Italie

Les partisans du M5S font la fĂȘte, mais s'interrogent sur la suite

  • PubliĂ© le 7 mars 2018 Ă  11:29
  • ActualisĂ© le 7 mars 2018 Ă  11:32
Le dirigeant du Mouvement 5 étoiles (M5S), Luigi Di Maio, célÚbre avec ses partisans la victoire du mouvement aux élections législatives italiennes, le 6 mars 2018 dans sa ville de Pomigliano d'Arco

"Nous avons Ă©crit l'Histoire", s'exclame tout sourire Luigi Di Maio, venu mardi soir, dans son fief de Pomigliano d'Arco (sud), fĂȘter avec des centaines de sympathisants, le score historique de son Mouvement Cinq Etoiles (M5S) aux lĂ©gislatives de dimanche.


"Nous avons gagné cette élection, nous sommes les vainqueurs absolus !", a lancé, sous une nuée de ballons jaunes, le jeune leader ùgé de 31 ans, en brandissant un bouquet de fleurs jaunes, les couleurs du M5S, devant la foule de ses partisans rassemblés sur la place centrale de cette petite ville industrielle proche de Naples.
Avec plus de 32% des voix remportés dimanche aux élections législatives, ce mouvement antisystÚme, qui s'est construit sur le rejet de la vieille classe politique jugée corrompue ou déconnectée, est aujourd'hui la premiÚre force politique en Italie.
Et Ă  Pomigliano d'Arco, oĂč il a grandi, Luigi Di Maio a remportĂ© plus de 65% des suffrages.
Mais en dépit de ce score historique pour un mouvement dont c'était seulement la deuxiÚme élection nationale, rien ne dit qu'il sera en mesure de gouverner, faute de majorité au Parlement.
"Ils devront faire des alliances pour gouverner", a reconnu Alerta Fabricatore, professeure ùgée de 45 ans, pour qui peu importe avec qui, du moment que le changement s'opÚre et que le programme soit appliqué.
Le M5S a pendant sa campagne proposé entre autres l'instauration d'un revenu universel de quelque 800 euros, une baisse des impÎts et d'en finir avec la corruption et la bureaucratie.

- 'Ouverts et accueillants' -

"Notre grand dĂ©fi est d?aller parler avec qui n?a pas votĂ© pour nous", a expliquĂ© mardi soir Luigi Di Maio. "Et nous devons ĂȘtre les plus ouverts possible et les plus accueillants possible, parce que nous ne devons jamais penser ĂȘtre Ă  la fin du chemin. Nous serons arrivĂ©s quand on aura tout changĂ©. C?est ça notre objectif", a-t-il lancĂ©.
Deux options sont sur la table: une alliance avec le Parti dĂ©mocrate (PD, centre-gauche) de Matteo Renzi ou avec la Ligue (extrĂȘme-droite) de Matteo Salvini, arrivĂ© en tĂȘte au sein de la coalition de droite, devant Forza Italia de Silvio Berlusconi. Ces deux formations ont rejetĂ© ce scĂ©nario, mais la dĂ©mission annoncĂ©e de Matteo Renzi pourrait faciliter un rapprochement avec le PD, aprĂšs le dĂ©part de son chef.
"Le problÚme est complexe", a reconnu Luca Carosella, un ouvrier de 38 ans. "Il faut un parti avec qui travailler. De mon point de vue, le Parti démocrate est la meilleure option. Je ne m'imagine pas (Matteo) Salvini renoncer à sa position de force dans la coalition de droite", a-t-il expliqué.
Pour Carmine Petito, un retraité ùgé de 70 ans, "le PD est la seule option". Et pas question de chercher une alliance avec Silvio Berlusconi, un "vieux" de 81 ans.
En tout cas, "il faut ĂȘtre clair sur une chose", explique Luca Carosella. Si le M5S forme un gouvernement avec un autre parti, "il ne s'agira absolument pas d'une alliance".
"Ce sera juste demander à une autre force politique de soutenir les idées du M5S, mais pas question de faire des concessions", assure-t-il.
"Il faut voir qui est d?accord pour gouverner avec nous. Cela dépend des autres. Ca ne dépend pas du Mouvement 5 Etoiles. Ils ont leur programme qu?il vont essayer de réaliser jusqu?au bout", explique de son cÎté Lucia Marinacci, une militante du M5S.
Le mouvement avait refusĂ© de s'allier avec le PD aprĂšs les Ă©lections de 2013 pour conserver son autonomie et son indĂ©pendance. Cette fois, aux portes du pouvoir, il est prĂȘt Ă  parler avec toutes les forces politiques, selon Luigi Di Maio, mais toujours sans se renier. Une vĂ©ritable "Ă©nigme", reconnaĂźt Luca Carosella.

2018 AFP

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