"Eggflation"

Louer une poule, nouvelle mode contre la flambée du prix des oeufs aux Etats-Unis

  • PubliĂ© le 2 mai 2025 Ă  13:48
  • ActualisĂ© le 2 mai 2025 Ă  14:06
Yong-mi Kim regarde ses poules pondeuses dans son poulailler portable livré à son domicile dans le cadre du service "Rent The Chicken » à La Crescenta, le 21 avril 2025 en Californie

Choquée par la flambée des prix des oeufs et leur rationnement dans les supermarchés américains, Yong-mi Kim a décidé de louer des poules pondeuses pour assurer son approvisionnement.

Cette habitante de La Crescenta, prĂšs de Los Angeles, a optĂ© pour cette solution intermĂ©diaire, car elle n'Ă©tait pas encore prĂȘte Ă  devenir totalement propriĂ©taire de ces animaux.

"Je veux vraiment essayer pour voir si ça me plaßt", confie-t-elle à l'AFP en recevant ses deux gallinacés et tout le matériel pour les élever.

"Certaines personnes de mon entourage ont des poules chez eux, mais cela leur demande beaucoup de travail : ils ont dû aménager tout leur jardin", raconte cette professeure d'université. "Donc je pense que louer une poule est un bon début."

Pour cela elle passe par le projet "Rent the Chicken", créé il y a une dizaine d'années en Pennsylvanie.

Depuis, ce service s'est étendu à plus de 40 villes à travers l'Amérique du Nord, en s'appuyant sur des partenariats avec des agriculteurs locaux.

Mais le phénomÚne a vraiment explosé à cause de la récente épidémie de grippe aviaire. A cause d'elle, des élevages entiers de poules ont été abattus et le prix des oeufs s'est envolé.

"Cette annĂ©e en particulier, nous constatons un intĂ©rĂȘt beaucoup plus Ă©levĂ©, je dirais trois Ă  quatre fois plus qu'Ă  la mĂȘme pĂ©riode l'annĂ©e derniĂšre", observe Victoria Lee, qui dessert la rĂ©gion de Los Angeles depuis sa ferme d'Agua Dulce, en pĂ©riphĂ©rie de la mĂ©galopole.

Au pic de la pĂ©nurie, les AmĂ©ricains ont dĂ©boursĂ© plus de 10 dollars pour une douzaine d'Ɠufs, soit jusqu'Ă  trois fois leur prix habituel. Les supermarchĂ©s ont aussi Ă©tĂ© forcĂ©s de limiter le nombre de boĂźtes autorisĂ©es pour chaque client.

L'"eggflation" est ainsi devenue un marqueur emblématique de la hausse du coût de la vie, qui a tant pesé lors de la derniÚre campagne présidentielle.

Donald Trump s'est engagĂ© Ă  lutter contre l'inflation des produits alimentaires. Mais depuis son retour Ă  la Maison Blanche, le prix moyen des oeufs a lĂ©gĂšrement augmentĂ©, et au mois de mars, il demeure 60% plus cher par rapport Ă  la mĂȘme pĂ©riode l'annĂ©e derniĂšre, selon le ministĂšre amĂ©ricain de l'Agriculture.

- Qualité et protéines -

Si louer une poule ne revient pas vraiment moins cher que d'acheter des oeufs en magasin, cela permet au moins de gagner en qualité, selon Mme Lee.

"Lorsqu'ils arrivent au supermarché, les oeufs ont en moyenne entre 48 et 60 jours", explique l'éleveuse. "Plus les oeufs restent longtemps en rayon, quelle que soit leur qualité initiale, plus les protéines qu'ils contiennent se dégradent."

Le service propose différentes formules pour louer des poules, allant de 500 à 1.000 dollars pour six mois, selon le nombre de volailles et le lieu d'habitation.

Ces prix comprennent notamment les poules, leur nourriture, les abreuvoirs et mangeoires, ainsi qu'un guide pour les élever. Et surtout, un poulailler d'une qualité remarquable, sorte de mini-maison avec patio, entouré par une clÎture et entiÚrement fixé sur des roulettes.

"Chaque jour, nos locataires soulÚvent le poulailler et le déplacent pour que les poules puissent avoir accÚs à de l'herbe fraßche", détaille Mme Lee. De quoi permettre aux volailles de picorer "de nouveaux insectes (...) tout en étant protégées des prédateurs".

Mme Kim, sa cliente, a été particuliÚrement séduite par ce concept. Tout comme par la douzaine d'oeufs gratuits offerte lors de la livraison de ses poules, qui avaient pondu la semaine précédente.

Avec deux poules dans son jardin, elle peut dĂ©sormais s'attendre Ă  rĂ©colter jusqu'Ă  14 oeufs par semaine. Une quantitĂ© qui devrait ĂȘtre bien utile pour son fils sportif, qui en raffole comme source de protĂ©ines.

Mais au-delĂ  d'une solution en temps de crise, la professeure espĂšre "plus" de ce projet.

"Je voulais vraiment offrir quelque chose qui permette aux enfants d'apprendre un mode de vie et de comparer le goût des oeufs", conclut-elle.

 AFP

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1 Commentaires
Antipode
Antipode
1 an

Apporter la grippe-aviaire, le diabÚte... à domicile, quelle riche idée ! #ironie