L'année prochaine ça sera plus court

Les soldes d'hiver 2018, un dernier cru ancienne formule Ă  oublier

  • PubliĂ© le 16 fĂ©vrier 2018 Ă  12:09
  • ActualisĂ© le 16 fĂ©vrier 2018 Ă  12:19
La vitrine d'une boutique Ă  Nantes le 12 janvier 2018

Les soldes d'hiver 2018, les derniers dans leur configuration traditionnelle de six semaines avant d'ĂȘtre raccourcis en 2019, ont Ă©tĂ© un cru "dĂ©cevant", cannibalisĂ©s par les promotions en continu depuis le Black Friday. CommencĂ©s le 10 janvier, ils se terminent mardi.



DĂ©but fĂ©vrier, la FĂ©dĂ©ration française du prĂȘt-Ă -porter fĂ©minin (FFPAPF) avait averti que les premiers chiffres dont elle disposait dĂ©montraient des achats en "perte de vitesse". "Au cours des trois premiĂšres semaines des soldes d'hiver 2018, la consommation habillement/textile enregistre une baisse de 4% par rapport Ă  la mĂȘme pĂ©riode de 2017", avait-elle affirmĂ©.

Des baisses que confirme Ă  l'heure du bilan le dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral de la FĂ©dĂ©ration du commerce spĂ©cialisĂ© (Procos), Emmanuel Le Roch: "nos adhĂ©rents ont affichĂ© des pertes de 3,5% en moyenne en janvier". C'est certes "un peu moins pire" qu'en 2017, quand les soldes avaient affichĂ© un repli de 6,2%, mais c'est quand mĂȘme "dĂ©cevant".

Ce chiffre reflÚte cependant deux réalités bien différentes, a-t-il expliqué à l'AFP: si le secteur de l'équipement de la personne chute (-7,7%), celui de l'équipement de la maison connaßt une embellie (+4,5%). "Nous constatons plus d'appétence chez les consommateurs pour tout ce qui est décoration, hifi et électroménager tandis que le secteur textile subit un effet de saturation", souligne M. Le Roch.

- Baisse de fréquentation -

La chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Paris et d'Ile-de-France, qui a interrogé 300 commerçants franciliens, évoque elle aussi des soldes "décevants aprÚs une saison automne/hiver bien médiocre". Ainsi, "66% des commerçants n'ont réalisé à cette occasion qu'un chiffre d'affaires au mieux supérieur de 20% à un mois normal, et 24% n'ont fait aucun gain de chiffre d'affaires", selon son communiqué.

Plus inquiétant note la CCI, qui s'est appuyée sur une étude du Centre régional d'observation du commerce, de l'industrie et des services (CROCIS), "pour 59% des commerçants, ce résultat est inférieur à celui des soldes de l'hiver dernier". Pour 44% des commerçants interrogés par la CCI francilienne, "ces mauvais résultats sont d'abord dus à la baisse de la fréquentation".

"La faute de la crise, la mĂ©tĂ©o pluvieuse, et surtout internet qui nous fait beaucoup de tort", commente ainsi un responsable de magasin, interrogĂ© par le CROCIS. Pour la FFPAPF, si les soldes d'hiver perdent de leur attractivitĂ©, c'est aussi parce que "de nombreux commerçants ont jugĂ© que le Black Friday/Cyber Monday (24-27 novembre) et les promotions/ventes privĂ©es rĂ©alisĂ©es en 2017 ont contribuĂ© Ă  limiter l'intĂ©rĂȘt des consommateurs pour les soldes rĂ©glementĂ©s".

- Soldes démodés -

Les commerçants interrogés par le CROCIS déplorent l'effet "désastreux" de cette surenchÚre de promotions sur le consommateur, qui "démodent les soldes": pour 67% d'entre eux, "les soldes ne sont donc plus un événement pour les clients (+5 points par rapport à l'hiver dernier)", affirme la CCI d'Ile-de-France.
MĂȘme si "65% des commerçants interrogĂ©s disent d'ailleurs avoir eux-mĂȘmes pratiquĂ© des ventes privĂ©es ou des promotions avant les soldes (+6 points par rapport Ă  2017)".

Chez Procos, on dit la mĂȘme chose: le tunnel commercial parti du Black Friday pour se terminer aux soldes d'hiver est "trĂšs trĂšs long". "La troisiĂšme semaine de soldes est devenue trĂšs trĂšs difficile" pour les commerçants, relĂšve auprĂšs de l'AFP M. Le Roch, pour qui la dĂ©cision du gouvernement de raccourcir les soldes de six Ă  quatre semaines, qui sera effective en 2019, "ne fait pas de doute".

Selon l'étude du CROCIS, 86% des commerçants s'y déclarent favorables. Un faux débat pour le président de la FFPAPF, Pierre-François Le Louët, pour qui le "vrai" est "idéologique: doit-on favoriser les commerces indépendants de centre-ville ou les grandes enseignes de la distribution? M. Le Roch confirme: l'enjeu derriÚre tout ça, c'est "comment on ramÚne les gens en centre-ville", un sujet global qui pour l'instant n'en est qu'à ses prémisses.

AFP

guest
0 Commentaires