Coronavirus

Les Français acceptent tant bien que mal leur confinement

  • PubliĂ© le 18 mars 2020 Ă  02:29
  • ActualisĂ© le 18 mars 2020 Ă  05:43
Le long d'un quai de Seine en face de Notre-Dame Ă   Paris, le 17 mars 2020

Places et avenues vides, quartiers touristiques et monuments déserts: Paris comme le reste de la France a massivement obéi mardi midi au gouvernement qui a ordonné aux Français "Restez chez vous!" pour lutter contre la propagation du coronavirus.

La matinée a pourtant été animée dans la plupart des grandes villes, avec de longues files d'attente devant les supermarchés vite dévalisés ou les pharmacies. Un dernier souffle de liberté avant le couperet tombé à midi (11H00 GMT): la circulation des personnes est désormais restreinte aux trajets nécessaires, c'est-à-dire les courses, les soins, une activité physique ou le travail.

"Le repas de famille, les dĂźners entre amis, le match de foot avec quelques amis, les retrouvailles pour une partie de cartes. (...) Ça n'est pas seulement dĂ©conseillĂ©, c'est interdit", a dĂ©taillĂ© le ministre de l'IntĂ©rieur Christophe Castaner.

Quelque 100.000 policiers et gendarmes sont déployés pour faire respecter ces rÚgles sur le territoire et les contrevenants seront "sanctionnés" d'une amende qui sera portée à 135 euros rapidement. Seule une attestation justifiant tel ou tel déplacement permettra d'y échapper. "Je suis respectueuse de ce qu'on me demande", explique Véronique Martin, sortie s'aérer en pédalant un peu dans Paris et munie du document. "Si grùce à ça, on peut aller plus vite pour faire taire le virus, ça m'irait trÚs bien", ajoute t-elle, alors qu'elle est contrÎlée par des policiers.

Ces derniers ont pour consigne de faire de la pĂ©dagogie mardi avant de sanctionner le lendemain. Egalement sortie faire un peu d'exercice, HĂ©lĂšne, elle, se prĂ©pare mentalement Ă  un confinement "de 30 ou 40 jours" au lieu des 15 annoncĂ©s, et tente d'y faire face avec des habitudes saines. "C'est comme ça, mĂȘme si je n'ai pas tellement peur pour moi, il faut le faire, il n'y a pas de dĂ©bat", se rĂ©signe la trentenaire.

Finalement, rares sont les récalcitrants et la plupart des quartiers touristiques se sont vidés, à l'image de Pigalle dans le Nord de la capitale ou Montmartre.
Sur les Champs-ÉlysĂ©es, Christian et Luciana, deux touristes brĂ©siliens se font rabrouer par un policier: "Go to your hotel !" leur dit-il alors qu'ils tentent de dĂ©guster un sandwich sur un banc, sans savoir que les monuments parisiens ont fermĂ©.

Le constat est le mĂȘme dans les villes de province. Dans le coeur historique de Bordeaux (Sud-Ouest), les rares voitures qui circulent dans l'aprĂšs midi justifient leur prĂ©sence. "Je suis en retard", assure un artisan vitrier, "je rentre chez moi", dit un autre automobiliste qui "est allĂ© emmener quelqu'un Ă  l'aĂ©roport".

- "Intenable" -

La province a subitement connu un accÚs de popularité dÚs lundi soir, lorsque de nombreux Parisiens ont quitté la capitale, anticipant des mesures plus drastiques pour aller vivre ce confinement à la campagne.

VĂ©hicules chargĂ©s Ă  bloc, queues aux stations-service: dans une ambiance d'exode, les bouchons Ă  la sortie de la capitale Ă©taient dignes d'un dĂ©part en vacances. "Être confinĂ©s Ă  deux dans 24mÂČ sans avoir accĂšs Ă  la nature ou aux parcs, c'est intenable", dit Ă  l'AFP Marie Bournazel, une consultante en management qui a pris lundi soir le dernier train Paris-Bordeaux pour se rendre avec son mari chez sa mĂšre. "On a pris Ă©normĂ©ment de bagages, car on s'attend Ă  devoir rester quinze jours, trois semaines... peut-ĂȘtre plus", craint-elle.

Justine Daragon, coach et consultante en bilan de compétences, a également quitté la capitale pour rejoindre sa famille en Normandie, "agacée notamment par le manque de civisme des Parisiens".

La frĂ©quence des trains en France a depuis Ă©tĂ© rĂ©duite pour Ă©viter que le virus ne circule davantage. Pour faire comme leurs voisins italiens qui chantent depuis leur balcon pour conjurer le virus, quelques Parisiens se sont mis Ă  leur fenĂȘtre mardi soir Ă  20H00 GMT pour applaudir, chanter, et soutenir les personnels soignants.

AFP

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