Football

Ligue des champions: nouveau format, nouveaux frissons

  • PubliĂ© le 30 janvier 2025 Ă  21:43
  • ActualisĂ© le 31 janvier 2025 Ă  05:55
La joie des Lillois, vainqueurs 6-1 de Feyenoord, et qualifiés directement pour les 8es de la Ligue des champions, le 29 janvier 2025 au stade Pierre-Mauroy

Des affiches à la pelle, des buts et du suspense jusqu'au bout: la nouvelle formule de la Ligue des champions, dont la premiÚre phase s'est conclue mercredi, a tenu les promesses de ses concepteurs, en dépit de critiques sur sa complexité et l'accumulation des matches.

Le scepticisme était général avant le début de saison, à propos des changements majeurs apportés par l'UEFA à sa compétition inter-clubs phare. En introduisant une poule unique à 36 équipes, avec au menu pour chaque formation huit rencontres contre autant d'adversaires différents, l'instance européenne a cassé les codes et totalement bouleversé les habitudes des principaux acteurs (joueurs, entraßneurs) mais aussi des fans.

Dans son souci de damer le pion à la Superligue, l'UEFA a multiplié les confrontations entre grosses cylindrées tout en maintenant l'incertitude le plus longtemps possible, puisque seuls les 8 premiers se sont qualifiés directement pour les 8e de finale (Liverpool, FC Barcelone, Arsenal, Inter Milan, Atlético Madrid, Bayer Leverkusen, Lille, Aston Villa), les clubs classés de la 9e à la 24e place devant disputer des barrages.

RĂ©sultat: seules deux Ă©quipes avaient compostĂ© leur ticket pour le prochain tour avant la derniĂšre journĂ©e, ce qui a offert une soirĂ©e assez folle mercredi avec 18 rencontres disputĂ©es au mĂȘme moment et des enjeux dans quasiment tous les stades. De quoi booster les attaques puisque 64 buts ont Ă©tĂ© inscrits, soit plus de 3,5 par match en moyenne.

- "Un format imprévisible" -

Illustration du caractÚre imprévisible de cette Ligue des champions "new look": joueurs et membres du staff de Bruges sont restés une dizaine de minutes sur la pelouse de l'Etihad Stadium aprÚs leur défaite contre Manchester City (3-1), téléphone à la main, pour attendre la fin des autres parties, avant d'exploser de joie et de célébrer leur 24e position, synonyme de barrage, avec leurs supporters.

"Les changements respectent notre engagement d'offrir une plus grande Ă©quitĂ© et une plus grande variĂ©tĂ© d'adversaires, une compĂ©tition plus dynamique, un meilleur Ă©quilibre, de l'incertitude et des matches avec un intĂ©rĂȘt sportif, ainsi que davantage d'affrontements entre les meilleures Ă©quipes", s'est fĂ©licitĂ©e l'UEFA.

"Tous les matches disputés en une seule soirée ont créé de l'excitation", a témoigné Andy Robertson, défenseur de Liverpool.

MĂȘme son de cloche de la part de l'entraĂźneur du Feyenoord Rotterdam. "J'Ă©tais un peu sceptique, mais je dois admettre que c'est un format incroyable, vraiment imprĂ©visible", a dĂ©clarĂ© Brian Priske.

L'enchaĂźnement des rencontres rend toutefois la tĂąche "plus compliquĂ©e", selon Simone Inzaghi, le coach de l'Inter Milan. "Avant tu devais te prĂ©parer Ă  seulement affronter trois Ă©quipes en phase de groupes, c’était plus simple. L'Ă©quipe trouve ce format peut-ĂȘtre plus amusant, mais en mĂȘme temps plus stressant. Il y a plus de spectacle, mais cela demande plus d’efforts."

- "Trop de matches" -

MĂȘme le syndicat des joueurs, au dĂ©part trĂšs critique et qui a fait de la question des cadences infernales son cheval de bataille, semble finalement plutĂŽt conquis.

"On n’était pas favorables puisque cette nouvelle formule ajoutait encore des dates Ă  un calendrier dont on ne cesse de dire qu’il est surchargĂ©. Mais sur le plan strictement sportif, oui elle est trĂšs positive. Il y a eu du spectacle, du suspense et elle a rempli son cahier des charges en permettant Ă  des clubs moyens de se qualifier pour les barrages", a indiquĂ© Ă  l'AFP David Terrier, le prĂ©sident de l'Union nationale des footballeurs professionnels (UNFP).

Du cĂŽtĂ© des diffuseurs, les chiffres parlent d'eux-mĂȘmes. En France, la soirĂ©e de mercredi a attirĂ© 2,28 millions de tĂ©lĂ©spectateurs sur Canal+, son record cette saison.

La chaßne cryptée peut d'autant plus se frotter les mains que, en attendant les 8e de finale (4-5 et 11-12 mars), les barrages (11-12 février, 18-19 février) risquent d'offrir un énorme choc entre Manchester City et le Real Madrid ou le Bayern Munich, et qu'une confrontation franco-française mettra aux prises le PSG à Monaco ou Brest.

Si critiques négatives il y a, elles portent essentiellement sur l'encombrement du calendrier.

"Le nouveau format ne me plaĂźt pas. Il y a trop de matches. Mon idĂ©e du football c’est que nous devons en rĂ©duire le nombre pour diminuer l’impact sur les joueurs", a estimĂ© Carlo Ancelotti, l'entraĂźneur du Real dont le prĂ©sident, Florentino Perez, n'est autre que le principal promoteur... de la Superligue.

AFP

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