QuatriĂšme jour de mobilisation

Les Libanais affluent pour une nouvelle mobilisation contre le pouvoir

  • PubliĂ© le 20 octobre 2019 Ă  12:46
  • ActualisĂ© le 20 octobre 2019 Ă  15:47
Des manifestants brandissent des drapeaux libanais lors d'un rassemblement contre le pouvoir, Ă  SaĂŻda, dans le sud du Liban, le 19 octobre 2019

Hommes, femmes et enfants ont convergé en grand nombre dimanche vers le centre de Beyrouth, au quatriÚme jour d'un mouvement de contestation sans précédent au Liban qui réclame le départ de la classe politique accusée de corruption et de népotisme.

Le mouvement qui a gagné de nombreuses villes du pays a été déclenché de maniÚre spontanée jeudi par l'annonce d'une taxe sur les appels effectués via WhatsApp dans un pays à l?économie exsangue. Une décision annulée aussitÎt sous la pression de la rue.

Mais les manifestations n'ont pas cessé depuis, jour et nuit.

Et tard samedi soir, le parti chrétien des Forces Libanaises, allié du Premier ministre Saad Hariri, a annoncé la démission de ses quatre ministres, car selon lui le "gouvernement n'est pas en mesure de prendre les mesures nécessaires pour sauver la situation".

AprÚs une longue nuit de manifestations ayant rassemblé dans une ambiance festive des dizaines de milliers de personnes dans plusieurs régions du pays, les Libanais ont commencé à se rassembler de nouveau dimanche, selon des correspondants de l'AFP sur place.

Des volontaires nettoient les rues, munis de grands sacs bleus. Des éboueurs balaient et redressent des bennes renversées.

Samedi, des manifestants ont de nouveau incendiĂ© des pneus et bloquĂ© des routes mais il n'y a pas eu de heurts avec les forces de sĂ©curitĂ©. Vendredi des devantures de magasins et de banques avaient Ă©tĂ© saccagĂ©es et des dizaines de personnes arrĂȘtĂ©es puis relĂąchĂ©es.

De Tripoli et Akkar, dans le nord, à Baalbeck dans l'est en passant par de nombreuses localités cÎtiÚres et jusqu'à Tyr et Saïda dans le Sud, les manifestations ont gagné de l'ampleur.

Arborant des drapeaux libanais, les manifestants ont défilé aux cris de "Révolution, révolution" ou "le peuple veut la chute du régime", slogans phares du Printemps arabe. Nombreux parmi eux ont chanté et dansé.

A Tripoli, une ville pourtant conservatrice, la foule massée place al-Nour a dansé au rythme d'une musique animée par un DJ et diffusée via haut-parleurs.
Fait aussi rare que marquant, le mouvement de contestation a gagné des fiefs des puissants mouvements chiites Hezbollah et Amal.

Fermées depuis vendredi, les banques resteront fermées lundi, selon l'agence nationale d'information (ANI).

Lundi aussi expire l'ultimatum lancé par M. Hariri qui a donné 72 heures à sa fragile coalition gouvernementale pour approuver ses réformes, insinuant qu'il pourrait démissionner.

Alors que plus du quart de la population libanaise vit sous le seuil de pauvretĂ©, selon la Banque Mondiale, la classe politique, quasi inchangĂ©e depuis la guerre civile (1975-1990), est accusĂ©e d'affairisme dans un pays aux infrastructures en dĂ©liquescence -pĂ©nurie chronique d'Ă©lectricitĂ© et d'eau potable- et oĂč la vie est chĂšre. La dette publique culmine Ă  plus de 86 milliards de dollars, soit plus de 150% du PIB

AFP

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