Le président français Emmanuel Macron a estimé jeudi à Grenade que le temps n'était pas aux sanctions contre l'Azerbaïdjan et qu'il fallait continuer de discuter avec ce pays pour protéger l'Arménie.
"Je pense que le temps nâest pas aux sanctions parce quâelles seraient contreproductives et ne permettraient pas de protĂ©ger au mieux le territoire armĂ©nien et ses populations", a-t-il dĂ©clarĂ© lors d'une confĂ©rence de presse Ă l'issue d'un sommet de la CommunautĂ© politique europĂ©enne (CPE).
"Le temps est Ă lâexigence, Ă la clartĂ©, Ă l'engagement, y compris au soutien, Ă l'effort militaire que la France a choisi et assumĂ© (envers l'ArmĂ©nie) mais pas aux sanctions parce quâil nous faut continuer de discuter avec lâAzerbaĂŻdjan", a-t-il martelĂ©, ajoutant qu'il allait lui-mĂȘme continuer Ă appeler le prĂ©sident azerbaĂŻdjanais, Ilham Aliev, "parce quâil faut maintenir cette pression".
"Il faut continuer le soutien aux dirigeants arméniens pour éviter toute déstabilisation, en particulier de la Russie", a-t-il encore relevé.
Le président du Conseil européen Charles Michel a invité jeudi le président azerbaïdjanais et le Premier ministre arménien Nikol Pachinian à Bruxelles d'ici fin octobre pour tenter de réduire les tensions entre les deux pays.
Ilham Aliev a en revanche refusé de participer jeudi à Grenade à une rencontre avec Nikol Pachinian, Emmanuel Macron, le chancelier allemand Olaf Scholz et Charles Michel en arguant du soutien trop marqué des Européens, notamment de la France, à l'Arménie.
- Pas de veto Ă Erdogan -
S'il a "regrettĂ© profondĂ©ment" l'absence de ses homologues azerbaĂŻdjanais et turc Recep Tayyip Erdogan Ă Grenade, Emmanuel Macron a aussi soulignĂ© que câĂ©tait leur "choix".
"Nous avons, les Allemands, les Européens les Français, tous plaidé pour que l'Azerbaïdjan soit présent", a-t-il souligné, démentant aussi avoir mis un "quelconque veto" à la présence du président Erdogan.
"On nâest peut ĂȘtre pas vus comme des partenaires conciliants mais je crois qu'on est juste", et "nous continuerons Ă ĂȘtre mĂ©diateurs Ă chaque fois quâon le pourra", a insistĂ© Emmanuel Macron.
Le président français est également soumis à une forte pression dans son pays qui abrite une importante communauté arménienne, bénéficiant d'un fort soutien de la classe politique de tous bords.
Les responsables politiques français dénoncent en choeur comme un "nettoyage ethnique" l'exode forcé des Arméniens du Haut-Karabakh aprÚs la victoire éclair de l'Azerbaïdjan, alors que le gouvernement continue de parler de "drame" et d"exode massif organisé".
Certains, dont la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, issue du parti présidentiel, réclament aussi des sanctions contre l'Azerbaïdjan.
La France s'est pour sa part engagée à livrer des armes à l'Arménie, provoquant l'ire de Bakou.
"Ce n'est pas la France qui a un problĂšme avec lâAzerbaĂŻdjan. Câest lâAzerbaĂŻdjan qui a un problĂšme avec les engagements qu'elle prend, le respect de sa propre parole et le respect du droit international", a rĂ©pliquĂ© Emmanuel Macron en rĂ©fĂ©rence Ă son offensive pour reprendre le contrĂŽle de l'enclave du Haut-Karabakh, peuplĂ©e d'ArmĂ©niens.
Plus de 100.000 personnes, sur les 120.000 officiellement recensées par Erevan, ont fui cette enclave aprÚs l'offensive-éclair de Bakou fin septembre.
AFP
