Une marche de l'opposition nicaraguayenne doit se dĂ©rouler samedi Ă Managua au moment oĂč le dialogue avec le pouvoir est quasi rompu aprĂšs les propos du prĂ©sident Daniel Ortega accusant l'Eglise et l'opposition de fomenter un "coup d'Etat".
La marche prévue à Managua a été appelée par l'opposition en solidarité avec la ville de Masaya, bastion de l'opposition violemment repris mercredi par les forces fidÚles au président nicaraguayen.
Lundi, une autre manifestation est prévue afin de réclamer la libération des manifestants actuellement détenus, et justice pour les personnes tuées depuis le début de la crise, il y a trois mois. "La lutte du peuple nicaraguayen se poursuivra par une insurrection de la société contre la dictature d'Ortega", a averti Azahålea Solis, de l'Alliance Civique pour la Justice et la Démocratie.
Jeudi, lors de la commĂ©moration du 39e anniversaire de la rĂ©volution de 1979, M. Ortega a accusĂ© les Ă©vĂȘques de ne pas ĂȘtre des mĂ©diateurs mais d'"ĂȘtre engagĂ©s aux cĂŽtĂ©s des putschistes" ayant pour objectif de le destituer. "Nous allons mĂ©diter les paroles du prĂ©sident et prendre ensuite une dĂ©cision", a dĂ©clarĂ© vendredi en rĂ©ponse le cardinal Leopoldo Brenes, prĂ©sident de la ConfĂ©rence Ă©piscopale du Nicaragua (CEN).
L'opposition a apportĂ© vendredi son soutien aux Ă©vĂȘques, affirmant qu'elle ne permettra pas que leur action de mĂ©diateurs soit "criminalisĂ©e".
L'Alliance citoyenne pour la démocratie, qui groupe des étudiants, des chefs d'entreprise et des représentants de la société civile, a exigé comme préalable au dialogue "la fin de la répression" et la remise en liberté de deux de ses membres.
Depuis mi-mai, un dialogue tendu s'est engagĂ© entre le prĂ©sident et l'opposition sous l'Ă©gide de l'Eglise catholique pour parvenir Ă une rĂ©conciliation nationale. La derniĂšre session plĂ©niĂšre des pourparlers remonte au 15 juin. "Ce qu'il (Ortega) fait, c'est disqualifier la mĂ©diation des Ă©vĂȘques parce qu'il ne veut plus nĂ©gocier" car il doit "aborder la question de la dĂ©mocratisation", a dĂ©clarĂ© Ă l'AFP le politologue JosĂ©
Antonio Peraza, directeur exĂ©cutif du Mouvement pour le Nicaragua. "Ortega a disqualifiĂ© les Ă©vĂȘques pour avoir son propre dialogue, un dialogue qu'il peut contrĂŽler", a dĂ©clarĂ© Ă l'AFP AzahĂĄlea SolĂs, l'un des dĂ©lĂ©guĂ©s de l'opposition qui participe aux nĂ©gociations avec le gouvernement.
Les Ă©vĂȘques "sont la conscience morale du pays et nous devons serrer les rangs avec eux", a dĂ©clarĂ© sur Twitter l'ancien vice-prĂ©sident et Ă©crivain Sergio Ramirez.
L'ambassadeur des Ătats-Unis auprĂšs de l'Organisation des Etats amĂ©ricains (OEA), Carlos Trujillo a de son cĂŽtĂ© assurĂ© vendredi que "les Ătats-Unis vont faire tout ce qui est en leur pouvoir pour ramener le Nicaragua Ă la dĂ©mocratie".
De son cĂŽtĂ©, l'Ă©glise catholique du Venezuela a adressĂ© une lettre aux Ă©vĂȘques et au peuple du Nicaragua, dans laquelle elle exprime sa solidaritĂ© et condamne la "mort d'innocents".
Depuis le 18 avril, plus de 280 personnes ont perdu la vie dans une vague de manifestations pour réclamer la destitution de Daniel Ortega.
Il est accusé d'avoir durement réprimé les manifestations et mis en place avec son épouse une "dictature" marquée par la corruption et le népotisme.
AFP


