Birmanie

Les rebelles rohingyas proclament un cessez-le-feu d'un mois (Twitter)

  • PubliĂ© le 10 septembre 2017 Ă  09:21

Les rebelles rohingyas qui avaient attaqué fin août des postes de police dans l'Etat Rakhine, en Birmanie, déclenchant une campagne de répression de l'armée et l'exode de prÚs 300.000 membres de cette minorité musulmane, ont déclaré dimanche un cessez-le-feu unilatéral d'un mois.


"L'ArmĂ©e du salut des Rohingyas de l'Arakan (ARSA) dĂ©clare l'arrĂȘt temporaire de ses opĂ©rations militaires offensives", a dĂ©clarĂ© le groupe rebelle dans un communiquĂ© sur Twitter.

L'ARSA, plus connu localement sous le nom Harakah al-Yaqin ("Mouvement de la foi" en arabe), ajoute vouloir ainsi favoriser l'arrivée de l'aide humanitaire. Les rebelles avaient coordonné des attaques contre plusieurs dizaines de poste-frontiÚres birmans depuis le 25 août, équipés de simples machettes et couteaux.

Le groupe dit avoir pris les armes pour défendre les droits bafoués de la minorité musulmane rohingya. Depuis des décennies, cette minorité, qui compte environ un million de personnes, est victime de discriminations en Birmanie, pays à majorité bouddhiste.

Pour fuir l'opération de l'armée birmane, les centaines de villages du nord de l'Etat Rakhine se sont vidés de leurs habitants. La plupart arrivent au Bangladesh à pied ou en bateaux aprÚs des jours de marche sous la pluie. Les deux pays ont une frontiÚre longue de 278 kilomÚtres, et un quart de celle-ci est constituée par la riviÚre Naf.
AprÚs un long périple sous la pluie sans vivres, les nouveaux arrivés sont souvent malades, affamés et trÚs affaiblis, racontent les ONG. Certains arrivent également avec des blessures par balles.

Et au bout du chemin, ils trouvent des camps déjà saturés et doivent souvent défricher pour se trouver un abri.

Au total, on estime qu'entre les violences d'octobre qui avaient poussées 87.000 personnes à fuir et les troubles actuels, prÚs du tiers des Rohingyas de Birmanie (estimés à un million) sont désormais au Bangladesh.

La Birmanie a annoncé samedi qu'elle allait mettre en place des camps pour accueillir les musulmans rohingyas déplacés, une premiÚre, aprÚs un nouvel appel de l'ONU, qui a enjoint vendredi la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi à "se mobiliser". Environ 27.000 bouddhistes et hindous ont également fui leurs villages et ont trouvé refuge dans les monastÚres et les écoles dans le sud de la région.

AFP

guest
0 Commentaires