Venezuela

Maduro dit accepter l'aide du FBI pour enquĂȘter sur "l'attentat"

  • PubliĂ© le 12 aoĂ»t 2018 Ă  09:31
  • ActualisĂ© le 12 aoĂ»t 2018 Ă  10:52
Des opposants manifestent le 11 aoĂ»t 2018 Ă  Caracas, au Venezuela, pour rĂ©clamer la libĂ©ration du dĂ©putĂ© d'opposition Juan Requesens, arrĂȘtĂ© sous l'accusation d'avoir soutenu "l'attentat" contre le prĂ©sident Maduro

Le prĂ©sident vĂ©nĂ©zuĂ©lien, Nicolas Maduro, a tendu une perche aux États-Unis en leur suggĂ©rant de coopĂ©rer Ă  l'enquĂȘte sur ce qu'il a qualifiĂ© d'attentat contre sa personne et dont il a imputĂ© la responsabilitĂ© Ă  l'opposition, qui proteste contre l'arrestation d'un de ses dirigeants accusĂ© de complicitĂ©.

"Si le gouvernement des États-Unis ratifie son offre de coopĂ©ration du FBI pour l'enquĂȘte sur les liens en Floride avec le plan d'assassinat (...), je serais d'accord pour que vienne le FBI" au Venezuela, a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident socialiste lors d'une cĂ©rĂ©monie devant le haut commandement de l'armĂ©e. Selon lui, la Floride abrite des "cellules terroristes" coordonnĂ©es par Osman Delgado Tabosky, qui ont activĂ© la dĂ©tonation des deux drones chargĂ©s d'explosif lors de son discours devant une parade militaire le 4 aoĂ»t.

"C'est depuis la Floride qu'a été activée l'explosion du drone devant" l'estrade présidentielle, a-t-il dénoncé sur une chaßne de radio-télévision. Son ministre des Affaires étrangÚres, Jorge Arreaza, a rencontré mercredi dernier le chargé d'Affaires américain à Caracas, James Story qui, selon le ministÚre vénézuélien, "a exprimé son inquiétude pour les faits (l'attentat présumé, ndlr) et la volonté de son gouvernement de coopérer".

Nicolas Maduro, qui accuse réguliÚrement Washington de conspirer le renverser, a demandé à Donald Trump s'il protÚgera les "groupes terroristes" ou s'il fera justice.
Le prĂ©sident socialiste, qui a Ă©galement accusĂ© l'ex-prĂ©sident colombien Juan Manuel Santos d'ĂȘtre derriĂšre l'attentat prĂ©sumĂ©, a encore indiquĂ© que Caracas avait entamĂ© des "actions diplomatiques" pour que les Etats-Unis et la Colombie remettent au Venezuela "les auteurs matĂ©riels et intellectuels" des faits incriminĂ©s. Il a Ă©galement affirmĂ© que plusieurs des assaillants prĂ©sumĂ©s ont fui au PĂ©rou. "Je lance un appel au gouvernement du PĂ©rou pour qu'il capture ces terroristes et les remette (...) Ă  la justice vĂ©nĂ©zuĂ©lienne".

- "Disparu" -

Pour leur part, quelque 300 opposants ont manifestĂ© samedi sur une place de Caracas pour rĂ©clamer la libĂ©ration du dĂ©putĂ© d'opposition Juan Requesens, arrĂȘtĂ© mardi sous l'accusation d'avoir soutenu "l'attentat" dont Nicolas Maduro se dit avoir Ă©tĂ© victime. Aux cris de "Juan, ton combat est notre combat", les manifestants avaient rĂ©pondu Ă  l'appel de la Table pour l'unitĂ© dĂ©mocratique (MUD). Les proches du dĂ©putĂ© arrĂȘtĂ© ont dĂ©noncĂ© le fait que ni eux, ni ses avocats n'ont pu le rencontrer. "Mon fils a disparu", a dĂ©noncĂ© son pĂšre, Gregorio Requesens.

Vendredi, le dĂ©putĂ© a Ă©tĂ© amenĂ© devant un tribunal, mais l'audience a Ă©tĂ© reportĂ©e Ă  lundi. ÂgĂ© de 29 ans, Juan Requesens a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© par la police secrĂšte du rĂ©gime, le service de renseignement (Sebin), avant de se voir privĂ© de son immunitĂ© parlementaire par l'AssemblĂ©e constituante --entiĂšrement aux mains des partisans de Nicolas Maduro-- qui en a fait de mĂȘme pour l'ex-chef du Parlement et leader de l'opposition, Julio Borges, rĂ©fugiĂ© en Colombie, contre lequel Caracas a Ă©mis un mandat d'arrĂȘt international.

Le président Maduro a divulgué samedi une seconde vidéo dans laquelle Juan Requesens affirme depuis sa prison avoir été en contact avec Rayder Alexander Russo, qui aurait dirigé l'entraßnement pour "l'attentat". Il précise toutefois qu'il ne le connaissait pas personnellement.

Dans une vidéo tournée par les autorités qui l'ont rendue publique vendredi, Juan Requesens a admis sa participation à l'"attentat" à l'aide de drones chargés d'explosifs dont le chef de l'Etat socialiste dit avoir été victime. L'opposition estime que Juan Requesens a été menacé et drogué avant de témoigner. "Il ne fait aucun doute que Requesens a été torturé (...) la torture molle existe et signifie menacer, effrayer et y compris, qui sait, droguer une personne pour obtenir d'elle ce qu'on veut", a déclaré lors de la manifestation le député Juan Andrés Mejia.

Une autre vidĂ©o a circulĂ© sur les rĂ©seaux sociaux vendredi, montrant Requenses vĂȘtu d'un seul caleçon sale, recevant des ordres d'un homme qui lui demande de se retourner. Selon le prĂ©sident Maduro, la vidĂ©o a Ă©tĂ© tournĂ©e durant un examen mĂ©dical et il a ordonnĂ© une enquĂȘte pour identifier qui l'a diffusĂ©e.
Plusieurs manifestants se sont dĂ©vĂȘtus pour protester contre "l'humiliation" dont a Ă©tĂ© victime le jeune dĂ©putĂ© emprisonnĂ©.

AFP

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