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Les sages-femmes, en manque de reconnaissance, manifestent de nouveau

  • PubliĂ© le 7 octobre 2021 Ă  13:35
  • ActualisĂ© le 7 octobre 2021 Ă  17:10
Une sage-femme manifeste Ă  Rennes le 15 octobre 2020

"On est tout le temps oubliées". Les sages-femmes redescendent dans la rue jeudi, en espérant notamment mettre à mal "le défaut d'information", le "manque de reconnaissance" et le "mépris" des pouvoirs publics.

"Au vu de la technicitĂ© des Ă©tudes que nous rĂ©alisons, des compĂ©tences et des responsabilitĂ©s que nous avons, c'est clair que dĂ©buter Ă  1.600 euros... c'est juste plus possible", s'insurge Anick Rabaud, sage-femme de la protection maternelle et infantile (PMI) dans le sud de la France, arguant qu'"aujourd'hui, ce mĂ©tier ne fait plus rĂȘver du tout".

Depuis le début de l'année, les sages-femmes sont déjà descendues cinq fois dans la rue. Et les derniÚres revalorisations salariales (une prime de 100 euros net et une hausse de salaire d'environ 100 euros brut par mois) n'ayant pas convaincu, elles y retournent.

Au rang des revendications: que s'engage "une réflexion sur l'ensemble du champ d'activité des sages-femmes" s'accompagnant notamment de la révision de leur statut à l'hÎpital et de leurs effectifs en maternité, ainsi que d'une meilleure identification dans le parcours de soins, détaille à l'AFP Caroline Combot, secrétaire générale de l'ONSFF, l'une des deux principales organisations syndicales de la profession.

- "Guéguerre trÚs ancienne" -

"Nous ne sommes pas écoutées, pas entendues", regrette Clémence Loscul, sage-femme hospitaliÚre à Paris, déplorant "les journées et les nuits trÚs chargées dans les conditions compliquées" qu'engendrent les grosses maternités, "les usines à bébé".

Souvent exclusivement associées à la grossesse, les sages-femmes ont vu au fil du temps leurs compétences s'élargir. Depuis 2009 par exemple, elles peuvent assurer des consultations de gynécologie préventive auprÚs des femmes en bonne santé. Et ce tout au long de leur vie.

"Cela recouvre à la fois l'aspect contraception avec la prescription ou la pose de contraceptifs et tout ce qui est dépistage, les frottis, les mammographies, la recherche de kystes...", explique à l'AFP Charlotte Baudet-Benzitoun, sage-femme échographiste en région Occitanie. Au cours de consultations d'environ 20 à 40 minutes, facturées 25 euros.

Depuis 2016, les sages-femmes peuvent également prescrire et pratiquer des IVG médicamenteuses. Pourtant "tous les jours", dans son cabinet, la sage-femme entend "je ne savais pas que vous pouviez faire de frottis", "je ne savais pas que vous pouviez faire le suivi gynécologique", "et le gynéco, je le vois quand ?".

Ce "défaut d'information, imputable aux pouvoirs publics" reflÚte, pour elle et l'ONSSF dont elle est secrétaire générale adjointe, "le manque de reconnaissance et le mépris" qu'ils éprouvent pour la profession et pour celles qui la pratiquent. Le tout maintenu bien au chaud par "une guéguerre, trÚs trÚs ancienne entre les médecins et nous".

"C'est pénible pour nous et c'est pénible pour les femmes qui, au final, sont les premiÚres pénalisées", ajoute la jeune femme. "La moitié de la population, c'est des femmes. Et les femmes, ce ne sont pas des citoyennes de seconde zone", s'insurge Anick Rabaud.

Au quotidien, elle assure justement la prise en charge "carte de sĂ©curitĂ© sociale ou pas, une AME (aide mĂ©dicale de l'État) ou pas" des mineurs "qui viennent anonymement", "des patientes que l'on appelle sans-papiers", les travailleuses saisonniĂšres employĂ©es dans les champs alentours, des femmes victimes de violences...

AFP

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