans un communiquĂ© Kevin McCarthy. "Le SĂ©nat et le prĂ©sident doivent se mettre au travail, et vite".

Mais le texte ne devrait vraisemblablement pas ĂȘtre votĂ© par le SĂ©nat, contrĂŽlĂ© par les dĂ©mocrates Ă  une lĂ©gĂšre majoritĂ©.

"Il est temps de mettre de cĂŽtĂ© les intĂ©rĂȘts partisans et de faire ce qui est juste et nĂ©cessaire pour le peuple amĂ©ricain et Ă©viter le premier dĂ©faut du gouvernement qui ferait s'Ă©crouler les marchĂ©s, augmenter les coĂ»ts pour les familles et remettre en question leurs Ă©conomies pour la retraite", ont estimĂ© lundi dans un communiquĂ© commun les responsables dĂ©mocrates au CongrĂšs Chuck Schumer (SĂ©nat) et Hakeem Jeffries (Chambre).

Les deux partis doivent cependant parvenir à un accord rapidement: la session parlementaire actuelle ne prévoit que 12 jours de débat au Capitole d'ici au 1er juin prochain.

Un défaut "provoquerait une catastrophe économique et financiÚre", avait alerté le 25 avril Mme Yellen.

AFP

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