A entendre la clameur, les chants, les applaudissements, on pourrait imaginer la fin, au petit matin, d'une nuit de fĂŞte.
Mais ce sont des centaines de milliers de fidèles catholiques qui ont envahi dimanche le centre de Madrid, pour assister à la messe célébrée par le pape Léon XIV.A des kilomètres de l'emblématique place de Cibeles, habituellement point de rencontre des fans du Real Madrid pour fêter les victoires du club, où sera célébré l'office, la foule est déjà là , avançant lentement vers son objectif.
Des familles, des groupes portant des sacs à dos avec leurs tapis de camping roulés, des amis, tous convergent vers l'ultra-centre de Madrid avec une fébrilité palpable.
"On voulait participer à la messe familiale": venue de Pozoblanco, près de Cordoue (sud) avec quelque 27 autres de sa congrégation, Laura Peralta, conseillère scolaire de 46 ans, n'aurait raté pour rien au monde l'occasion.
C'est le quatrième pape que la quadragénaire va voir après Jean-Paul II, Benoît XVI et François.
"Très émue", elle attend de l'évènement de "la joie, de la foi et de l'amour", et adhère quoi qu'il advienne au message du souverain pontife, qui a appelé samedi à abandonner "les discours qui divisent", et a placé la question migratoire au coeur de son voyage de sept jours en Espagne: "Ce sont de bonnes enseignements, qu'on croit en lui ou non. Ce sont des enseignements humanitaires".
- "Une fĂŞte pour les familles" -
Il n'est pas 08H00 mais les tambours et les guitares des congrégations venues de partout dans le pays animent déjà la ville.
"C'est une fête pour les familles. Et c'est la première fois que le pape Léon vient en Espagne, c'est une source de joie, d'espoir. Il fallait y prendre part et surtout accueillir", explique Teresa Valdecantos, qui travaille dans les ressources humaines.
Elle a trouvé Léon XIV "extraordinaire", "avec les jeunes lors de la veillée" organisée samedi soir au pied du stade Santiago Benabeu, et son message lui a paru "très positif".
La quinquagénaire valencienne (est), appuyée sur ses deux béquilles, dit ne plus sentir la douleur. Elle a prévu "une bonne chaise" pour ses jambes, mais parviendra-t-elle seulement à la déplier?
A l'approche du périmètre placé sous haute sécurité, les choses se compliquent.
Les autorités ont mis en place un vaste dispositif logistique pour la messe, après laquelle Léon XIV conduira la procession du Corpus Christi sur quelques centaines de mètres.
Madrid a vu les choses en grand et plus de 30.000 œillets, majoritairement jaunes et blancs, aux couleurs du drapeau du Vatican, orneront le parcours.
- "On veut voir le pape" -
"On veut voir le pape, on veut voir le pape!", scande le public serré dans les petites ruelles adjacentes à Cibeles, brandissant portables et feuilles avec les QR code d'accès à la zone. Las, la foule de fidèles reste désespérément bloquée par les barrages de police.
Au mégaphone, un prêtre réclame des informations aux forces de l'ordre et derrière lui, les catholiques crient: "Ouvrez, le public va partir".
"Je suis venue rencontrer Jésus-Christ à travers la parole du pape", déclare les yeux brillants de ferveur Marta Pérez, une policière de 30 ans. "Il vient faire le bien, avec tout son amour", répond-elle quand on l'interroge sur les prises de position du pape en faveur des migrants et de la paix.
"Ton gouvernail doit ĂŞtre de traiter les gens avec amour", surenchĂ©rit Ă ses cĂ´tĂ©s, MarĂa Ferez, 33 ans. Devant une telle affluence, elle se rĂ©jouit de voir que "l'Eglise est vivante".
Plus d'un million de personnes sont attendues pour cette messe Ă laquelle assisteront aussi le roi Felipe VI et la reine Letizia.
Soudain, une clameur aiguë explose: la papamobile vient de passer et les bâtiments délimitant la rue vibrent des cris de joie et des applaudissements des fidèles.
Le pape doit participer à d'autres grands rassemblements au cours de sa visite de sept jours en Espagne, bastion historique du catholicisme en Europe où la pratique religieuse est en perte de vitesse ces dernières décennies.
Par Anuj SRIVAS - © 2026 AFP
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