L'aéroport fermé

Mali : attaque contre un camp militaire, tirs et explosions Ă  Bamako

  • PubliĂ© le 17 septembre 2024 Ă  12:30
  • ActualisĂ© le 17 septembre 2024 Ă  12:42
Une colonne de fumĂ©e s'Ă©lĂšve dans le ciel de Bamako oĂč retentissent coups de feu et explosions, le 17 septembre 2024

Des hommes armĂ©s ont attaquĂ© mardi matin un camp militaire de la capitale malienne Bamako, oĂč rĂ©sonnent des tirs et des dĂ©tonations et oĂč l'aĂ©roport a Ă©tĂ© fermĂ©, ont rapportĂ© des responsables, l'AFP et des tĂ©moins.

"Des hommes armés non encore formellement identifiés ont attaqué ce matin au moins un camp de gendarmerie de Bamako", a dit un responsable de gendarmerie sous le couvert de l'anonymat.

"L'aéroport de Bamako est momentanément fermé face aux évÚnements", a dit un responsable aéroportuaire, sans se prononcer sur la durée de cette mesure.

Les coups de feu d'intensitĂ© variable, entrecoupĂ©s d'explosions, ont commencĂ© vers 05H00 du matin (locale et GMT), a rapportĂ© l'AFP. Une fumĂ©e noire s'Ă©levait au lever du jour d'une zone proche de l'aĂ©roport. Un tĂ©moin a indiquĂ© ĂȘtre restĂ© bloquĂ© avec d'autres fidĂšles dans une mosquĂ©e proche de la zone des tirs Ă  l'heure de la premiĂšre priĂšre matinale.

Le lycée Liberté a diffusé un message annonçant qu'il resterait fermé "en raison d'évÚnements extérieurs". Des employés de l'ONU ont également reçu un message leur intimant de "limiter (les) déplacements jusqu'à nouvel ordre".

Le Mali, pays pauvre et enclavé confronté à la propagation jihadiste et à une profonde crise multidimensionnelle depuis 2012, a été le théùtre de deux putschs, en août 2020 et mai 2021. Il est depuis gouverné par une junte dirigée par le colonel Assimi Goïta. A sa suite, ses voisins, le Burkina Faso et le Niger, ont également vu des militaires s'emparer du pouvoir par la force.

Le Mali reste la proie d'attaques dont la capitale a cependant été préservée jusqu'à présent.

Depuis 2022, les militaires au pouvoir ont rompu l'alliance ancienne avec la France et ses partenaires européens pour se tourner militairement et politiquement vers la Russie.

Ils ont multipliĂ© les actes de rupture, poussant vers la sortie la mission de l'ONU Minusma et dĂ©nonçant l'accord signĂ© en 2015 avec les groupes indĂ©pendantistes du nord, considĂ©rĂ© comme essentiel pour stabiliser le pays. Ils ont fondĂ© avec les rĂ©gimes militaires burkinabĂš et nigĂ©rien une Alliance des Etats du Sahel il y a tout juste un an, et ont annoncĂ© avec eux quitter la CommunautĂ© Ă©conomique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), accusĂ©e d'ĂȘtre infĂ©odĂ©e Ă  l'ancienne puissance coloniale française.

Les autorités maliennes restent confrontées à de lourds défis, non seulement sécuritaires, mais aussi économiques, sociaux et structurels.

AFP

guest
0 Commentaires