La cote d'alerte est atteinte à Nantes, tombé dans la zone rouge (18e) aprÚs sa défaite à Lille (2-1), mettant le coach Miguel Cardoso sous pression maximale avant la réception de Nice pour la 7e journée de Ligue 1. Ce troisiÚme revers en six matches n'avait pourtant rien de déshonorant face à l'actuel dauphin du Paris SG, avec une seconde période plus qu'encourageante et qui aurait dû permettre aux Canaris de ne pas rentrer bredouille.
Malgré cela, le président Waldemar Kita est venu jouer les pompiers pyromanes devant les caméras de télévisions, critiquant vertement le jeu - ses joueurs "jouent à la baballe" - et les choix faits par son entraßneur qui laisse "des millions (d'euros) sur la touche".
Qu'il semble loin le 25 juin oĂč l'homme d'affaires franco-polonais expliquait son choix en faveur du technicien portugais en affirmant qu'il avait "envie de prendre quelqu'un dans la durĂ©e parce que c'est comme ça qu'on construit".
"On a besoin de rĂ©sultats, je suis d'accord avec vous, mais laissez lui un petit peu de temps", lançait-il mĂȘme aux journalistes qui l'interrogeaient sur les objectifs. Un conseil qui ne s'applique donc pas Ă lui-mĂȘme.
Le dirigeant n'a en effet pas attendu le match de Lille pour interférer dans le travail de son entraßneur, comme il l'a fait avec quasiment tous les techniciens sous ses ordres. Et il y en a eu 14 depuis son arrivée au club il y a 11 ans.
à tel point que cet été, quand il n'avait pas réussi à convaincre Jocelyn Gourvennec de prendre ce poste précaire, des supporters nantais avaient lancé une pétition ironique pour lui demander de prendre place sur le banc.
AprĂšs deux matches seulement, M. Kita avait dĂ©jĂ amicalement, dans un entretien Ă L'Ăquipe, suggĂ©rĂ© Ă son entraĂźneur de "peut-ĂȘtre oublier certaines choses et reprendre la base quand on ne peut pas tout changer du jour au lendemain".
- Le temps presse -
Samedi, tout assurant qu'il n'y avait ni "reproche" ni "pression" de sa part, il a ajoutĂ© une autre facette : "on a des joueurs de qualitĂ©, on a beaucoup investi et ces joueurs doivent ĂȘtre sur le terrain".
Il visait notamment Anthony Limbombe, attaquant belge de 24 ans, arrivĂ© cet Ă©tĂ© pour 10 millions d'euros bonus compris, ce qui est tout simplement le plus gros transfert de l'histoire du club, mais aussi Gabriel Boschilia, prĂȘtĂ© par Monaco.
Deux joueurs qui ont apportĂ© en sortie de banc Ă Lille, notamment en percussion qui manque si cruellement aux Nantais, mais qui restent sur une saison oĂč ils ont peu jouĂ© en raison de graves blessures. "Limbombe est dans un moment d'intĂ©gration. La derniĂšre fois qu'il a jouĂ©, c'Ă©tait en avril, donc je ne suis pas suicidaire au point de mettre un joueur dans une situation (Ă laquelle) il n'est pas capable" de faire face, a rĂ©torquĂ© Cardoso Ă son prĂ©sident au micro de Canal+.
"On a des joueurs qui font une intégration progressive. C'est lui, c'est Fabio, c'est Kara (M'Bodji). Ce sont des joueurs arrivés plus tard. Donc, malheureusement, c'est un processus qui prend malheureusement quinze jours, trois semaines, quatre semaines... c'est important de comprendre ça aussi", a-t-il ajouté.
Au moment de recevoir des Niçois qui semblent aussi fragiles (15e avec 7 points) et alors que la Beaujoire attend toujours d'assister au premier succÚs à domicile de ses protégés, pas sûr que Cardoso ait encore autant de temps devant lui...
 - © 2018 AFP
