Au lendemain de l'accident

L'Italie cherche Ă  comprendre le drame ferroviaire qui a fait au moins 25 morts

  • PubliĂ© le 13 juillet 2016 Ă  13:14
Les trains accidentés prÚs de Corato, dans les Pouilles, le 12 juillet 2016

L'Italie cherchait mercredi à comprendre les raisons d'un des plus graves accidents ferroviaires de ces derniÚres années avec au moins 25 morts dans les Pouilles, au sud, tandis que les familles identifiaient les victimes.

DÚs mardi, plusieurs responsables, de la police et de la société des chemins de fer exploitant ce tronçon qui relie Bari à Barletta, une cinquantaine de km plus au nord sur la cÎte adriatique, avaient énoncé une évidence: "un des deux trains ne devait pas se trouver sur cette voie unique" au moment de l'accident.

Au-delà de cette évidence, la question était sur toutes les lÚvres: que s'est-il passé?
Le tronçon entre Corato, situé à mi-chemin entre les deux villes, et Andria, à une dizaine de km en direction de Barletta, est constitué d'une voie unique sur laquelle un convoi ne peut s'engager que si les chefs des gares de ces deux villes se mettent téléphoniquement d'accord pour laisser passer un train dans une direction ou dans l'autre.

Trois enquĂȘtes ont Ă©tĂ© ouverte: une de la justice, une du ministĂšre des Transports et une de la sociĂ©tĂ© des chemins de fer, Ferrotramviaria, qui exploite la ligne.
DĂšs mardi, le chef du gouvernement Matteo Renzi avait promis que toute la lumiĂšre serait faite sur cette tragĂ©die. "Nous ne nous arrĂȘterons pas tant que toute la lumiĂšre ne sera pas faite", a dĂ©clarĂ© M. Renzi, tandis que le prĂ©sident de la RĂ©publique, Sergio Mattarella, a dĂ©noncĂ© "un accident inadmissible" rĂ©clamant d'Ă©tablir "avec prĂ©cisions les responsabilitĂ©s".
"Nous avons mis Ă  disposition des autoritĂ©s judiciaires tous les registres des communications entre les gares. Nous avons toutes les informations, mais maintenant elles doivent ĂȘtre analysĂ©es", a dĂ©clarĂ© Massimo Nitti, directeur gĂ©nĂ©ral de Ferrotramvia, dans une interview Ă  une tĂ©lĂ©vision locale, TeleNorba.

- Beaucoup de jeunes victimes -

"Nous avons 25 morts confirmés et deux personnes dont les restes n'ont pas été trouvés. Les blessés sont 50", a indiqué mercredi à l'AFP la salle opérationnelle de la protection civile située à Bari, le chef-lieu de cette région.
"Nous ne pouvons pas exclure qu'il y ait d'autres personnes dans les débris. C'est un travail trÚs lent", a précisé à l'AFP Luca Cari, porte-parole des pompiers.
Les pompiers ont travaillé toute la nuit avec les autres secouristes pour dégager les amas de tÎle et au cours de ces opérations les chiens ont détecté des restes humains.
Les familles des victimes ont commencé à identifier les corps à l'hÎpital de Bari.
"Il y a beaucoup de jeunes parmi les victimes, nous essayons de nous mettre dans la peau de ces personnes qui cherchent à comprendre si leurs proches sont parmi les victimes. Ce n'est pas facile pour nous non plus", a déclaré à la presse Maria Storelli, une des psychologues mobilisés pour soutenir les familles.

"Il y a un temps pour chaque chose. Maintenant c'est le temps pour pleurer, pour ĂȘtre proche des familles, pour montrer l'humanitĂ© dans la douleur", a dĂ©clarĂ© mardi soir M. Renzi aprĂšs s'ĂȘtre rendu sur les lieux du dĂ©sastre.
Le ministre des Transports Graziano Delrio se présentera mercredi devant le Sénat, en milieu de journée, puis devant la Chambre des députés pour informer les élus italiens sur ce drame.
Le dernier accident ayant fait un nombre trÚs élevé de victimes en Italie remonte à juillet 2013, avec la chute d'un car dans un ravin qui avait fait 38 morts.
Le dernier accident ferroviaire date du 24 novembre 2012, lorsqu'un train régional en Calabre (sud) était entré en collision avec une voiture qui transportait des travailleurs roumains, faisant six morts.

Par Glenn CHAPMAN avec Shahzad ABDUL à Washington - © 2016 AFP

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