Les Etats-Unis ont averti mercredi l'Iran qu'il serait "bien avisé" de conclure un accord, estimant qu'il y avait "de nombreuses raisons" de le frapper, au lendemain de pourparlers auxquels les deux pays ont annoncé vouloir donner suite.
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a lancé cette nouvelle mise en garde aprÚs que l'Iran a dit mercredi "élaborer un cadre" pour faire avancer ses tractations avec les Etats-Unis.
Donald Trump a pour sa part averti Londres de ne pas "céder" une base militaire dans l'océan Indien, affirmant qu'elle serait vitale en cas d'attaque contre l'Iran, si Téhéran "décidait de ne pas conclure d'accord".
Les deux pays ennemis ont achevé mardi prÚs de GenÚve une deuxiÚme session de pourparlers indirects, via une médiation omanaise, dans un contexte d'intensification du déploiement militaire américain dans le Golfe.
A l'issue de cette sĂ©ance, TĂ©hĂ©ran et Washington ont indiquĂ© qu'ils allaient poursuivre les discussions - gelĂ©es en juin par la guerre de 12 jours dĂ©clenchĂ©e par une attaque israĂ©lienne en Iran - mais ont soulignĂ© ĂȘtre loin d'avoir rapprochĂ© leurs positions.
"Il existe de nombreuses raisons et arguments en faveur d'une frappe contre l'Iran", a déclaré mercredi Mme Leavitt, ajoutant que "l'Iran serait bien avisé de conclure un accord avec le président Trump".
Les Etats-Unis empĂȘcheront l'Iran de se doter de l'arme nuclĂ©aire "d'une maniĂšre ou d'une autre", avait plus tĂŽt mis en garde le secrĂ©taire amĂ©ricain Ă l'Energie, Chris Wright.
- "Cadre préliminaire" -
Washington a dĂ©pĂȘchĂ© deux porte-avions dans le Golfe et dispose aussi de dizaines de milliers de soldats dans des bases Ă travers la rĂ©gion, certaines potentiellement vulnĂ©rables en cas de contre-attaque iranienne.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi a indiqué que son pays travaillait à "l'élaboration d'un cadre préliminaire" pour la suite des pourparlers, lors d'un appel avec le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafaël Grossi.
Selon son ministĂšre, M. Grossi a soulignĂ© que l'AIEA, chargĂ©e de vĂ©rifier le caractĂšre pacifique du programme nuclĂ©aire iranien, "Ă©tait prĂȘte Ă apporter son soutien" en ce sens.
L'ambassadeur iranien auprÚs des organisations internationales à Vienne, Reza Najafi, s'est aussi entretenu mercredi avec M. Grossi, ainsi qu'avec les ambassadeurs de Chine et de Russie, en amont de la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs de l'AIEA.
L'Iran avait suspendu sa coopération avec l'agence et restreint l'accÚs de ses inspecteurs aux installations touchées aprÚs la guerre de 12 jours, au cours de laquelle les Etats-Unis avaient bombardé des sites nucléaires iraniens.
- "Imposer leur volonté" -
A l'issue des pourparlers mardi, le vice-président américain JD Vance avait estimé que "d'un cÎté, cela s'est bien passé" puisque le dialogue est appelé à se poursuivre.
Mais "d'un autre cĂŽtĂ©, il Ă©tait trĂšs clair que le prĂ©sident avait Ă©tabli certaines lignes rouges que les Iraniens ne sont pas encore prĂȘts Ă reconnaĂźtre", avait-il commentĂ©.
L'Iran, qui dément chercher à se doter de l'arme nucléaire comme l'en accusent les pays occidentaux et Israël, veut limiter les pourparlers à son programme nucléaire et exige pour un accord la levée des sanctions qui étranglent son économie.
Pour Washington, un rÚglement doit aussi inclure son programme de missiles balistiques et son soutien aux groupes armés dans la région hostiles à Israël.
Donald Trump a, Ă plusieurs reprises, menacĂ© d'intervenir militairement contre l'Iran, d'abord en rĂ©action Ă la rĂ©pression meurtriĂšre dĂ©but janvier d'une vague de contestation, puis pour arracher un accord, Ă©voquant mĂȘme en cas d'Ă©chec un renversement du pouvoir.
"Nous ne voulons pas la guerre (...) Mais s'ils veulent essayer de nous imposer leur volontĂ© (...) d'exiger que nous courbions la tĂȘte Ă tout prix, devrions-nous l'accepter?", a lancĂ© mercredi le prĂ©sident iranien, Massoud Pezeshkian, lors d'un discours dans l'ouest du pays.
L'Iran a lui aussi multiplié les menaces de riposte en cas d'attaque, dont une fermeture du détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole.
Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, y mÚnent cette semaine des manoeuvres militaires.
AFP




