Manifestations en Iran : un membre des forces de l'ordre tuĂ©

  • PubliĂ© le 1 janvier 2026 Ă  15:02
  • ActualisĂ© le 1 janvier 2026 Ă  15:29
Des commerçants manifestent contre la vie chÚre et l'hyperinflation galopante à Téhéran, le 29 décembre 2025

Un membre des forces de l'ordre a été tué dans l'ouest de l'Iran tÎt jeudi, premier mort officiellement recensé au cinquiÚme jour de rassemblements sporadiques contre la vie chÚre dans plusieurs villes du pays.

"Un membre du Bassidj de la ville de Kouhdasht, ùgé de 21 ans, a été tué cette nuit par des émeutiers alors qu'il défendait l'ordre public", a annoncé la télévision d'Etat, citant le vice-gouverneur de la province du Lorestan (ouest), Saïd Pourali.

Il s'agit du premier mort officiellement recensé depuis le début dimanche de ces rassemblements à Téhéran, qui se sont depuis étendus à d'autres villes et aux universités.

Les médias d'Etat avaient lors de précédents mouvements qualifié d'émeutiers des manifestants.

Les forces du Bassidj sont des milices de volontaires islamistes, affiliées aux Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique.

"Lors des manifestations à Kouhdasht, 13 policiers et membres du Bassidj ont été blessés par des jets de pierres", a ajouté M. Pourali.

Cette ville de prĂšs de 90.000 habitants est situĂ©e Ă  550 kilomĂštres de la capitale TĂ©hĂ©ran, oĂč un mouvement initiĂ© par des commerçants contre la vie chĂšre et le marasme Ă©conomique a dĂ©butĂ© dimanche.

Le président Massoud Pezeshkian a sonné jeudi la mobilisation de son gouvernement: "d'un point de vue islamique (...), si nous ne résolvons pas le problÚme des moyens de subsistance des gens, nous finirons en enfer", a-t-il déclaré dans un discours retransmis à la télévision, en précisant que ce terme renvoyait à un chùtiment religieux.

- Week-end prolongé -

La grogne s'est Ă©tendue mardi Ă  au moins dix universitĂ©s du pays et Ă  d'autres villes, oĂč des incidents ont Ă©tĂ© rapportĂ©s par les autoritĂ©s.

Mercredi, un bùtiment gouvernemental a été attaqué dans le sud de l'Iran à Fassa, alors que la quasi-totalité du pays avait été mis en congé, sur décision des autorités, qui ont invoqué le froid et des économies d'énergie.

Elles n'ont fait officiellement aucun lien avec les manifestations. L'Iran est au début d'un week-end prolongé qui s'achÚvera dimanche.

Le procureur général de la République islamique, Mohammad Movahedi-Azad, a dit comprendre mercredi la tenue de "manifestations pacifiques" de personnes dénonçant le coût de la vie.

Mais "toute tentative" visant à les transformer "en un outil d'insécurité, de destruction des biens publics ou de mise en oeuvre de scénarios conçus à l'étranger sera inévitablement suivie d'une réponse (...) ferme", a mis en garde ce responsable, cité par la télévision d'Etat.

Mercredi soir, l'agence de presse Tasnim a fait état de l'arrestation de sept personnes décrites comme affiliées aux "groupes hostiles à la République islamique basés aux Etats-Unis et l'Europe".

Tasnim a accusĂ© ces personnes d'avoir pour "mission de transformer en violence les manifestations" dans le pays. L'agence n'a pas prĂ©cisĂ© quand ni oĂč ces arrestations se sont produites.

La monnaie nationale, le rial, a perdu depuis un an plus d'un tiers de sa valeur face au dollar, tandis qu'une hyperinflation à deux chiffres fragilise déjà depuis des années le pouvoir d'achat des Iraniens.

Le taux d'inflation était en décembre de 52% sur un an, selon le Centre de statistiques d'Iran, un organisme officiel.

Le mouvement de grogne contre la vie chÚre est à ce stade sans commune mesure avec le mouvement qui avait secoué l'Iran fin 2022, aprÚs la mort de Mahsa Amini, une jeune Iranienne.

AFP

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Tout sauf les Vira
Tout sauf les Vira
9 mois

Prudence