La technologie contre le changement climatique

Les start-ups au service de l'environnement

  • PubliĂ© le 12 novembre 2017 Ă  12:39
  • ActualisĂ© le 12 novembre 2017 Ă  12:58
Le co-fondateur du Web Summit Paddy Cosgrave lors de la cérémonie de clÎture de l'évÚnement, le 9 novembre 2017 à Lisbonne

Les progrÚs réalisés par des entreprises de recyclage de CO2, désormais capables de l'exploiter commercialement, attestent du potentiel des nouvelles technologies dans la lutte contre le changement climatique, un des principaux thÚmes du Web Summit qui s'est tenu cette semaine à Lisbonne.


"Nous avons bĂąti cette annĂ©e notre premiĂšre usine commerciale, capable de capturer jusqu'Ă  1.000 tonnes de CO2 par an. Ce n'est encore rien face aux enjeux du changement climatique, qui se mesure en gigatonnes, mais nous sommes prĂȘts Ă  relever le dĂ©fi de monter en Ă©chelle", a assurĂ© Christoph Gebald, directeur de la sociĂ©tĂ© Climeworks basĂ©e en Suisse.
Climeworks, issue de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (ETH), a développé des aspirateurs qui collectent le CO2 dans l'air ambiant et non aux sources d'émission comme les cheminées d'usine.
Ses modules, qui évoquent des climatiseurs sur les toits des immeubles mais de la taille d'une voiture, ont été installés sur le toit d'un incinérateur de déchets à Hinwil, dans le canton de Zurich. Le CO2 collecté est ensuite revendu à une entreprise agricole, qui le réinjecte dans ses serres afin d'accélérer le processus de photosynthÚse.
Climeworks était l'une des entreprises présente au rendez-vous annuel des start-ups et d'investisseurs qu'est le Web Summit. Le "Davos des geeks" avait pour la premiÚre fois fait de l'environnement une de ses thématiques, alors que la Conférence annuelle de l'ONU sur le climat, s'ouvrait en Allemagne pour tenter d'avancer sur une mise en oeuvre de l'accord de Paris conclu en 2015.


- 'Assez de carbone pour tous' -


Présentée comme une des solutions les plus efficaces pour réduire les émissions de CO2 des centrales à charbon et des sites industriels, la capture et le stockage de carbone restent trÚs limités, car cette technologie demeure coûteuse.
"Pour l'heure, nous ne sommes que cinq entreprises dans notre domaine. Nous travaillons dans une logique de collaboration plutÎt que de concurrence, car il y a assez de carbone pour tous", explique M. Gebald, qui a fondé la start-up Climeworks il y a huit ans.
Créée en 2005 dans une cave en Nouvelle-Zélande, LanzaTech compte également commencer à gagner de l'argent grùce à une technologie qui permet de "prendre de la pollution pour faire de nouveaux produits avec", a expliqué sa directrice environnementale, Freya Burton.
"Nous sommes en train de construire nos deux premiers sites commerciaux, un en Chine et un autre en Belgique", oĂč les Ă©missions de CO2 des usines sidĂ©rurgiques seront transformĂ©s en carburant par un processus de fermentation provoquĂ© par une bactĂ©rie, a-t-elle prĂ©cisĂ©.
"Nos produits auront un coût équivalent à celui des carburants alternatifs les moins chers déjà sur le marché", a assuré Mme Burton.


- 'Révolution durable' -


Ces nouveaux procédés peuvent contribuer à ce que le Commissaire européen à la Science et à l'Innovation, Carlos Moedas, a présenté comme l'économie circulaire, et non plus linéaire: "les déchets d'une filiÚre doivent devenir la matiÚre premiÚre pour quelque chose d'autre".
"Nous sommes probablement face au plus grand défi de notre génération, qui consiste à garder cette planÚte en vie. Et la technologie jouera un rÎle trÚs important", a souligné le patron du Web Summit, Paddy Cosgrave.
TĂȘte d'affiche appelĂ© jeudi Ă  clĂŽturer trois jours de confĂ©rences devant quelque 15.000 personnes, l'ancien vice-prĂ©sident des Etats-Unis Al Gore a affirmĂ© que la technologie de l'environnement allait rĂ©volutionner la planĂšte.
"Ceux d'entre-vous qui bùtissez des entreprises technologiques pouvant augmenter nos niveaux d'efficacité énergétique et réduire les émissions de carbone, vous pouvez avez avoir un impact plus important que n'importe qui dans le monde", a-t-il dit.
"Notre monde est au bord d'une révolution durable de la magnitude de la révolution industrielle mais qui se joue à la vitesse de la révolution numérique", a affirmé le prix Nobel de la Paix 2007, qui vient de sortir un nouveau film une décennie aprÚs son documentaire coup de poing "Une vérité qui dérange".

Par Maria ANTONOVA - © 2017 AFP

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