Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi est décédé

L'Etat islamique confirme la mort de son chef et nomme un successeur

  • PubliĂ© le 11 mars 2022 Ă  00:44
  • ActualisĂ© le 11 mars 2022 Ă  09:03
Gros plan sur le visage d'Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi, l'ex-chef du groupe Etat islamique (EI), diffusé le 17 juillet 2020 par le Département d'Etat américain

L'organisation Etat islamique (EI) a confirmé jeudi la mort de son chef Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi, un peu plus d'un mois aprÚs l'annonce de son décÚs par les Etats-Unis dans une opération en Syrie, et nommé son successeur.

Les jihadistes de l'EI ont "prĂȘtĂ© allĂ©geance Ă  Abou Hassan al-Hachimi al-Qourachi, l'Ă©mir des croyants et calife des musulmans," a dĂ©clarĂ© le porte-parole du groupe, Abou Omar al-Mouhajir, dans un enregistrement audio publiĂ© sur Telegram.

Les décÚs de l'ancien chef de l'EI ainsi que de son précédent porte-parole sont également confirmés dans l'enregistrement. "Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi et le porte-parole officiel de l'Etat islamique (...) Abou Hamza al-Qourachi ont été tués récemment", a ajouté le nouveau porte-parole.

L'ancien chef de l'EI s'était fait exploser au cours d'une opération des forces spéciales américaines dans le nord-ouest de la Syrie, une région sous le contrÎle de jihadistes, a déclaré le président américain Joe Biden le 3 février dernier.

Qourachi, originaire de Tal Afar, Ă  70 kilomĂštres Ă  l'ouest de Mossoul en Irak, avait pris fin octobre 2019 la tĂȘte du groupe aprĂšs l'Ă©limination de son prĂ©dĂ©cesseur Abou Bakr al-Baghdadi le mĂȘme mois.

- "Inconnu" -

Le nouveau chef de l'organisation radicale sunnite, le troisiÚme du groupe depuis sa création, a jusqu'ici peu fait parler de lui et le communiqué du groupe ne donne pas plus de détails sur son identité. "Nous ne connaissons tout simplement pas son identité", a déclaré à l'AFP Tore Hamming, chercheur au King's College de Londres spécialisé dans l'étude des mouvements jihadistes.

Selon Colin Clarke, directeur de recherche au Soufan Center, un think-tank basĂ© Ă  New-York, l'EI a choisi "un inconnu car le banc s'est considĂ©rablement aminci". Mais, il ajoute que "le nouvel Ă©mir doit ĂȘtre quelqu'un qui peut redonner un Ă©lan (...) au groupe".

L'EI a assuré dans son communiqué que la nomination d'Abou Hassan al-Qourachi en tant que successeur avait été approuvée par Abou Ibrahim avant sa mort, et sa nomination a été confirmée par les dirigeants du groupe.

D'aprĂšs Damien FerrĂ©, fondateur de l'agence Jihad Analytics, spĂ©cialisĂ©e dans l'analyse du jihad mondial et dans le cyberespace, le prĂ©dĂ©cesseur d'Abou Ibrahim avait fait de mĂȘme.

"Baghdadi avait proposĂ© au Conseil de la Choura (assemblĂ©e consultative) qu’Abou Hamza soit son successeur et le Conseil avait entĂ©rinĂ© ce choix-lĂ ", a expliquĂ© M. FerrĂ© Ă  l’AFP. "Je pense que c’est la mĂȘme chose qui s’est passĂ© et que ce choix a Ă©tĂ© fait tĂŽt pour Ă©viter d’avoir une dĂ©stabilisation trop forte du groupe," a-t-il ajoutĂ©.

Le nouveau chef prend les rĂȘnes de l'EI au moment oĂč le groupe est affaibli par des offensives successives soutenues par les États-Unis pour contrecarrer une rĂ©surgence jihadiste.

- "Présence clandestine" -

AprĂšs une montĂ©e en puissance fulgurante en 2014 en Irak et en Syrie voisine et la conquĂȘte de vastes territoires, l'EI a vu son "califat" autoproclamĂ© vaciller sous le coup d'offensives successives dans ces deux pays.

Les Forces démocratiques syriennes, dominées par les Kurdes et soutenues par la coalition internationale, avaient vaincu en 2019 l'EI en Syrie en le chassant de son dernier fief de Baghouz dans la province de Deir Ezzor (est).

Mais l'Etat islamique "maintient une présence largement clandestine en Irak et en Syrie et mÚne une insurrection soutenue de part et d'autre de la frontiÚre entre les deux pays", selon un rapport de l'ONU publié l'an dernier.

Dans ces deux pays, l'organisation jihadiste conserverait "en tout 10.000 combattants actifs", d'aprÚs ce rapport. L'élimination d'Abou Ibrahim al-Qourachi en février est intervenue quelques jours aprÚs la fin d'un assaut de l'EI contre une prison tenue par les FDS dans la région de Hassaké (nord-est) fin janvier

Plus de 370 personnes ont été tuées dans cette offensive, la plus importante du groupe jihadiste depuis sa défaite territoriale en Syrie en 2019, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

La guerre complexe en Syrie, pays morcelĂ© oĂč interviennent diffĂ©rents protagonistes, a fait environ 500.000 morts depuis 2011, d'aprĂšs l'OSDH.

AFP

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