Emmanuel Macron dévoile mercredi à Rungis les premiÚres mesures issues des discussions des Etats généraux de l'alimentation, visant à redonner un peu d'oxygÚne aux agriculteurs en difficulté et à mieux organiser leur filiÚre.
L'ambition du président est de trouver les moyens de mettre un terme à la paupérisation de la profession agricole, tout en répondant à la forte nécessité de transformation du secteur pour répondre aux attentes sociétales et environnementales des Français. Selon la sécurité sociale des agriculteurs (MSA), leur revenu moyen en 2016 a augmenté de 4 à 5% par rapport à celui de 2015 mais il reste compris entre 13.000 et 15.000 euros annuels, soit entre 1.083 et 1.250 euros par mois.
ConcrÚtement, M. Macron devrait proposer que les prix payés aux agriculteurs soient fixés à partir de leur coût de revient, sur lequel transformateurs et distributeurs appliquent ensuite leur marge, et non le contraire comme c'est le cas aujourd'hui.
Pour peser face Ă l'aval de la filiĂšre, les agriculteurs vont Ă©galement ĂȘtre invitĂ©s Ă crĂ©er des organisations de producteurs de taille significative.
Mais pour cela, l'Etat devra clarifier le droit Ă la concurrence, les agriculteurs Ă©tant tĂ©tanisĂ©s par le risque d'ĂȘtre accusĂ©s d'entente commerciale comme c'est arrivĂ© par exemple pour "le cartel des endives". M. Macron devrait Ă©galement demander plus de transparence aux coopĂ©ratives dans la rĂ©partition de la valeur, alors que ces acteurs du monde agricole ont Ă©tĂ© accusĂ©s d'opacitĂ© par leurs adhĂ©rents.
- Donner un cap -
Le président va intervenir, selon l'Elysée, pour "donner un cap et sa vision pour l'alimentation en France" à un moment charniÚre. S'ouvre en effet le deuxiÚme chantier des Etats généraux pour "une alimentation saine, sûre durable et accessible à tous", et vont débuter les négociations annuelles entre les distributeurs et leurs fournisseurs, habituellement trÚs tendues et qui influencent fortement les prix payés aux agriculteurs.
Si de nombreux participants aux Etats généraux ont demandé des changements de la loi de modernisation de l'économie (LME) qui régit les relations commerciales, ciblant notamment le seuil de revente à perte et les promotions, M. Macron devrait attendre la fin des Etats généraux en décembre pour intervenir sur cette loi, en adoptant des textes législatifs, ou en ayant recours à des ordonnances, selon l'Elysée.
Le président souhaite en effet que ces mesures soient retravaillées et conditionnées à des engagements des filiÚres à assurer la pérennité des exploitations, tout en montant en gamme, pour que le consommateur s'y retrouve.
"Nous ne voulons pas que le consommateur soit la variable d'ajustement", a expliqué l'Elysée. Les mesures qui auront un impact inflationniste seront donc analysées de prÚs.
Ces derniÚres semaines, le distributeur Michel-Edouard Leclerc a en effet créé la polémique en accusant les Etats généraux de préparer une hausse "de 5% à 15%" des prix à la consommation.
Accusation relayée par les inquiétudes de l'association de consommateurs UFC-Que Choisir qui a estimé qu'un "relÚvement de 15% du seuil de revente à perte, comme évoqué, se traduirait dÚs 2018 par une hausse des prix (au total) de 1,4 milliard d'euros".
Les syndicats agricoles FNSEA et Confédération paysanne vont porter mercredi leurs revendications dans les rues de Paris, Place de la République pour le premier syndicat français, et à 18H30, prÚs de l'Assemblée pour la Confédération paysanne.
AFP

à voir les mines réjouies des autres représentants je doute fort que les agriculteurs sortent gagnants de cette comédie post-électorale '