De Paris à Toulouse ou Marseille, des centaines de retraités ont battu le pavé jeudi pour interpeller les candidats à la présidentielle sur la baisse de leur pouvoir d'achat et réclamer une hausse de leurs pensions qui stagnent depuis 2013.
Les manifestations lancées à l'appel de neufs organisations syndicales et associations (CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, FGR-FP, Solidaires...) ont rassemblé quelque 300 personnes à Lille, 200 à Marseille, entre 200 et 250 à Toulouse, ont constaté des journalistes. A Dijon, ils étaient selon les sources entre 180 (police) et 300 (syndicats), à Quimper 400 et une centaine à Strasbourg, tout comme à Annecy ou Grenoble.
A Paris, le cortÚge a rassemblé 1.100 retraités selon la préfecture de police, amassés derriÚre la banderole "Les retraités ne sont pas des nantis", a constaté une journaliste de l'AFP.
"Aujourd'hui, je vis beaucoup moins bien qu'au début de ma retraite", témoigne Jacqueline, ex-enseignante qui dit "hésiter avant de se faire soigner" et "piocher dans ses économies ou choisir l'hÎpital public".
AprĂšs 46 ans de carriĂšre comme auxiliaire de puĂ©riculture, Anita, qui perçoit 1.100 euros de retraite, se dit "trĂšs inquiĂšte pour l'avenir", au vu des propositions des candidats Ă l?ĂlysĂ©e "François Fillon, Emmanuel Macron et Marine Le Pen". "Le seul qui se rapproche de mes idĂ©es est Jean-Luc MĂ©lenchon", dit-elle, foulard CGT autour du cou.
"La retraite n'est pas une aumÎne", mais le fruit de "plusieurs dizaines d'années de travail", avait défendu un peu plus tÎt dans la matinée l'intersyndicale lors d'une conférence de presse à Paris.
Les retraites indexées sur l'inflation n'ont pas été revalorisées depuis cinq ans, ont-ils rappelé, demandant un retour du calcul des pensions sur les salaires.
DÚs la matinée, plus d'une centaine de retraités de l'Assistance publique-HÎpitaux de Paris (AP-HP) s'étaient déjà rassemblés devant le siÚge de l'institution pour protester contre sa décision de récupérer leur logement pour les attribuer à des actifs. "Les retraités aux revenus modestes se retrouvent dans l'impossibilité de se reloger dans le privé au regard du prix du marché", souligne Françoise Doriath-Pracht, secrétaire générale CGT des retraités de l'AP-HP.
- "De plus en plus difficile" -
"Un costume de Fillon, c'est un an de retraite!", s'exclame sur le Vieux Port marseillais, Stéphanie, 71 ans. Il est "difficile" de vivre avec "une retraite à 1.800 euros par mois et 700 euros de loyer", témoigne cette ex-agent d'accueil à EDF.
InfirmiĂšre Ă la retraite, Ălisabeth Grand, cĂ©gĂ©tiste, dĂ©plore aussi que "les retraites stagnent depuis des annĂ©es, alors que le coĂ»t de la vie augmente".
"Celui qui risque d'ĂȘtre Ă©lu, c'est Macron et lui on ne lui fait aucune confiance", poursuit la Marseillaise, alors que le candidat d'En marche! propose un systĂšme universel par points, indexĂ© sur l'Ăąge de dĂ©part, l'espĂ©rance de vie et la croissance.
A Toulouse, Jean Fort, responsable CGT clame au micro que "Non, les retraités ne sont pas des nantis".
"On demande une augmentation des retraites" et "une réelle protection sociale, pour que la Casa (Contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie) serve réellement pour la perte d'autonomie", argumente le Toulousain.
"Avec notre petite retraite, on vit, mais c'est de plus en plus difficile", témoigne à Dijon Jean Cathenoz, retraité de la fonction publique. A 72 ans, il dit avoir dû rogner sur "la sortie cinéma, le resto, les petits cadeaux. J'achÚte aussi de moins en moins de livres".
"Les retraités sont toujours mis en conflit avec d'autres générations, or nous sommes dans la rue pour des revendications qui nous concernent mais aussi nos enfants et petits-enfants", explique le Lillois Jacques Lefevre, responsable CGT des retraités du Nord.
"Il y a tant d'Ă©conomies non faites aujourd'hui en France qu'on peut parfaitement cesser de faire payer toujours les mĂȘmes, y compris les retraitĂ©s", a rĂ©agi dans un communiquĂ© la candidate du Front national, Marine Le Pen.
- © 2017 AFP
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