Les gouffres géants d'Oman attirent de plus en plus de visiteurs

  • PubliĂ© le 10 aoĂ»t 2025 Ă  11:59
  • ActualisĂ© le 10 aoĂ»t 2025 Ă  13:50
Vue aérienne du gouffre de Sheeheet, prÚs de la localité de Taqah, dans le sud du sultanat d'Oman, le 25 juillet 2025

Noyé dans le brouillard des montagnes verdoyantes du sud d'Oman, un gouffre gigantesque creuse une brÚche dans le paysage: de ses profondeurs s'échappent des sons mystérieux qui ont nourri mythes et légendes parmi les tribus locales.

Cet impressionnant effondrement de terrain est l'un des quatre gouffres qui perforent le gouvernorat du Dhofar, parmi lesquels Kahf Teiq, profond de 211 mÚtres et large de 150 mÚtres, considéré comme l'un des plus grands au monde.

Au gouffre de Tawi Ataïr, les touristes déambulent volontiers sur des sentiers et escaliers en béton. Mais toutes ces cavités ne sont pas aussi accueillantes.

Situé à 40 minutes de route en montagne, le gouffre de Sheeheet est entouré d'une boue glissante, ce qui a poussé les autorités à ériger une clÎture et à installer des panneaux d'avertissement.

Lors de la visite de l'AFP, un touriste a glissé alors qu'il se trouvait à quelques pas du bord. Le gouverneur du Dhofar, Marwan ben Turki Al-Saïd, a assuré lors d'un point presse en présence de l'AFP que la sécurité sur ces sites restait une priorité.

Tawi Ataïr signifie "Puits des oiseaux" dans la langue locale des habitants du Dhofar, une référence aux gazouillis amplifiés et déformés par l'écho des parois rocheuses.

- Un refuge naturel -

Selon des habitants de la rĂ©gion, toute une faune a Ă©lu domicile dans ce gouffre oĂč l'eau circule en profondeur: oiseaux et reptiles y cohabitent avec des porcs-Ă©pics et des babouins.

Le site a gagné en popularité aprÚs 1997, lorsqu'une équipe de chercheurs slovÚnes, en collaboration avec l'université Sultan Qabous d'Oman, l'a révélé à l'international.

Désormais, ces gouffres sont promus comme une attraction touristique dans le Dhofar, dont le climat doux attire les visiteurs du Golfe pendant les étés torrides.
Les lĂ©gendes locales racontent qu'ils seraient le rĂ©sultat d'impacts de mĂ©tĂ©orites — des frappes venues de l'espace qui auraient creusĂ© ces cratĂšres colossaux.

Mais pour Ali Faraj Al-Kathiri, géologue basé dans le Dhofar, l'explication est plus terre-à-terre: l'eau qui s'infiltre dans le calcaire poreux forme un acide qui le dissout lentement, creusant ces cavités sur plusieurs milliers d'années.

Les gouffres d'Oman ne doivent pas ĂȘtre confondus avec le "Puits de l'enfer": le puits noir et malodorant de Barhout, situĂ© de l'autre cĂŽtĂ© de la frontiĂšre au YĂ©men, et rĂ©putĂ© abriter des dĂ©mons.

Longtemps en marge des grands circuits touristiques, Oman attire dĂ©sormais un public croissant en quĂȘte de nature prĂ©servĂ©e et d'authenticitĂ©. Le pays a accueilli prĂšs de 4 millions de touristes en 2024, et le gouvernement vise Ă  tripler ce chiffre d'ici 2040 en misant sur un tourisme durable.

AFP

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