Sonnés par l'ampleur de leur défaite

LR resserre les rangs jusqu'Ă  dimanche

  • PubliĂ© le 12 juin 2017 Ă  19:08
Le secrétaire général des Républicains (LR), Bernard Accoyer (g), et le chef de file du parti pour la campagne des législatives, François Baroin, le 10 mai 2017 à Paris

Les Républicains, sonnés par l'ampleur de leur défaite au premier tour des législatives, se sont engagés lundi à resserrer les rangs d'ici dimanche, le temps de la "reconstruction" d'un parti désormais déchiré ne devant intervenir qu'à l'automne.


"Il faut éviter d'avoir une Assemblée monolithique", a réaffirmé François Baroin, chef de file LR pour les législatives, au cours d'un bureau politiques qui a rassemblé au plus une cinquantaine de participants. Parmi les grands absents figurait notamment le vice-président Laurent Wauquiez, décidé à ne s'exprimer qu'"aprÚs le 18 juin".
"Nous sommes sur un chemin de crĂȘte avec deux versants nord", a Ă©galement affirmĂ© M. Baroin, traduisant la morositĂ© d'un parti qui risque de se retrouver, selon un dĂ©compte LR, au mieux avec 110 dĂ©putĂ©s (en comptant les UDI), au pire avec 70, alors que le parti du prĂ©sident Emmanuel Macron pourrait en rassembler plus de 400.

Bernard Accoyer, secrétaire général de LR, a qualifié la nouvelle donne de "séisme politique. C'est une situation inédite sous la Ve République", a-t-il dit. "La seule priorité jusqu'à dimanche est de soutenir nos candidats".

Lundi en fin d'aprÚs-midi, M. Baroin devait se rendre dans les Hauts-de-Seine pour soutenir Constance Le Grip, en ballottage défavorable face à un candidat REM. Il a l'intention d'arpenter le pays tout au long de la semaine, à raison de quatre ou cinq circonscriptions par jour.
M. Raffarin devait au mĂȘme moment soutenir Nathalie Kosciusko-Morizet, en ballottage dĂ©favorable dans la deuxiĂšme circonscription de Paris face Ă  un candidat REM.

Lors de leurs dĂ©placements, les responsables LR martĂšleront leurs principaux arguments de campagne: outre "le danger" de voir se constituer, avec REM, un "parti unique", la hausse de la CSG infligera aux Français "un choc fiscal encore pire que celui de Hollande", rĂ©pĂšte M. Baroin. "Nous avons vocation Ă  ĂȘtre un contre-pouvoir exigeant sur nos valeurs, sur nos idĂ©es, par exemple sur la loi Travail, Ă  pousser le gouvernement, Ă  le tirer le plus loin possible et Ă  voter contre (l'augmentation de) la CSG", avait prĂ©venu dimanche soir ValĂ©rie PĂ©cresse, prĂ©sidente LR de la rĂ©gion Ile-de-France.

- Vote de confiance -

Les divergences sur la ligne Ă  tenir vis-Ă -vis du nouveau pouvoir devraient ĂȘtre mises sous le boisseau cette semaine, pour resurgir aprĂšs le 18 juin. Faudra-t-il ou non accorder la confiance Ă  Édouard Philippe, le Premier ministre issu de LR, aprĂšs son discours de politique gĂ©nĂ©rale dĂ©but juillet ? Cette "question fondamentale sera tranchĂ©e aprĂšs les lĂ©gislatives", a affirmĂ© M. Accoyer lundi.

Parmi ceux qui accorderont leur confiance au chef du gouvernement figurent, outre M. Raffarin, Thierry SolÚre ou Frank Riester. Ces deux derniers, en ballottage favorable dans les Hauts-de-Seine et en Seine-et-Marne, avaient été ménagés par la République en Marche qui ne leur avait pas opposé d'adversaire. La question se pose de savoir si les députés LR favorables au vote de confiance (qui se baptisent "les constructifs") constitueront ou non leur propre groupe à l'Assemblée, le 20 juin.

Outre le fait qu'ils ne seront peut-ĂȘtre pas suffisamment nombreux (il faut un minimum de 15 dĂ©putĂ©s pour faire un groupe), ils risqueraient de "s'exclure de fait" du parti, comme l'a fait remarquer un responsable LR Ă  l'AFP.

C'est surtout à l'automne, au moment du congrÚs et de l'élection du nouveau président du parti, qu'apparaßtra la vraie fracture à LR.
Selon Jean-François Copé, maire de Meaux et ancien président du parti, "c'est un désastre (...) il y a tout à refaire".
Deux lignes se dessinent: celle de Wauquiez, conservatrice et identitaire, celle du prĂ©sident des Hauts-de-France Xavier Bertrand, centrale. Selon certaines sources, Mme PĂ©cresse, qui se revendique d'une "droite authentique, ni dans la revanche, ni dans le ralliement", pourrait Ă©galement ĂȘtre candidate Ă  la prĂ©sidence.

AFP

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