Deux semaines aprĂšs les ordonnances

Les syndicats tentent de s'unir pour peser sur Macron

  • PubliĂ© le 6 octobre 2017 Ă  16:45
  • ActualisĂ© le 6 octobre 2017 Ă  16:48
Manifestation contre la loi travail, le 12 septembre  2017 Ă  Nantes

Deux semaines aprÚs l'entrée en vigueur d'ordonnances décriées, les syndicats, certains poussés par la grogne de la base, tentent de trouver un moyen de peser ensemble sur un gouvernement déterminé, et déjà tourné vers de nouvelles réformes sociales d'envergure.


Lundi, la CGT, la CFDT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, mais aussi Solidaires, l'Unsa et la FSU de mĂȘme que des organisations de jeunesse vont se rĂ©unir, une premiĂšre depuis le dĂ©but du quinquennat.
L'invitation a été lancée par Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, à l'origine de deux journées de mobilisation en septembre contre la réforme du Code du travail, organisées avec Solidaires.
"Depuis quelques mois, les différentes annonces du gouvernement génÚrent un profond mécontentement dans la population (...) Il nous semble important de réfléchir ensemble à la convergence de ce mécontentement et de ces luttes", écrit-il dans le mail d'invitation dont l'AFP a obtenu copie.
Si tous ont rĂ©pondu prĂ©sents Ă  cette invitation, la prudence, voire la gĂȘne, est de mise, tant les positions des uns et des autres divergent sur les moyens Ă  employer, mais aussi sur les sujets Ă  aborder.
Faut-il continuer à se focaliser sur les ordonnances, entrées en vigueur depuis le 23 septembre, ou penser déjà aux futures réformes sociales (formation professionnelle, assurance chÎmage)? Défiler et faire grÚve sont-ils les moyens les plus efficaces, ou mieux vaut-il discuter avec un exécutif convaincu du bien-fondé de son programme?
Lundi, "on va voir ce que chacun a en tĂȘte", rĂ©sume Luc BĂ©rille, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l'Unsa, gĂȘnĂ© par l'ordre du jour trĂšs gĂ©nĂ©ral, "avec des sujets qui n'ont pas grand-chose Ă  voir entre eux" (fonction publique, ordonnances, jeunesse).


- 'La voie est trÚs étroite' -


En outre, l'organisation de cette rĂ©union Ă  la veille d'une journĂ©e de mobilisation contre les mesures du gouvernement annoncĂ©es dans la fonction publique le gĂȘne. Lui aurait prĂ©fĂ©rĂ© attendre de "savoir quel type de rapport de force on aura pu crĂ©er" Ă  l'issue de cette journĂ©e "et si cela influe sur la position du gouvernement".
"C'est déjà bien qu'on puisse se voir tous ensemble", se réjouit de son cÎté Eric Beynel, porte-parole de Solidaires, qui avait appelé à une intersyndicale dÚs l'élection d'Emmanuel Macron, en vain.
Il n'a toutefois "aucune illusion de voir une unitĂ© de combat lundi soir, puisque la CFDT ne veut pas aller dans la rue" pour dĂ©noncer les ordonnances, mĂȘme si une partie de la base le rĂ©clame. La CFTC et l'Unsa sont sur la mĂȘme ligne que la CFDT.
Or la CFE-CGC, qui critique vertement la réforme du Code du travail, acceptera de battre le pavé à la seule condition que l'appel soit unitaire.
De son cÎté, FO prévoit de défiler, avec ou sans les autres syndicats. Longtemps réfractaire à cette idée, son secrétaire général, Jean-Claude Mailly, a fait volte-face lundi, contraint par une base trÚs remontée contre des ordonnances synonymes de "régression sociale".
"On espÚre trouver des convergences, mais la voie est trÚs étroite", reconnait Philippe Louis, président de la CFTC, lui aussi trÚs prudent quant à l'issue de cette rencontre.
Lui verrait bien une communication commune portant sur les ordonnances, mais plus précisément sur les moyens accordés aux instances représentatives du personnel, dont les décrets d'application n'ont pas encore été publiés.
"Si c'est pour appeler au retrait, on ne signera pas" le communiqué éventuel, prévient-il.
La CFTC est aussi ouverte Ă  une communication commune sur les futures rĂ©formes portant sur la formation professionnelle et l'assurance chĂŽmage, afin qu'elles se fassent "avec les syndicats, parce qu'ils peuvent ĂȘtre porteurs d'idĂ©es, et pas contre eux".
Contrairement aux syndicats, le gouvernement a déjà tourné la page des ordonnances. DÚs jeudi, Emmanuel Macron recevra les partenaires sociaux pour discuter des prochaines réformes sociales (assurances chÎmage, formation, apprentissage).
Chahuté par une partie de ses militants car jugé trop "conciliant" sur les ordonnances, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a haussé le ton cette semaine, appelant Emmanuel Macron à un "rééquilibrage" de sa politique en faveur des plus fragiles.

Par Yanan WANG - © 2017 AFP

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